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"Après la répétition" : le spectacle de l'intime: Bergman à nu, ou presque
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"Après la répétition" : le spectacle de l'intime: Bergman à nu, ou presque

Françoise Hamel pour Culture-tops

Françoise Hamel pour Culture-tops

Françoise Hamel est chroniqueuse pour Culture-Tops.

Culture-Tops est un site de chroniques couvrant l'ensemble de l'activité culturelle (théâtre, One Man Shows, opéras, ballets, spectacles divers, cinéma, expos, livres, etc.).

Voir la bio »
THEATRE
"Après la répétition" 
d' Ingmar Bergman.
Mise en scène: Nicolas Liautard.
INFORMATIONS
Théâtre de la Tempête, à la Cartoucherie. 
Route du Champ de Manoeuvre. 
75012 Paris.
Réservations: 01 43 28 36 36
Jusqu’au 28 mai. 
RECOMMANDATION
BON
THÈME 
Le théâtre. La vie. Les amours. La conscience de soi. La fiction et la réalité… Tous ces thèmes familiers de Bergman.
Après une répétition du "Songe " de Strinberg, la jeune comédienne , Anna, revient sur le plateau car elle aurait oublié son bracelet. Mais elle veut surtout interroger le metteur en scène sur son passé avec sa mère, une actrice passionnée et fragile dont tous furent amoureux. Cette mère dont la tragédie fut d’arrêter le théâtre pour se consacrer à un mariage … raté. 
Dans la seconde séquence de la pièce, flashback de réalité sur cette mère morte dépressive qui revient sur scène et cherche maladroitement à renouer une relation intime avec le metteur en scène. Malgré sa bienveillance et sa compassion, il se dérobe. Rien de mortifère en lui.
Mais la situation est plus complexe que prévu. De quel père Anna est-elle la fille?
Inconsciente ou à demi, Anna a des gestes pour  séduire ce père putatif. Troublé, il ne peut que garder sa distance.      
POINTS FORTS:
Trois comédiens vibrants et élégants.
Le spectacle commence très mezzo voce. Murmures, bribes de dialogues, paroles qui s’effacent…
Le metteur en scène et acteur ( Nicolas Liautard) de cette pièce à trois, a le tempo. Sa partition toute en délicatesse et modernité de ton nous séduit d’emblée.
Anna ( Carole Maurice), avec son grand T shirt marron et sa tête à la Jeanne au bûcher de Dreyer, a la sensibilité contemporaine,  maîtrisée et spontanée. Elle porte en elle les errances et les angoisses de sa mère mais l’on sent qu’elle ne lâchera pas le théâtre malgré certains choix douloureux et intimes. L’actrice fait vibrer cette peur de ne pas être à la hauteur, de décevoir.
Sa mère Rakel ( Sandy Boizard ) n’est pas moins touchante même si l’on comprend que sa fille dise : «  J’ai mis des années à la haïr et maintenant je me sens mieux « . Elle existe fort. On ne l’oublie pas.
POINTS FAIBLES 
Néant . Tout est cohérent.
EN DEUX MOTS
Derrière ce spectacle de l'intime, tout l’univers de Bergman avec ses  actrices inoubliables qui furent souvent des compagnes : Ingrid Thulin, Liv Ullmann, Bibi Anderson … 
UN EXTRAIT 
«  Tu es moins bonne actrice dans la vie que sur scène » .
L’AUTEUR 
Ingmar Bergman ( 1918-2007) dont l’enfance fut très rigoureuse,  dans un presbytère, a laissé une oeuvre capitale depuis des films austères  comme «  Le septième sceau » , à  « Persona", "Fanny et Alexandre"… De nombreuses pièces aussi comme cet "Après la répétition", créée pour la télévision en 1989. 
Pour son oeuvre, il reçut à Cannes la palme des palmes. Plus que de l’or!

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