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La France a l'économie la plus médiocre de l'Europe.
La France a l'économie la plus médiocre de l'Europe.
©Reuters

Le Nettoyeur

Le Japon continue de sauver le monde, l'Europe commence à s'en rendre compte... et la France ?

Alors qu'elle aurait pu faire une relance ambitieuse, la France a l'économie la plus médiocre de l'Europe.

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry

Pascal-Emmanuel Gobry est journaliste pour Atlantico.

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"Il y a un pacte vingt fois séculaire entre la grandeur de la France et la liberté du monde”, a dit Charles de Gaulle à Londres, au moment où la France était au plus bas, où son étrange défaite avait donné l'Europe à l'ogre hitlérien. Aujourd'hui, l'enjeu de la crise économique mondiale est bien entendu beaucoup moins dramatique que la Seconde guerre mondiale, mais le silence français reste assourdissant.

Que peut-on faire ?

Trois événements cette semaine nous indiquent, de manière différente, le chemin à suivre.

Le premier est la sortie de nouveaux chiffres économiques du Japon. Comme je l'ai expliqué dans deux chroniques précédentes, le Japon est entrain de lancer une expérience économique à grande échelle qui peut offrir une porte de sortie à la crise.

Les premiers signes sont déjà encourageants et les derniers signes le sont encore plus. Les chiffres de production des services, sortis il y a deux jours, sont à leur niveau le plus élevé. Les chiffres de la vente au détail et de la production industrielle, sortis il y a six jours, sont également au vert. Bref, l'économie du Japon est dans une vraie relance. L'”Abenomics”, mélange de relance monétaire, fiscale et de réformes structurelles, s'affiche de plus en plus comme un succès, un succès qui peut être renouvelé aux Etats-Unis et en Europe.

Et certains en Europe s'en rendent compte. A la surprise des observateurs, cette semaine la Banque centrale européenne a baissé un de ses taux directeurs. C'est trop peu trop tard : la zone euro reste bloquée dans une spirale de déflation et de chômage de masse. Mais on imagine que les résultats de l'Abenomics ont influencé Mario Draghi dans sa décision.

Ce qui laisse le cas de la France. L'actu économique de la journée est la baisse de la “note” de la France par une agence de notation. C'est un non-événement : les notes des agences de notation n'ont absolument aucun intérêt ni aucune importance.

Mais cette actualité pose la question du leadership économique et politique de la France en Europe.La France a l'économie la plus médiocre de l'Europe, alors qu'elle aurait pu faire une relance ambitieuse. Mais surtout, la France ne met pas en place de vision économique pour l'Europe.

La seule voix qui offre une vision économique pour l'Europe est celle de l'Allemagne. Et la vision de l'Allemagne, c'est l'anti-Abenomics : l'austérité fiscale et monétaire comme sortie de la crise. Cette vision était peut être défendable il y a 3 ans, mais aujourd'hui les conséquences sont claires. La zone euro est la zone économique mondiale qui a eu la sortie de crise la plus médiocre ; au Japon, l'Abenomics marche.

Mais les évolutions politiques ne se font pas par magie. Qui d'autre que la France peut porter une vision de relance économique alternative à celle de l'Allemagne ? Qui d'autre a à la fois l'histoire, la légitimité et le poids au sein de la zone euro ?

Aujourd'hui, la France n'est pas grande. Et le monde entier en est plus pauvre.

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