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"La visite présidentielle en terre conquise, à savoir Tulle, a tourné la semaine dernière à la partie de cache-cache misère avec ses opposants."
"La visite présidentielle en terre conquise, à savoir Tulle, a tourné la semaine dernière à la partie de cache-cache misère avec ses opposants."
©Reuters

Chroniques du pot aux roses

Docteur Molamour : Hollande en quête d'armes de diversion massives dans son bunker de l'Elysée

Serge Federbusch revient aussi sur les propos de Jean-Luc Mélenchon sur Margaret Thatcher. Le leader du Front de gauche a déclaré que la Dame de fer, morte lundi, allait "découvrir en enfer ce qu'elle a fait aux mineurs gallois".

Serge  Federbusch

Serge Federbusch

Serge Federbusch est président du Parti des Libertés, élu conseiller du 10 ème arrondissement de Paris en 2008 et fondateur de Delanopolis, premier site indépendant d'informations en ligne sur l'actualité politique parisienne.

Il est l'auteur du livre L'Enfumeur, (Ixelles Editions, 2013) et de Français, prêts pour votre prochaine révolution ?, (Ixelles Editions, 2014).

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1 - La rose pourpre du bunker

La visite présidentielle en terre conquise, à savoir Tulle, a tourné la semaine dernière à la partie de cache-cache misère avec ses opposants. Cela a commencé par un comité d’accueil un peu spécial à l’aéroport de Brive-la-Gaillarde où des manifestants contre le gaz de schiste comptaient l’apostropher. Pauvre-Président anti-riches a dû emprunter, pour les éviter, une porte dérobée !

Il en fit de même face aux opposants au mariage pour tous qui manifestaient bruyamment devant la préfecture. Au son de vuvuzelas, de cloches et de casseroles siglées "Cahuzac", ils contraignirent le chef de l’Etat ou ce qu’il en reste à emprunter les jardins du bâtiment plutôt que la porte principale. Pour éviter que cela ne fasse trop jaser, Super-Normal s’offrit quelques heures plus tard une déambulation surprise dans les rues de la ville, à un endroit où personne ne l’attendait. A Tulle, vous vous rendez compte ? C’est un peu comme si le pape François devait circuler incognito à Lourdes !

Cet épisode significatif suivait le report d’une visite présidentielle dans la Drôme et en Ardèche. Hollande devait parler d’emploi à Nyons et, le lendemain, visiter la grotte Chauvet. Mais la peur du contact avec la foule, après l’épisode cuisant de Dijon, a conduit à l’annulation du déplacement. Cet homme n’a même plus le droit de se distraire et de quitter son bunker pour admirer une grotte, c’est triste...

2 - Docteur Molamour

A défaut de visiter le front, Docteur Molamour compte appuyer sur un gros bouton rouge pour envoyer des missiles depuis l’Elysée.

La tentation est grande en effet, pour notre stratège es-normalité, de lancer une vaste offensive de diversion sous forme d’un référendum à choix multiples. Les Français seraient invités à cocher des cases sur des thèmes audacieux comme : "Voulez-vous que votre lessive parlementaire lave plus propre ?" ou : "Est-il scandaleux qu’il fasse froid et qu’il pleuve au printemps ?" Des députés socialistes et l’inénarrable Harlem Désir ont été envoyés en éclaireurs pour tester l’idée et essuyer les tirs adverses.

Comme trop souvent, l’opposition fut un temps amorphe. Elle aurait dû immédiatement dénoncer ce genre de subterfuges et faire savoir qu’elle appellerait à voter "Non", en trois lettres. Qu’Hollande propose donc au peuple français l’interdiction d’exercer plus de deux mandats parlementaires ou d’exécutif local important dans une carrière afin de mettre fin à la politique professionnelle et nous aurions un vrai choix permettant de renouveler la démocratie française ! Les questions qu’il envisage de poser ne seront évidemment que des leurres.

De toute façon, plus que la droite, c’est la prudence qui conduira une fois encore Mou-Président à renoncer à son stratagème. Voyant qu’en Alsace les électeurs ont refusé une timide avancée vers moins de bureaucratie locale, Hollande peut se dire, qu’indépendamment de tout appel de l’opposition, le peuple voterait contre ce qu’il lui proposerait, par pur rejet de sa personne.

