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Confinement : plusieurs mois de distanciation sociale pour juguler l’épidémie ?; Menace sur le cash dans les distributeurs; Le pari darwinien de Boris Johnson; La patronne de RT France était au réveillon de Juan Branco mais attaque Griveaux en diffamation
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Revue de presse des hebdos

Confinement : plusieurs mois de distanciation sociale pour juguler l’épidémie ?; Menace sur le cash dans les distributeurs; Le pari darwinien de Boris Johnson; La patronne de RT France était au réveillon de Juan Branco mais attaque Griveaux en diffamation

Et aussi : le Coronavirus réactive l'idée de nation.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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Stopper l'épidémie sera long

Combien de temps faudra-t-il alors pour réellement stopper l'épidémie ? demande l'Express : "Les experts ne se prononcent pas précisément, tout en laissant entendre que ce sera long. "Il est probable que de telles mesures - principalement celles de distanciation sociale à grande échelle - devront être maintenues pour plusieurs mois, peut-être jusqu'à ce qu'un vaccin devienne disponible", avertissait hier dans un communiqué le Pr Neil Ferguson, épidémiologiste à l'Imperial College de Londres dont les prévisions alarmantes avaient été présentées à Emmanuel Macron le 12 mars dernier. 

Ce décalage dans le temps entre l'annonce des mesures et leur effet visible risque d'être difficile à expliquer pour les pouvoirs publics, et mal vécu par la population. Un dilemme inextricable : "Si vous donnez une date, vous allez vous trouver démenti et brocardé. Et si vous ne donnez pas de date, la population va se sentir étranglé",

"L'isolement fonctionne comme une immunisation temporaire. Sauf qu'une fois que vous le relâchez, le virus peut recommencer à se diffuser, et l'épidémie redémarrer si de nouveaux foyers apparaissent", prévient Jean-Stéphane Dhersin, professeur à l'université Paris 13. 

Vers une crise du cash ?

"La Banque de France a activé fin février la cellule de crise sur le cash qui réunit banques, commerçants et convoyeurs de fonds. Alors que le coronavirus ne cesse de progresser, elle veut éviter une ruée sur les distributeurs de billets." raconte l'Express

Cette cellule de crise fiduciaire, qui dépend de Robustesse, un "groupe de place" créé en 2005 réunissant tous les acteurs de la filière cash, a été secrètement activée dès la fin du mois de février. La Banque de France a alors détecté avec des acteurs de la filière des retraits plus importants qu'à la normale dans certains distributeurs automatiques de billets (DAB). Notamment dans l'Oise ou le Morbihan, les fameux "clusters" où les premiers cas de contamination ont été révélés. Dans certains cas, les montants retirés progressent de plus de 20 %. Depuis, le phénomène s'est propagé avec la généralisation des mesures de confinement, confirme un convoyeur de fonds.  (...)Sans compter les risques de contamination qui pèsent : les convoyeurs de fonds ne sont pas immunisés contre le coronavirus. 

Le darwiniste Boris Johnson 

"Risqué", "dangereux", "c'est jouer à la roulette russe", ont réagi les infectiologues et épidémiologistes du monde entier face aux choix du gouvernement britannique note l'Express. Dans une lettre ouverte, 229 scientifiques britanniques ont demandé au gouvernement britannique d'instituer des mesures immédiates de confinement et de ne pas "risquer bien plus de morts que nécessaire" Il est préférable d'essayer de stopper l'infection plutôt que de parier sur une supposée immunisation de masse qui n'est même pas certaine, a renchéri l'association britannique d'immunologie. "

"Boris Johnson est un darwiniste, a confié un député tory, sous couvert d'anonymat, au quotidien The Times. Il croit en la sélection naturelle, en la survie du plus fort. Toute sa carrière est fondée sur cette philosophie. Le problème, bien sûr, est que notre taux de mortalité risque d'être bien supérieur à celui des autres pays." 

De son côté, le ministre de la Santé britannique, Matt Hancock, a confié que les autorités envisageaient de faire appel... aux constructeurs automobiles pour produire les respirateurs artificiels dont le pays manque. "Nous en avons 5000, [or] nous allons avoir besoin de plusieurs fois ce nombre. Il n'y en aura pas pour tout le monde".  

