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L’affaire Benalla, une histoire française
©Reuters

Chassez le naturel

L’affaire Benalla, une histoire française

Des Gaulois peuvent-ils vraiment se doter d’une classe politique de Vikings ?

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Finalement, cette histoire Benalla est surtout très française. Il y a vingt-cinq romans classiques et des dizaines de scandales politiques qui la racontent. Un Rastignac un peu racaille réussit à s'infiltrer dans les milieux du pouvoir, d'abord au PS et auprès de la quasi-totalité des éléphants, puis chez Macron, accumule les passe-droit et les faveurs exorbitantes, ça lui monte à la tête, il commence à faire des conneries, ça finit par être remarqué, et il faut tout un psychodrame avant que l'on décide de couper la branche pourrie — sans doute parce qu’on pensait pouvoir discrètement ajouter de la magouille à la magouille pour s’épargner cet effort même si ça ne marche jamais.

Le reste de la classe politique, toutes formations confondues, vraiment toutes, trimbalant pourtant des casseroles parfaitement comparables, fait mine d’être éberlué, multiplie les effets de manche à la télé ; le « grand public », qui chante tout de même « tous pourri » depuis des décennies, surjoue à son tour son indignation (la même que lorsqu’on lui annonce qu’il faudra désormais rouler moins vite) ; quelques lampistes sont écartés (ou confortablement recasés)…

Ça ne veut pas dire que ça n’est pas lamentable, surtout sous un président qui promettait d’en finir avec les trucs sordides (et est-ce qu’ils ne le promettent pas tous ?) mais échappe-t-on à sa culture ? Pour avoir une classe politique scandinave, il faudrait que nous soyons aussi des Vikings. Mais bon, même noirs et champions du monde, nous sommes juste des Gaulois (comme disait Obama). Ça n’est pas fromage OU dessert, c’est 80 km/h sur les nationales ET la fin des affaires tordues, en quelque sorte...

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