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©BORIS HORVAT / AFP

Atlantico Green

Ces plantes marines qui pourraient être une arme secrète contre le dérèglement climatique

La posidonie est considérée comme le poumon de la Méditerranée.

Patrick Astruch

Patrick Astruch

Patrick Astruch est ingénieur de recherche au GIS Posidonie, un groupement d’intérêt scientifique (GIS) qui effectue, depuis plus de 30 ans, des recherches et des expertises en écologie marine.

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Atlantico : La posidonie connue comme herbe de Neptune est lune des 64 espèces de plantes sous-marine qui sest diffusée à travers le monde aquatique. Existant depuis près de 200 000 ans cest peut-être lun des plus vieux organisme sur Terre. Comment a-t-elle survécu ?

Patrick Astruch : Les plantes sous-marines comme la posidonie sont des plantes terrestres qui se sont adaptées au milieu marin et lagunaire. Les premières espèces du genre posidonie datent d’environ 100 millions d’années.

La plante peut avoir plusieurs millénaires par rapport à son mode de croissance ce qui est extrêmement lent. Par rapport à d’autres plantes marines, c’est une plante qui a très peu de reproduction sexuée : cela arrive occasionnellement lorsque la température est élevée et qu’il y a une floraison. Son développement est plutôt végétatif avec une croissance horizontale et verticale. Sur des zones avec des herbiers vastes, on se retrouve avec des clones du même individu avec des mutations.

Elle est connue aussi comme protectrice de lenvironnement. Pourquoi une telle qualification ?

Tout d’abord, c’est une espère protégée par rapport à ses fonctions écologiques ; par analogie on parle du poumon de la Méditerranée. C’est l’un des écosystèmes les plus productifs du monde. C’est un habitat pour les poissons, la canopée des feuilles de posidonie tempère la houle, limite l’érosion du littoral. On peut même parler lorsque l’on évoque la posidonie comme une usine à sédiments avec une grande quantité d’organismes calcaires qui vivent à l’intérieur : des crustacés, des mollusques, des gastéropodes.

La posidonie capture aussi le dioxyde de carbone à grande échelle. Comme les forêts tropicales et boréales, les mangroves, elle est un puits de carbone. L’écosystème de la posidonie a la capacité de stockage de carbone la plus importante au monde contrairement aux autre plantes sous-marines. Elle constitue un réseau de rhizomes et de racines qui sont pérennes dans le temps et qui enferment le carbone.

Pourrait-elle être utilisé à grande échelle pour capturer le dioxyde de carbone ?

On doit tout faire pour sa conservation. Il faut les conserver vivante ou morte afin de ne pas toucher au stock de carbone que la plante a fixé dans le sol. Si l’on bouge la plante, le carbone peut se remettre dans l’environnement.

La préservation de l’herbier est favorable à la séquestration du dioxyde de carbone. En Méditerranée, un arrêté interdit le mouillage des bateaux de grande taille. C’est un enjeu très positif pour la sauvegarde du posidonie et du rôle qu’il nous rend.

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