Jeudi matin, Johnson semblait avoir modifié sa stratégie face à la réalité : fermeture des écoles dans tout le pays, fermeture de plusieurs lignes de métro à Londres etc...

RT France contre Benjamin Griveaux

Piotr Pavlenski qui a diffusé sur internet les vidéos intimes de Benjamin Griveaux a participé à une soirée de réveillon organisée par l'avocat Juan Branco au domicile de sa compagne, à Paris selon l'Obs. En cherchant d'éventuels complicités dans la diffusion des vidéos intimes de Griveaux, la police découvre que Xenia Fedorova, présidente de RT France, la chaîne russe d'information, était présente, dans cette soirée  (où, par ailleurs, deux personnes ont été blessées à l'arme blanche et une troisième frappée). Fedorova jointe par « l'Obs », explique qu'elle n'y est restée que peu de temps. Or l'avocat de Griveaux, Richard Malka avait exprimé des doutes sur les liens de la chaîne avec le scandale. RT France a décidé de poursuivre Griveaux en diffamation.

Le coronavirus réactive l'idée de nation

Et si l'épreuve revivifiait la nation, trop longtemps abandonnée aux populistes ? Voilà longtemps, peut-être, qu'elle n'avait pas autant servi. Jeudi 12 mars, alors qu'il faisait depuis l'Elysée son adresse aux Français, Emmanuel Macron a, par huit fois, fait appel à l'idée de nation. Ce n'est pas être antilibéral ni antieuropéen que de croire encore en la nécessité de la nation pour la vitalité du fonctionnement de la démocratie et de l'État providence" écrit la journaliste Anne Rosencher, directrice déléguée de la rédaction à l'Express.

Le magazine constate par ailleurs le retour de l'État-providence :" La violence du choc économique et la rudesse de la récession qui s'annonce redonnent de la voix aux États dont les poches sont profondes. On les croyait affaiblis. Sous la coupe des marchés financiers. Dominés par des géants du numérique qui avait fini par imposer leur loi. A tort. Cette crise qui chamboule tout sur son et en premier lieu les certitudes sur les bienfaits d'une mondialisation effrénée, remet en selle les États. Partout et notamment en Europe. "On assiste en un temps record à une remise en cause profonde des croyances sur les modalités d'action de la puissance publique et notamment le rôle structurant de l'État-providence", observe l'économiste Elie Cohen". 

Le retour de la souveraineté́ et du protectionnisme

"Hormis un conflit planétaire majeur, que nous jugeons improbable, une pandémie serait l’autre évènement de grande échelle qui, selon nous, pourrait stopper ce processus". En 2005, l’expert en politique internationale Alexandre Adler signait un livre à partir d’un rapport de la CIA. Un paragraphe intitulé « Qu’est- ce qui pourrait faire dérailler la mondialisation ? » donnait cette réponse. Nous y sommes. Quinze ans plus tard, Emmanuel Macron donne raison à̀ la prévision alors que frappe le coronavirus : « Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité́ à soigner, notre cadre de vie au fond, à d’autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle. » Finie la mondialisation heureuse, place à l’éloge de la souveraineté́ et du protectionnisme ! La remise en cause est brutale." constate Valeurs Actuelles au début d'un copieux dossier de 14 pages.

Fermer les Bourses ?

Jusqu'où les marchés peuvent-ils baisser ? s'interroge l'Obs : "La meilleure solution serait sans doute de fermer les Bourses. En effet, quel intérêt de spéculer dans une période où aucune visibilité ne permet d'estimer la valeur des actifs. Il n'y a aucune raison de laisser ouvert le marché des cotations alors que l'ensemble de l'économie qu'elles représentent est lui-même à l'arrêt. Cela ne fera que nourrir les sujets de risque qui sont déjà suffisamment nombreux. Tant que les Bourses restent ouvertes, la baisse est quasiment sans limite".

