Brigitte Macron : "c'est maintenant, après c'est ma gueule qui posera problème" ; "Chien de chrétien" : le maire de Cannes dénonce les manipulateurs du burkini; L'étrange affaire des montres kazakhes "disparues" de l'Elysée | Atlantico.fr
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Brigitte Macron : "c'est maintenant, après c'est ma gueule qui posera problème" ; "Chien de chrétien" : le maire de Cannes dénonce les manipulateurs du burkini; L'étrange affaire des montres kazakhes "disparues" de l'Elysée
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Revue de presse des hebdos

Brigitte Macron : "c'est maintenant, après c'est ma gueule qui posera problème" ; "Chien de chrétien" : le maire de Cannes dénonce les manipulateurs du burkini; L'étrange affaire des montres kazakhes "disparues" de l'Elysée

Le couple Macron, la polémique burkini, la curieuse popularité de Vladimir Poutine et le mystère des montres de l'Elysée, sont au menu de vos hebdos cette semaine.

Anita Hausser

Anita Hausser

Anita Hausser, journaliste, est éditorialiste à Atlantico, et offre à ses lecteurs un décryptage des coulisses de la politique française et internationale. Elle a notamment publié Sarkozy, itinéraire d'une ambition (Editions l'Archipel, 2003). Elle a également réalisé les documentaires Femme députée, un homme comme les autres ? (2014) et Bruno Le Maire, l'Affranchi (2015). 

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L'ex-ministre de l'Economie photographié au  pas de charge. La démission  de "l'Homme Pressé" valait bien un bouleversement de la Une de l'Obs qui n'a, apparemment, pas été pris au dépourvu par l'évènement et se tenait prêt à dégainer sur "ses projets, ses réseaux et son couple". Pas de chamboulement de la couverture du Point qui fait  la promotion de deux dernier livres : celui  de l'économiste François Lenglet "Tant pis, nos enfants paieront" (Albin Michel), un livre qualifié de " choc" par  le magazine, avec "des chiffres qui tuent", et celui du sociologue Louis Chauvel, "La Spirale du déclassement"(Seuil). Rien que des choses réjouissantes…

Mais un article, l'opération Macron bel et bien lancée : "Qui pourra l'arrêter ?"s'interroge le mag. En fait, tous les journaux avaient leurs articles sous le coude car le désormais ancien patron de Bercy s'est (lui aussi), beaucoup confié aux  journalistes avant et pendant l'été."L'ancien ministre de l'Economie a méthodiquement installé les rails de sa destinée" écrit le Point, qui avance même que " la première rupture entre les deux hommes (Hollande et lui), est ancienne et date de 2014. "La lettre de démission est écrite depuis les premiers jours de juillet. Une date est même sur la table des réunions du premier cercle, qui n'ont jamais cessé. Une date ou plutôt une période : la fin du mois de juillet ou le début du mois d'aout". Mais à cause des attentats, "il en sera quitte pour faire l'annonce en cette rentrée. Après une année d'atermoiements", écrit l'Obs.

Le Point, lui, s'interroge sur les convictions d'Emmanuel Macron. Sur "le rapport au travail, les inégalités, le rapport entre sécurité et libertés, le rapport à l'identité, le rapport à l'Europe", Macron  constate "qu'il n'y a ni consensus de gauche ni consensus de droite sur ces grandes questions. En revanche je constate qu'elles rassemblent aujourd'hui des progressistes de gauche et de droite", explique-t-il au Point. Et, explique le mag " Macron fait donc le pari que les progressistes, (minoritaires à droite comme à gauche), sont majoritaires dans le pays dès lors qu'on se donne la peine d'aller chercher les électeurs qui ont cessé de voter. C'est pourquoi il se met En Marche!". Pour les réunir sous sa houlette ! Quant à "l'Express", il n'a pas eu de bol. Emmanuel Macron a démissionné mardi, alors que l'hebdo (dont il était pourtant le chouchou), était bouclé voire sous presse au moment où l'ex-ministre de l'Economie est allée porter sa lettre de démission à François Hollande. Le news aurait sans doute eu plus de choses à raconter que cette anecdote sur la "Une" estivale de Paris Match du ministre et son épouse ("Macron savait qu'un photographe le suivait" affirme un ministre à qui son ex-collègue s'est confié après la parution du reportage) .

Tous les clichés de la grande bourgeoisie provinciale

C'est peu dire que le couple Macron intrigue .Et pas seulement l'Obs. "Brigitte, 63 ans et Emmanuel 38 ans ...Jamais depuis  Nicolas et Cecilia Sarkozy un couple politique ne s'était autant affiché main dans la main...Il ne fait rien sans lui demander son avis. Du recrutement d'un collaborateur au choix d'un costume ou d'une coupe de cheveux", dit un intime. Femme de l'ombre passée à la lumière, toujours souriante sur les photos, présente aussi bien lors des réunions de cabinet à Bercy qu'au Comité de pilotage d'En Marche !. Elle est la seule pour laquelle il a du respect intellectuel. Il lui confie tout ..."Elle a relu chaque page du livre qu'il va publier, " multipliant les annotations, le poussant à reprendre tel ou tel passage. Un exercice à quatre mains, comme au début de leur histoire quand ils réécrivaient ensemble l'Art de la Comédie, la pièce d'Eduardo De Filippo.