Ne lui reste donc qu’à décider une offensive de diversion plus classique, comme une loi obligeant les élus à inventorier en place publique tout ce qu’ils possèdent, sachant qu’aucun système n’évitera jamais les mensonges et les dissimulations. Hollande espère noyer ainsi la stupéfaction de l’opinion dans une sorte de catharsis généralisée. Les députés et les sénateurs vont-ils être invités à défiler lors de chaque rentrée parlementaire revêtus d’un couche de goudron et de quelques plumes ? Après les Femen, le déshabillage et le déballage sont dans l’air du temps.

Avec un peu de chance et de complicité des médias, on cessera alors de se demander pourquoi Moscovici n’a posé aux Suisses que des questions qui ne pouvaient gêner Cahuzac. A propos, quand une commission d’enquête sera-t-elle réunie sur ce sujet ?

Finalement, le paria du Lot-et-Garonne aura fait beaucoup pour promouvoir le socialisme ! Bientôt, ne se lanceront en politique que ceux dont le capital n’est pas susceptible de déclencher rancœur et jalousie chez leurs concitoyens. Ce sera l’élection sous condition de ressources, le régime censitaire à l’envers. Imaginons, par réaction, qu’on propose un jour l’inverse : que seuls les citoyens ayant créé des richesses et gagné leur vie hors de la politique puissent concourir aux fonctions électives. Nous serions débarrassés de Mélenchon ! Enfin, une vraie mesure révolutionnaire.

3 - Celui qui croyait à l’enfer et celle qui n’y croyait pas

A ce propos, notre lider maximo frontogauchiste nous a appris qu’il croyait à l’enfer à l’occasion du décès de Dame Thatcher. Les mineurs britanniques l’y attendant déjà, selon lui, elle ne devrait pas se sentir seule. Souhaitons à cette femme d’Etat exceptionnelle, qui représente exactement ce qui manque aujourd’hui à la politique française, d’y passer un agréable séjour avec 60 "gueules noires" pas effarouchées du tout et qui ne seront pas de trop pour lui faire une heureuse damnation.

La gauche française est décidément l’héritière d’une vision manichéenne du monde. La haine que lui inspire Thatcher est à proportion de son incapacité à admettre que les valeurs de pseudo solidarité qu’elle prétend incarner sont l’expression d’une défense frileuse d’une idéologie villageoise et la crainte de la liberté de l’individu.

4 - Pendant ce temps là, chômage et déficits continuent d’augmenter ...

Cahuzac aura au moins eu le mérite de nous faire oublier une semaine durant tous ces fastidieux problèmes économiques et financiers.

La même journée du 8 avril nous avons appris en effet la fermeture de deux importantes usines d’ameublement du groupe Cauval, en Aveyron et dans l’Aube et le probable dépôt de bilan de Heuliez malgré tous les efforts de Ségolène royal pour que la Banque publique d’investissement y injecte les économies des Français. Ce sont, sur ces trois seuls sinistres industriels, près de 800 emplois menacés. On peut penser que Lui-Président n’ira pas visiter ces départements de sitôt.

Quant au déficit budgétaire, il sera supérieur en 2013 à ce qu’il fut en 2012. D’ores et déjà, à la fin février, il a atteint 27,1 milliards d'euros contre 24,2 milliards sur les deux premiers mois de 2012. L’objectif de 62,3 milliards d'euros pour 2013 est donc totalement caduc et les 87,2 milliards de 2012 seront probablement dépassés, nous renvoyant à un déficit dépassant nettement 4 % du PIB.

Si Hollande prenait les mesures d’économies budgétaires et de hausse d’impôts nécessaires pour enrayer cette dégradation, on peut raisonnablement penser qu’il serait d’ici la fin de l’année le président de la république le plus impopulaire depuis Jules Grévy, atteint par le scandale des décorations vendues par son gendre, Daniel Wilson, en 1887.

Rappelons que Grévy dut se résoudre à démissionner mais que Wilson, acquitté pour une sorte de vice de procédure, revint siéger tranquillement à la Chambre des députés, indifférent aux quolibets et à l'opprobre de ses collègues. Il fut réélu en 1893 et en 1896. Avis à Jérôme Cahuzac...

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