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 Ce retard français en matière d'information sur les maladies mentales qui plombe ceux qui en souffrent comme ceux qui y sont confrontés
©Toby Melville / Reuters

Cri d'alarme

Ce retard français en matière d'information sur les maladies mentales qui plombe ceux qui en souffrent comme ceux qui y sont confrontés

Les Semaines d’Information sur la Santé Mentale se déroulent du 13 au 26 mars 2017 sur la santé mentale au travail. Alors que les entreprises sont de plus en plus interrogées par cette question : peut-on concilier un problème de santé mentale et travail. La Fondation FALRET initie dès mardi une campagne de sensibilisation à ce sujet.

Annick Hennion

Annick Hennion

Directrice de la Fondation FALRET et Directrice Générale de l’Œuvre FALRET. Après une carrière opérationnelle puis de cadre dans le secteur sanitaire, elle se lance dans l’action sociale, d’abord par la direction d’un établissement social puis la direction générale de l’Œuvre FALRET à Paris. Titulaire d’un diplôme de statistiques (CESAM), elle à notamment créée la 1ère unité d’informatique médicale de France à l’Hôpital de Roubaix, et a été un appui à la réalisation d’une trentaine de thèses de doctorat et de professorat en médecine.
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Le nombre de personnes en difficulté psychique est en augmentation. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, d’ici 2020, 1 français sur 4 sera concerné par un problème de santé mentale. Chacun, certes, ne sera pas touché par une maladie invalidante, mais il est urgent de mesurer l’importance de disposer d’une "bonne santé mentale" pour mieux gérer les différents aspects de sa vie sociale et professionnelle, et prendre les mesures qui s’imposent.

De récentes études montrent le flou qui demeure sur ce sujet. Elles soulignent l’insuffisance d’information et de sensibilisation des français, tant de la part des acteurs du champ de la santé que des médias ou qu’au sein des entreprises vis à vis des salariés.

En matière d’information en santé mentale, la France accuse un retard certain. La méconnaissance des troubles psychiques, et donc leur identification, retarde leur prise en charge et génère de la crainte et de fausses représentations. La non-prise en compte de ces situations de souffrance conduit les personnes à s’isoler et laisse les entreprises démunies lorsqu’un salarié manifeste sa fragilité psychique. Elle les conduit également à renoncer à l’emploi des personnes ayant développé une maladie mentale et pourtant rétablis.

Alors, comment accueillir un salarié en difficulté psychique ? Comment l’accompagner dans son parcours professionnel ? Comment faire en sorte qu’il soit intégré parmi les collaborateurs de l’entreprise ? Comment penser l’aménagement de son poste de travail en tenant compte de son état de santé ? Il est urgent de se pencher sur ces questions. Les entreprises ne sont évidemment pas des acteurs de santé, mais des espaces de vie où la santé, en particulier mentale, s’exprime. Il faut donc leur proposer les outils nécessaires au maintien et à l’inclusion dans l’emploi. Certains d’entre eux existent et sont utilisés dans le champ social et médicosocial spécialisé sur le handicap psychique. Il nous faut accompagner les entreprises pour qu’elles puissent offrir à chaque salarié en difficulté psychique les moyens de rendre compatible sa santé mentale et l’exercice de sa profession, aménagée si cela est nécessaire, comme on le pratique désormais pour les professionnels en difficulté physique.

Une majorité de français pensent qu’un problème de santé mentale reste compatible avec une activité professionnelle, bon nombre d’entre eux pensent en même temps que l’entreprise a du mal à tenir compte de ce type de difficultés de santé en entreprise, que, de ce fait, les personnes en difficulté psychique sont souvent incomprises et mises à l’écart par les collègues de travail, qu’il reste beaucoup à faire en matière d’aménagement du poste de travail et qu’elles courent davantage le risque de se faire licencier.

Il est temps que soient mises en œuvre des solutions adaptées au maintien et au retour en emploi de celles et ceux qui ont, du fait d’une maladie psychique, été mis à l’écart.

Car il est essentiel de permettre aux personnes touchées par un problème de santé mentale d’exercer une activité professionnelle. Cette activité a des effets bénéfiques sur la santé mentale, notamment grâce à l’inclusion sociale, le sentiment d’appartenance et d’utilité ou encore l’estime de soi, générés par son travail.

Si l’on sait que les contraintes économiques imposent la performance, les qualités humaines qui permettent de prendre soin des professionnels constituent le plus souvent la première richesse de l’entreprise. Elles doivent être mises en valeur. Ce sont souvent elles, au final, qui font la différence et permettent de se démarquer, tant au niveau du climat social que des résultats économiques.

 

 

 

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