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Le Consumers Electronics Show (CES) est l'un des rendez-vous annuels des journalistes geeks...
Le Consumers Electronics Show (CES) est l'un des rendez-vous annuels des journalistes geeks...
©Reuters

La minute "Tech"

Las Vegas, on s'enlace et on s'en lasse

Le Consumers Electronics Show de Las Vegas a confirmé l’intensité de la confrontation sur les terminaux mobiles, les hésitations autour de la télévision connectée et les promesses d’une nouvelle technologie d’affichage sur grand écran.

Nathalie Joannes

Nathalie Joannes

Nathalie Joannès, 45 ans, formatrice en Informatique Pédagogique à l’Education Nationale : création de sites et blogs sous différentes plates formes ;  recherche de ressources libres autour de l’éducation ;  formation auprès de public d’adultes sur des logiciels, sites ;  élaboration de projets pédagogiques. Passionnée par la veille, les réseaux sociaux, les usages du web.

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Le Consumers Electronics Show (CES) peut être considéré, au choix, comme un rendez-vous annuel de journalistes geeks plus ou moins stipendiés qui se font nourrir pendant une semaine par les grandes firmes avant de cracher dans la soupe; comme une instance de validation des tendances lourdes observées depuis dix-huit moins; comme une occasion de découvrir des jeunes entreprises à fort potentiel de développement.

Haro sur le pitbull

Les journalistes geeks plus ou moins stipendiés – c’est presque un pléonasme – s’empiffrent dans les kick off (soirées buffets de lancements de produits) organisées chaque soir dans différents hôtels de Vegas après s’être bousculés aux keynotes (conférences de presse-spectacles) qui sont systématiquement jugées de qualité inférieure à celles des précédentes années.

Ainsi, le show de Steve Balmer, boss pitbull de Microsoft a-t-il été jugé consternant cette année, comparé aux prestations loufoques de Bill Gates, naguère, au bon vieux temps. Cependant, ne pas pouvoir arborer son pass Microsoft pour la keynote de Steve est ressenti comme l’humiliation suprême, le stigmate de la relégation dans les bas-fonds de la geek attitude.

Il était d’autant plus facile de cracher sur la prestation de Steve Balmer que Microsoft avait annoncé son intention de ne plus paraître désormais au CES de Las Vegas. C’était sa dernière keynote, une sorte de dernière séance. Ne craignant plus de se voir refuser le pass Microsoft, le journaliste geek a eu l’immense courage d’en déduire que Microsoft n’a plus rien à « annoncer ». Que c’est, en somme, une firme finie…

Un grand écran de crise

Intel ayant confirmé son intention de fournir de plus en plus de micro-processeurs aux smartphones et aux tablettes électroniques afin de rattraper son retard, le sujet des tablettes n’offrait plus beaucoup d’intérêt, en dehors des accessoires comme celui qui permet, par exemple, d’accrocher son iPad au mur pour faire des présentations PowerPoint. Il y a bien la bagarre entre ultrabooks et netbooks pour contrer la tablette. Mais la tablette, c’est déjà du passé pour le geek journaleux.

L’envoyé spécial imbu de geek attitude se doit en effet d’avoir « une longueur d’avance », si possible sur ses confrères. Mais comme il est conformiste, il n’ose pas trop prendre de risques en solitaire. Par exemple en s’interrogeant sur les chances respectives de Google et d’Apple de coloniser le grand écran du salon avec la smart TV, télévision qui se prétend intelligente parce que connectée, ce qui reste à démontrer…Ce que l’on appelait la « convergence » dans les années quatre-vingt dix. Mieux vaux, pour le geek journaleux, pratiquer la fuite en avant en regardant plus loin que la presse généraliste.

Cette année, la longueur d’avance s’appelle OLED. Les béotiens seront ravis d’apprendre que ces initiales désignent une Organic Light Emitting Diode, dans laquelle chacun reconnait, évidemment, la diode organique electro-luminescente. En gros, des couleurs qui claquent et avec plus de profondeur, des diagonales à couper le souffle, une épaisseur de rideau en soie synthétique et des surfaces flexibles.

Auxiliaire stipendié des techniques de marketing fondée sur le couple désir / frustration, le journaliste geek fait baver d’envie d’avoir tout de suite, là, maintenant, ce must dans son salon puis il retire le « nonosse » pavlovien en précisant que « çà » coûte 8000 euros. Comme il se targue d’être technoïde Et féru de macro-économie, il croit bon d’ajouter que « évidemment, avec la crise, ce n’est pas pour tout de suite.»

Jouer aux probabilités avec les cubelets

Heureusement, il y a à l’hôtel « Le Vénitien » de Vegas, un espace réservé aux « jeunes pousses », ces petites entreprises qui ont des idées mais pas de sous. L’endroit s’appelle, un peu abusivement, Eurêka. Il tient à la fois du Futuroscope et du concours Lépine des inventeurs.

Parmi les tendances émergentes, la double poussée des terminaux (tablettes) pas trop chers et des applications dédiées à l’éducation. En particulier le système SMILE de Marvell qui permet à un enseignant de gérer, pour chaque classe, un micro réseau sans fil dans lequel les ordinateurs des élèves sont reliés aux contenus pédagogiques, selon le principe de « l’informatique dans les nuages ».

Dans le fouillis des gadgets sans intérêt mais qui ont de l’avenir et des trouvailles intéressantes mais sans avenir – rude est la sélection qui conduit du garage de Geo Trouvetout au mass market de chez Darty – un mot marque le millésime 2012 du CES : « cubelet »

Chaque cube est un mini-robot. Il y a trois races de cubelets. Le cubelet actif qui avance sur une surface plane, le cubelet sensitif qui réagit à la lumière ou à un obstacle et le cubelet pensant qui prend quelques décisions prédéfinies mais variées. Avec un kit de six cubelets comprenant deux cubelets de chaque race vous pouvez, sans la moindre connaissance en programmation et en robotique, faire accomplir des milliers de comportements par ces drôles de cubes. Comportements d’une triplette de cubelets (1 actif + 1 sensitif + « pensant » ). Comportements en essaim d’abeilles de trois binômes de cubelets imbriqués.

Ce qui ressemble à un jeu pour pré-adolescents à partir de 10 ans est beaucoup plus qu’une compilation de Lego animés. C’est une initiation aux logiques combinatoires, c'est-à-dire à la théorie des nombres, aux probabilités, au hasard, aux aléas. Au monde actuel, quoi. Comme le montre la désopilante vidéo de présentation.

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