"D’un siècle l’autre" de Régis Debray : On a tellement apprécié la plupart de ses oeuvres que l’on peut être déçu par celle-ci… | Atlantico.fr
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"D’un siècle l’autre" de Régis Debray : On a tellement apprécié la plupart de ses oeuvres que l’on peut être déçu par celle-ci…
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"D’un siècle l’autre" de Régis Debray : On a tellement apprécié la plupart de ses oeuvres que l’on peut être déçu par celle-ci…

Yann Kerlau pour Culture-Tops

Yann Kerlau pour Culture-Tops

Yann Kerlau est chroniqueur pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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D'un siècle l'autre

De Régis Debray
Gallimard - 296 p. - 20 €

Recommandation

A la rigueurA la rigueur

Thème

Régis Debray passe en revue son passé : en entrée, Che Guevara, puis son propre parcours d’écrivain, ce qu’il nomme ses écarts de conduite, puis sa gloire, la politique, la religion, la philosophie, la mission de l’Etat, Charles de Gaulle. Plat principal : les joies de la retraite, le recul, la raison et la folie des hommes. En conclusion, les pages 295 et 296 citées plus bas.

Points forts

Régis Debray a ses lecteurs, son style : phrases courtes et conclusions cinglantes. On en retrouve le timbre dans chacune de ses œuvres et D’un siècle à l’autre aura pour certains le charme des retrouvailles. Un exemple ? Pouvoir se taire quand on n’a pas d’idée et s’avouer qu’on n’a pas d’opinions sur les trois quarts des affaires du moment, c’est une aubaine à savourer ou Qui embrasse trop étroitement son temps n’en sortira pas vivant. L’écrit de circonstance se destine soit au pilon soit aux Archives.

Points faibles

Hélas ! Les chapitres passent, les uns splendides (page 103 à 145), puis retombent. La lecture se fait pesante, nous voilà égarés dans un flou entre regrets et lassitude, guerres mondiales et Diderot que suivent comme ils le peuvent Valéry, Zeus et le Kosovo, madame Verdurin, Saint Simon et Lénine, Althusser et Marx : un magasin des accessoires dont on guette la sortie.

En deux mots ...

Le mieux étant l’ennemi du bien, voilà un livre qui n’est pas le meilleur d’un écrivain heureusement couronné par des œuvres antérieures inoubliables.

Un extrait

La philosophie …ne chante pas. Elle ne vibre pas. Elle ignore le frisson, le songe et le murmure. Les élucubrations des écrivains ne m’ont jamais remué comme le font les images et les gens d’images. La Crucifixion du Tintoret, l’inventeur du cinéma, le générique de Touch of Evil d’Orson Welles et la dernière séquence des Parapluies de Cherbourg. Impossible là-devant de ne pas avoir les larmes aux yeux….Vouloir agir sur les esprits n’est pas un projet sensé. Aucun discours ne tient devant une belle toile ou un grand film qui font plus et mieux qu’élucider : ils émeuvent. Ce sont eux qui passent intacts d’un siècle à l’autre, pour la simple raison qu’ils peuvent nous prendre à la gorge (page 295-296)

L'auteur

Une éblouissante carrière avec plus d’une centaine d’œuvres : essais, romans, journaux, mémoires et autobiographies, théâtre, cinéma, opéra.

Prix Femina pour La neige brûle (1977), Prix Novembre pour Loués soient nos seigneurs (1996), Docteur Honoris Causa de l’université Michel de Montaigne – Bordeaux III, élu membre de l’Académie Goncourt (2011), Grand Prix de littérature de l’Académie Française pour l’ensemble de son œuvre (2019).

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