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"Dans quelle France on vit" : une immersion dans la France réelle... utile entre les deux tours
©operadeparis.fr

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"Dans quelle France on vit" : une immersion dans la France réelle... utile entre les deux tours

Catherine Stucki pour Culture-Tops

Catherine Stucki pour Culture-Tops

Catherine Stucki est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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LIVRE
DANS QUELLE FRANCE ON VIT
d'Anne Nivat
Ed. Fayard
22€
 
RECOMMANDATION : BON
 
THEME
« Dans quelle France on vit », c’est l’immersion d’une reporter de guerre dans six petites villes de France. Six villes, six chapitres. Elle explique dans son introduction qu’elle a choisi ce qu’on appelle dans le jargon « un angle »:  La France, la connaît-t-on, comment la raconter ?
 
 
POINTS FORTS
Anne Nivat, dresse un portrait réaliste de notre pays: Ies 480 pages de ce récit, c’est une plongée dans le pays réel, épuisé par cinq ans de psychodrame politique, aggravé par le lourd climat post attentats.
 
Loin du discours des candidats dans des salles surchauffées par les militants, la reporter de guerre s'est donc installée pendant plusieurs mois dans six villes moyennes (Evreux, Laon, Laval, Lons-le-Saunier, Montluçon et Ajaccio) pour écouter les Français. 
 
Le résultat est captivant : une série de tranches de vie - un imam à Evreux, un facteur à Laon, une prof retraitée à Château-Thierry, un chef d'entreprise à Laval... Défile cette France des oubliés, des déclassés, des Français normaux déboussolés par une classe politique pas connectée sur cette parole différente.
 
Dans cette immersion, à l’heure où les journalistes sont parfois taxés d’arrogance, la reporter de terrain se place à hauteur de ces femmes et de ces hommes côtoyés durant des semaines, chez qui elle a vécu.
Tous lui ont confié leurs préoccupations, leurs projets, lui ont donné à voir leur vie. Qui sont ces Français « oubliés » que l’on accuse parfois de « mal voter » et qu’on ne va jamais rencontrer ? Ils ont évoqué ensemble le sentiment de déclassement et celui d’insécurité, le poids du chômage, le malaise des jeunes, le questionnement sur l’identité. Reconversions réussies, humour et espoir jalonnent aussi cette enquête.
À mille lieues des discours stéréotypés charriés par la campagne électorale de cette année 2017, ce récit, dénué de préjugés, sonne « vrai » parce qu’il a été recueilli sans hâte et sans tabou, avec honnêteté, respect et minutie.
 
POINTS FAIBLES
« En temps de guerre, l’espérance est la paix, écrit Anne Nivat dans son introduction. Mais quand la paix règne depuis longtemps, où trouver l’espérance ? »
Si l'on se situe à ce niveau élevé, on  reste, en grande partie, sur sa faim car Anne Nivat ne nous donne pas les réponses...
 
EN DEUX MOTS
Le déclassement à Laon, l'identité à Ajaccio, le malaise des 18-25 ans à Évreux, le sentiment d'insécurité à Lons-le-Saulnier, ce qui est dit l'emploi et le chômage à Montluçon et à Laval: on peut ne pas être d’accord  avec tout ce qui est dit mais  cette immersion permet de mieux comprendre certaines choses et d’ouvrir un peu plus les yeux...
 
UN EXTRAIT
 « J’ai voulu dans ce livre mettre en exergue une parole différente, dit Anne Nivat dans sa conclusion, m’intéresser à l’autre, tâcher de mieux le comprendre, dans un contexte où il me semblait que nous n’étions plus si nombreux, dans notre beau pays, à avoir envie de ce vivre ensemble ».
 
L’AUTEUR
Journaliste française, née en 1969. Fille de l’historien Georges Nivat, spécialiste de la Russie.
Anne Nivat s’est orientée vers le reportage international. Docteur en sciences politiques, elle est, depuis 1998, correspondante à Moscou des quotidiens et magazines Ouest-France, Le Soir, Le Point ainsi que pour RMC. 
La presse étrangère fait également appel à elle; elle collabore ainsi,  régulièrement, avec l’International Herald Tribune, le New York Times et le Washington Post. 
Grand reporter, elle est habituée à travailler dans des conditions de reportage extrêmes, voire dangereuses; elle a ainsi couvert la guerre de Tchétchénie pour le quotidien Libération, de 1999 à 2001. 
Anne Nivat a publié en 2000 un témoignage sur son expérience en Tchétchénie et les ravages de la guerre, ‘Chienne de guerre’, qui a obtenu le prix Albert-Londres. En 2001, elle a publié ‘Algérienne’, en collaboration avec Louisette Ighilahriz, qui parle des tortures perpétrées pendant la guerre d’Algérie. En 2004, elle a publié ‘Lendemains de guerre’, récit des mois qu’elle a passés, en tant que reporter, en Afghanistan et en Irak.

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