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"Comment j'ai rencontré mon père" : foutraque, mais sympa
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"Comment j'ai rencontré mon père" : foutraque, mais sympa

En plus d’énormément d’amour, ce film en forme de boule de neige ne va cesser de charrier beaucoup de cocasserie, d’humour et de loufoquerie.

Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet pour Culture-Tops

Dominique Poncet est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).
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CINEMA
COMMENT J’AI RENCONTRÉ MON PÈRE
de MAXIME MOTTE
avec ISABELLE CARRÉ, FRANÇOIS-XAVIER DEMAISON, OWEN KANGA etc...

RECOMMANDATION
BON

THEME

Enfant adopté en Afrique, Enguerrand (Owen Kanga) vit dans une maison proche de Dunkerque avec ses parents , Ava, juge de son état ( Isabelle Carré), et Eliot, un libraire farfelu sans client ( François Xavier Demaison). Entre sa mère, aimante, mais très à cheval sur les principes, et son père, un anar du genre laxiste, la vie du petit garçon est assez chaotique.

Une nuit, sur la plage, Enguerrand voit débarquer Kwabéna, un migrant, noir comme lui, dont il va croire dur comme fer qu’il est son père biologique. Mais Kwabéna qui n’a qu’une idée en tête, rejoindre l’Angleterre où l’attendent son frère et un travail, va se ficher des élucubrations du petit garçon. Il acceptera pourtant son hospitalité. Ava et Eliot se verront dans l’obligation de s’en mêler…

De péripéties en rebondissements, avec entre autres, la mort d’un grand-père dont le cercueil va servir pour faire traverser la Manche à Kwabéna, on en passe, et des plus belles,… tout ce petit monde finira par arriver en Angleterre …

POINTS FORTS

- Premier bon point : la générosité du projet. Ce film est une jolie histoire gigogne. Des parents, qui adoptent un petit garçon, qui lui-même veut aider un migrant, qui à son tour va aider une personne âgée, qui …etc. 

En plus d’énormément d’amour, ce scénario en forme de boule de neige ne va cesser de charrier beaucoup de cocasserie, d’humour et de loufoquerie. On est dans une comédie à la fois légère et sociale. On est aussi comme dans un conte, puisque cette histoire n’a rien, mais rien, de réaliste.

- Deuxième bon point : l’interprétation. Dans son rôle de mère aimante et généreuse, mais ferme et responsable, Isabelle Carré est, comme toujours, parfaite d’humanité. Dans celui du père, dépassé et trop permissif, François Xavier Demaison est formidable de tendresse et de fragilité. Owen Kanga qui joue leur fils, possède à la fois la maturité, la fraicheur et l’obstination de son personnage d’enfant adopté. Quel plaisir aussi de retrouver ici Albert Delpy en grand-père roublard, malicieux et fantasque !

 - Troisième atout : les décors. La plage du Nord, celle de Bray-Dunes, où ont été tournées de nombreuses scènes, est particulièrement « photogénique ».

POINTS FAIBLES

- Le scénario, qui est bancal et maladroit; et donc, ne tient pas vraiment debout.

- Les dialogues, qui souffrent des mêmes maux.

On regrette d’autant plus ces faiblesses que le projet est, on l’a dit, sympathique et généreux.

EN DEUX MOTS

A une époque où le cynisme et /ou la violence et /ou la désespérance sont omniprésents sur les écrans, il est rafraîchissant de se trouver face à un film sous-tendu par la tendresse, la solidarité, l’ouverture à l’autre et la tolérance. Surtout quand ce film traite avec sincérité et humanité de thèmes difficiles, comme ceux de l’adoption, de la filiation et de l’immigration. Quel dommage donc que scénario et dialogues soient si mal ficelés !

On recommandera quand même ce Comment j’ai rencontré mon père, d’abord pour les raisons évoquées ci dessus et ensuite pour ses acteurs, dont on sent que pour des raisons de générosité, ils ont mis tout leur talent à essayer de rendre crédible cette histoire. Une dernière petite précision utile : ce film peut se voir en famille, toutes générations confondues.

UN EXTRAIT

« Mon ambition n’a jamais été de faire un film politique…mais de raconter une aventure humaine. D’oublier les cases « clandestins », « sans papiers » pour laisser place à une rencontre d’humain à humain. Tout le monde, à un moment, cherche une place dans la société ou sa famille…L’idée était de dire que si on trimballe tous des casseroles, autant nous réunir pour former un orchestre ». ( Maxime Motte).

LE RÉALISATEUR

Né le 15 mai 1973 à Neuilly-sur-Seine, Maxime Motte fait conjointement des études de cinéma (à l’ESRA) et de théâtre (à l’Atelier Blanche Salant).

Son premier rôle lui est offert en 1997 par Vincent Cassel dans Echantillon, un court métrage produit par l’ADAMI.

Sa carrière d’acteur débute, mais il suit parallèlement des cours de chant lyrique, ce qui va lui permettre de se produire aussi comme chanteur dans différents festivals.

Pendant plusieurs années, il alterne ciné, télé et théâtre, comme acteur, mais aussi comme dramaturge et metteur en scène. C’est ainsi qu’il écrit et réalise deux courts métrages Sans (complètement autoproduit) et Comment j’ai rencontré mon père, qui lui a inspiré ce premier long métrage éponyme.

 

 

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