Le témoignage du PDG (contaminé) d'ADP

Lundi 9 mars, Augustin de Romanet, PDG d'Aéroports de Paris 58 ans, a été testé positif au Covid-19 : longue interview dans Le Point. L'entreprise leader mondial de la gestion aéroportuaire a fait un communiqué, indiquant que « l'état de santé d'Augustin de Romanet n'inspire aucune inquiétude et ne l'empêche pas de continuer à exercer ses fonctions ».

Face à l'annonce de la contamination Romanet évoque l'angoisse, liée au fait d'être malade, et un sentiment de responsabilité :"Je devais cesser de voir quiconque pour éviter de transmettre le virus et prévenir toutes les personnes que j'avais rencontrées dans les jours qui avaient précédé mon test positif." 

Romanet  parle aussi de la fermeture d'une partie des terminaux de Roissy et Orly. Et aussi le fait qu'ADP va fermer totalement des aéroports qu'il gère : Amman en Jordanie, Ohrid en Macédoine et  Riga en Lettonie. 

Confinement : Castaner a baissé le prix de l'amende ?

Christophe Castaner aurait surpris l'Elysée en annonçant une amende à 135 euros. L'Elysée affirme avoir validé une sanction plus importante selon le Point. Mais le cabinet du ministre rétorque qu'il fallait une base légale et que nouvelle disposition a été calquée sur le décret du 21 mars 2019 sur la participation à une manifestation interdite punie d'une amende 135 euros.

Edgar Morin souhaite un New Deal

Edgar Morin (98 ans) estime, dans l'Obs, que cette crise "nous montre que la mondialisation est une interdépendance sans solidarité". Il reconnaît que "le mouvement de globalisation a certes produit l'unification techno-économique de la planète, mais il n'a pas fait progresser la compréhension entre les peuples. Faute de solidarité internationale et d'organismes communs pour prendre des mesures à l'échelle de la pandémie, on assiste à la fermeture égoïste des nations sur elles-mêmes".


Morin apprécie l'attitude et le discours de Macron quand il fait "allusion au modèle de développement qu'il faudrait changer" Mais Morin tempère "l'antidote au repli nationaliste n'est pas le repli européen, puisque l'Europe est incapable de s'unir là-dessus ; c'est la formation de solidarités internationales, commencées par les médecins et chercheurs de tous les continents. Le coronavirus nous dit avec force que l'humanité tout entière doit rechercher une nouvelle voie qui abandonnerait la doctrine néolibérale pour un New Deal politique social, écologique."

Après le coronavirus, pas de retour en arrière ?

"Dénoncer les mesures de confinement au nom de la liberté est une erreur. Et il est

absurde de croire que les choses reviendront à la normale : "Il nous faudra désormais apprendre à mener une existence plus fragile" déclare dans l'Obs (3 pages) le philosophe Slavoj Zizek " l’un des philosophes influents dans la gauche radicale et sur les campus américains. 

 Un autre philosophe Bernard Stiegler aime à le répéter : "les technologies sont un pharmakon, c'est-à-dire à la fois un poison et un remède. Rarement la formule aura sonné plus juste qu'en ces jours où l'épidémie du coronavirus nous confronte aux effets les plus contradictoires du numérique. D'un côté, il permet aux médecins, épidémiologistes et décideurs politiques de disposer de données en temps réel, de partager des informations à la vitesse de la lumière, de faire tourner des modèles statistiques. Autant d'outils inédits dans la longue histoire humaine de la lutte contre les épidémies, et précieux pour circonscrire le drame. D'un autre côté, on ne peut que s'interroger sur les effets produits par le fait d'assister depuis janvier ­ encore une fois en temps réel ­ à l'expansion du Covid-19 à travers le monde. "

Municipales le scrutin maudit

" Dimanche, un autre élément a pesé dans la balance, les images des deux France qui se dessinent : celle qui respecte scrupuleusement les consignes. Et celle qui veut continuer à se balader dans les rues et les parcs. C'est le signe que le message du pouvoir n'a pas été bien compris. A Grenoble, son fief électoral, Véran en fait le constat. C'est ce qui va le décider à pousser un coup de gueule sur France 2 le soir même. « Les gens se sont dit: si je peux aller voter, je peux aller aux Buttes-Chaumont, explique un conseiller ministériel. Dès lors, il ne fallait plus de demi-mesure. » raconte l'Obs.

