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Plus que jamais, le "pognon de dingue" coule à flots mais les gens sont toujours aussi pauvres
©FRED TANNEAU / AFP

Rasage gratis et puits sans fond

Plus que jamais, le "pognon de dingue" coule à flots mais les gens sont toujours aussi pauvres

Les nouveaux milliards que nous n’avons pas pleuvent littéralement depuis des mois, s’ajoutant aux milliards anciens que nous n’avions déjà pas même s’il semble que ce ne soit jamais assez.

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Souvenez-vous, c’était en 2007, il y a une éternité : un François Fillon qui n’avait pas encore été rhabillé pour l’hiver par Le Canard avouait déjà, un pichet de Côtes-du-Rhône aidant dit-on, qu’il était le Premier ministre d’un « État en faillite » et que « ça ne pouvait plus durer »…

Une grosse décennie plus tard, on continue toutefois de jeter les milliards que nous n’avons pas par les fenêtres, lesquels viennent gentiment s’empiler sur les milliards que nous n’avions déjà pas non plus en ne satisfaisant personne de toute manière puisque ça gueule toujours autant.

17 milliards pour les gilets jaunes par-ci, 10 milliards pour l’hôpital par-là, ça finit tout de même par faire beaucoup de brouzoufs. Pour un gouvernement auquel on reproche régulièrement de verser dans l’austérité et la rigueur ordolibérale, ça sonne bien plus cigale que fourmi.

Mais qu’importe : le 5 décembre prochain, ils seront tous dans la rue —les cheminots, les profs, les infirmiers, les pompiers, etc.— à exiger instamment qu’on en rajoute encore une louche, l’idée étant que, comme dans les évangiles, il suffit de demander pour qu’il vous soit donné. Et, guess what, ils ont raison ! Il leur sera vraisemblablement donné juste parce qu'ils auront demandé.

La réforme des retraites sera sans doute remise aux calendes, charge aux générations futures de se débrouiller avec cette satanée pyramide des âges en plus d’une planète en ébullition, on annoncera probablement quelques recrutements et autres primes exceptionnelles ici et là et, si ça devait déborder façon black blocks malgré tout, il ne faudra pas compter sur les flics pour intervenir car ils seront eux aussi de la partie ce coup-ci.

D’un autre côté, ils n’ont pas complètement tort sur le fond, tous ces énervés. La France est le pays qui redistribue le plus de pognon de dingue au monde, mais tout le monde y est pauvre. Elle a l’un des PIB par habitant les plus élevés de l’OCDE, mais ses salaires y sont parmi les plus faibles. Elle emploie plus de fonctionnaires que la plupart de ses voisins, mais ils sont tous en sous-effectifs…

Il y a donc bien quelque chose qui ne tourne pas rond. Un truc qui aurait peut-être à voir avec une technostructure un peu trop gloutonne, une organisation un peu trop courtelinesque, ce genre de trucs, quoi… Mais bon, on continuera tout de même à faire comme d’hab par sens des traditions : les gens gueuleront parce qu’ils sont malheureux, le gouvernement lâchera du lest en empruntant, augmentera les impôts pour rembourser, ce qui rendra les gens encore plus malheureux et l’incitera à lâcher du lest et repartir pour un cycle. Jusqu’à ce que tout le monde se retrouve en slip, bien entendu, Fillon compris.

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