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Les policiers lors du procès du "Gang des barbares".
Les policiers lors du procès du "Gang des barbares".
©Reuters

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Le fond de l’affaire Halimi

Le doc de l’avocat Gilles Antonowicz fait œuvre de salubrité publique. Une critique du journal "Service Littéraire".

"Le gang des barbares" : l’expression est désormais inscrite dans l’inconscient collectif pour désigner les auteurs d’un atroce fait divers, les tortures infligées à un jeune homme juif, Ilan Halimi, par une bande de voyous antisémites, dirigée par un fanatique abject, Youssouf Fofana, le seul dont le nom est resté gravé dans les mémoires.

Dans l’automne, le film de Richard Berry : “Tout, tout de suite” constituera une piqûre de rappel pour dénoncer une nouvelle fois l’épisode le plus tragique à ce jour du communautarisme qui gangrène désormais le pays, débordant parfois sur des flambées de violence à l’encontre de la population juive. Il n’y a qu’un problème, comme disait Maitre Floriot : cette version des faits ne correspond nullement à la réalité. Ce n’est pas moi qui le dis, mais Gilles Antonowicz, l’avocat d’une des accusées, surnommée "l’appât", utilisée par Fofana pour piéger Ilan Halimi. Un dossier qu’il connait parfaitement, et qui lui permet de rétablir la vérité.

Ilan Halimi a été en réalité victime d’un assassinat crapuleux commis par un individu manipulateur qui s’est inventé un mobile religieux quand il a mesuré l’aura que cette dimension lui confèrerait. Un personnage sans envergure entouré d’une équipe de « guignols » (le mot est de l’auteur, et il en démontre la véracité), se fichant du tiers comme du quart des questions religieuses pour leur préférer les espèces sonnantes et trébuchantes. Le pire est que tout le monde est tombé dans le panneau : les médias bien entendu, nombre d’intellectuels (dont l’incontournable BHL) et le plus triste de tout : la justice. A commencer par le garde des Sceaux de l’époque : Michèle Alliot-Marie, qui a donné l’ordre au parquet général d’interjeter appel de condamnations pourtant peu ou prou conformes aux réquisitions de l’avocat général Philippe Bilger (bien connu des lecteurs de Service Littéraire), la ministre cédant aux pressions de la famille d’Ilan Halimi et de diverses associations juives.

Une soumission pitoyable qui ne sert pas la cause de la justice. Un document qui fait œuvre de salubrité publique, à lire ou relire à la lumière des sottises que le film de Berry ne manquera pas de réactiver.   

L’Affaire Halimi, histoire d’une dérive, de Gilles Antonowicz, Nicolas Eybalin éditeur, 204 p., 17 €.

Source : Service Littéraire, le journal des écrivains fait par des écrivains. Le mensuel fondé par François Cérésa décortique sans langue de bois l'actualité romanesque avec de prestigieux collaborateurs comme Jean Tulard, Christian Millau, Philippe Bilger, Éric Neuhoff, Frédéric Vitoux, Serge Lentz, François Bott, Bernard Morlino, Annick Geille, Emmanuelle de Boysson, Alain Malraux, Philippe Lacoche, Arnaud Le Guern, Stéphanie des Horts, etc . Pour vous y abonner, cliquez sur ce lien.

Service Littéraire. Le mensuel de l'activité romanesque

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