 Lundi 16 mars, Macron aurait appelé ses prédécesseurs pour leur demander leur avis : "« C'était impossible d'imaginer un scrutin dimanche », confie François Hollande. Le soir, le président annonce l'interruption inédite du processus démocratique. « Même en avril 1945, les élections municipales avaient eu lieu », constate un conseiller. « La vérité, estime un pilier d'En Marche, c'est qu'on est dans une phase où les événements nous mènent par le bout du nez. Pour le moment, il faut avoir l'humilité de dire que ce sont les événements qui gagnent. »"

Esther Duflo contre les économistes de télévision

"En temps normal, on ne sait déjà pas prédire ce qui arrive en économie, alors en ce moment, bonne chance. Les économistes de télévision font toujours des prédictions, mais prédire le futur n'est pas le rôle des économistes. Leur rôle est d'aider la société à mettre en place des institutions qui permettent de gérer au mieux ce que le futur nous réserve" déclare la franco-américaine Esther Duflo, prix Nobel d'économie dans une interview au Point (4 pages).

L'Amérique débordée par le virus

"Soins hors de prix, absence de préparation et mensonges du gouvernement : la propagation de l'épidémie souligne les défaillances du système de santé et fait craindre le pire" souligne l'Express et cela pourrait menacer la réélection du Donald Trump. Cette hypothèse de l'Express reste à prouver...

Disney dans la tempête

Gentil ou dangereux ? L'Express  s'intéresse à la puissance de feu du groupe Disney : "De "Toy Story" aux "Avengers", en passant par "Star Wars" ou "les Simpsons", le groupe Disney n'a cessé de renforcer son empire au fil des années, à coups de rachats de studios et de franchises prestigieuses. Jamais une compagnie n'a été aussi puissante. Sa plateforme de streaming, Disney+, débarque le 24 mars en France. Attention danger ? Pendant que tous les regards se tournaient vers la puissance des géants des technologies, les Gafam, sacrés nouveaux méchants du monde, aucune autorité antitrust ne s'est occupée des vieux médias, dont le moindre mouvement de concentration était auparavant sévèrement limité pour ne pas mettre en danger la démocratie."

Et donc "Le gentil Disney en a profité pour mener une série d'achats, qu'aucune autorité antitrust n'a jamais entravés. Si bien que, durant l'ère Iger, le chiffre d'affaires est passé de 32 milliards de dollars en 2005 à 69 milliards l'an dernier, les profits de 2,5 milliards à 10,4 milliards, et la valeur en Bourse de 48 à 200 milliards. Et c'est pour cela qu'il a bâti un géant capable de fabriquer autant de programmes percutants. Mais cela aura un prix : dans deux ans, il partira et, si son successeur s'avère être un idéologue façon Murdoch, la puissance de feu que ce dernier aura entre les mains lui permettra de faire ce qu'il veut..."

Et pour l'instant, le coronavirus oblige Disney à fermer ses parcs dans le monde entier et à reporter la sortie de ses films.

Apiculteurs français et concurrence déloyale

Depuis le début de la décennie, alors que les achats de miel en provenance d'Asie et de Chine ont augmenté (+40%), leurs prix se sont effondrés. L'an passé, ils sont tombés à 1,24 euro le kilogramme seulement. Une chute de près de 25% depuis 2015. Le hic ? Le coût de production d'un kilogramme de miel par les apiculteurs européens s'élève, lui, à près de 3,90 euros." Et "la situation est d'autant plus préoccupante que près de 40% des importations chinoises seraient frauduleuses : des miels coupés au sirop. Faute de moyens financiers, les contrôles des fûts à l'arrivée dans les ports d'Anvers ou de Rotterdam sont quasiment inexistants. Pendant ce temps, la Commission européenne tergiverse encore pour savoir si l'origine précise du miel doit être précisée sur les étiquettes..." 

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