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Yann Moix
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Il a gagné ? Faut voir !

Et Yann Moix triompha de Renaud Camus : pourtant entre "antisémites" ils auraient peut-être pu s'entendre…

La guerre fait rage entre l'auteur de Podium et celui du Gand Remplacement. Et c'est Moix qui a remporté la dernière bataille.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il y a de cela quelques années quand Moix officiait encore chez Ruquier il déclara que Camus était "un peu antisémite". L'accusation était lourde. Et l'accusé s'estimant diffamé demanda réparation à la justice.

En première instance, il fut débouté et Moix lavé de tout soupçon. Ne s'avouant pas vaincu, Camus fit appel. Et il eut gain de cause. C'était mal connaître Moix qui, d'un tempérament querelleur, s'employa à faire casser le jugement. La Cour de cassation vient de lui donner raison considérant que ses propos ("un peu antisémite") étaient simplement une "opinion".

Moix n'eut pas le triomphe modeste : "C'est une journée magnifique. On sera enfin libre de dire toute la vérité sur cet écrivain médiocre" ! Si le vainqueur de ce sanglant duel savait ce que décence veut dire il aurait fermé sa gueule.

Car dans le domaine, délicat et sensible, de l'antisémitisme Moix a un sérieux passif. Quand il était plus jeune, il exprimait – odieuses caricatures à l'appui – sa haine, toute brûlante des Juifs. Il allait boire des bières avec Alain Soral. Et posait avec Dieudonné : tous les deux se fendaient la pêche avec des blagues douteuses sur Bernard Henri-Lévy, pourtant protecteur bienveillant de Moix.

A côté, le "passif" de Renaud Camus paraît bien léger. En 2000, interviewé sur France 2, il critiqua France Culture. Selon lui, cette radio faisait la part trop belle à la culture juive et israélienne. Et il ajouta que la plupart des intervenants et des producteurs de ces émissions "étaient juifs"*. Le lynchage fut radical et immédiat. Mais des intellectuels comme Alain Finkielkraut et Elisabeth Lévy protestèrent en soutenant que Camus n'était en rien antisémite.

Mais – va donc savoir ? – peut être qu'Alain Finkielkraut et Elisabeth Lévy sont "un peu antisémites" ? Le fait est que ces accusations entrainèrent la mort littéraire de Renaud Camus qui avec son Grand Remplacement planta un clou supplémentaire dans son cercueil. Qui aujourd'hui donne encore la parole à Camus ? Qui l'édite ? Pour Yann Moix tout va bien. Il a ses entrées rue des Saints-Pères chez Grasset. Car il bénéficie toujours de la puissante protection de Bernard Henri-Lévy. On sait que chaque antisémite a son bon Juif. On découvre maintenant que certains Juifs ont leur bon antisémite...

* Depuis France Culture a corrigé ce détestable travers et s'emploie à promouvoir la culture arabo-musulmane. 

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