Leur mariage ne fut pas une mince affaire. Qui peut dire ce qu'elle a subi, les reproches, les colères, les anathèmes, dans sa famille et parmi ses proches? Il lui faudra dix ans pour divorcer. Lui se brouillera avec ses parents, fils renié qui trouvera son seul soutien auprès d'une grand mère vénérée. Impossible de comprendre les Macron sans imaginer les épreuves traversées, les doutes, la violence du conformisme" compatit l'Obs qui s'interroge " Brigitte Macron a-t-elle conscience d'incarner, aux yeux des militants de gauche, tous ces clichés de la grande bourgeoisie provinciale "?  En tous cas sa "spontanéité, sa franchise, sa supposée naïveté" sont certainement un moteur pour son mari, car "lorsqu'on évoque devant les Macron l'éventualité d'une candidature présidentielle en 2022 ou en 2027, elle a coutume de répliquer :" Pour moi, c'est maintenant, parce qu'après c'est ma gueule qui posera problème!" Voilà qui expliquerait (en partie) pourquoi Emmanuel Macron est un " homme pressé". Pour l'Obs, "il (lui) reste un peu plus de sept mois pour prouver qu'on peut réussir en étant atypique, inclassable sur l'échiquier et sans parti politique. Un défi jamais vu sous la Ve République… mais qu'il a parfaitement su relever jusqu'à présent".

Arrêté anti-burkini : entre insultes et soutiens

Il est le premier maire  à avoir signé un arrêté " anti burkini". Le maire de Cannes  raconte dans le Point qu'en un mois onze procès verbaux ont été dressés pour infraction et nombre de situations ont pu être réglées sans aller jusqu'à la contravention". L'élu dit avoir reçu "énormément de messages de soutiens, y compris de musulmans  qui refusent l'amalgame avec les porteuses de cette tenue...mais aussi un flot de messages, de menaces d'intimidations et d'insultes, parfois grotesques, il est vrai - je me suis fait traiter de chien de chrétien ou d'agent du terrorisme sioniste" avec des allusions à mon prénom, David...". Le maire désigne les auteurs de ces messages de haine : " le Collectif contre l'islamophobie, qui est à l'origine de cette polémique a construit un discours victimaire. Cet épisode a renforcé ma conviction qu'il est le reflet d'un projet politique conquérant, qu'il faut combattre idéologiquement et par des actes".

L'édile raconte aussi qu'il avait, bien avant cet arrêté, refusé "des demandes communautaristes pour des créneaux réservés aux femmes dans les piscines. Et le fait de tenir une position précise et durable a apaisé les tensions". Il ajoute qu'il avait été amené à prendre une décision similaire pour des écoles juives Loubavitch "qui exigeaient que les garçons et les filles soient séparés à la piscine. A l'époque, personne ne m'a fait de procès pour antisémitisme comme on m'en instruit aujourd'hui pour islamophobie. Les musulmans de  Cannes savent très bien que je ne suis pas islamophobe, pour reprendre ce terme paresseux qui vise à disqualifier toute personne qui n'accepte pas le recul de la République française face à l'islamisme"

Au pays du populaire Vladimir Poutine

Vous n'avez jamais entendu parler de Voronej ? Ce n'est pas surprenant. L'Obs consacre un long reportage à cette ville de province russe d'un million d'habitants, située à 500 kilomètres au Sud de Moscou, un " ancien bastion militaro-industriel qui a même gardé un faux air d'Union Soviétique...où les bulbes dorés des églises orthodoxes qui ont poussé comme des champignons témoignent du renouveau religieux; les complexes hôteliers surdimensionnés bâtis par des députés-promoteurs, de l'affairisme y règnent en maître ". Pourquoi Voronej ?  Parce que cette ville symbolise  la popularité de Vladimir Poutine "qui n'a pas ménagé ses efforts pour reconquérir cette région stratégique...où le chômage est quasi inexistant". L'enquête montre que la popularité du président russe n'est pas vraiment spontanée."Ici les arrangements avec le suffrage universel sont désormais une évidence, tout comme le trucage des sondages qui décernent aujourd'hui à Poutine une cote de popularité de 85%. Mais selon, un journaliste local, " ils ne transforment pas la réalité, ils se contentent de l'améliorer. Les gens plébiscitent Poutine car il n'y a aucune alternative". Voronej ressent aussi les effets de la crise économique mais "sous Gorbatchev c'était l'horreur. Les magasins étaient vides, plus rien ne fonctionnait .Avec Eltsine, c'était du pur banditisme: il y avait des fusillades dans les rues. Poutine a au moins restauré une forme de normalité. Ils n'en demandent pas plus. Les sanctions contre la Russie, qui leur semblent terriblement injustes, ont dopé leur orgueil". L'Obs  note avec ironie qu'en Russie  "n'importe quel parti peut exister. A condition qu'il soutienne Poutine". Quant à la démocratie?  "Elle ne mène à rien, votre démocratie...Les gens ici s'en moquent .Tout ce qu'ils veulent, c'est vivre mieux. Et aujourd'hui avec Poutine, ils vivent mieux que dans les années 90, c'est indéniable", selon un député communiste qui répond à l'auteure du reportage.

Autre version du registre pas franchement pro-Poutine : l'Express consacre un long article à Piotr Pavlevski "qui s'impose peu à peu comme la dernière voix dissidente en Russie depuis l'assassinat de l'opposant Boris Nemtsov, en plein Moscou". Il s'était fait connaitre en 2012, en se suturant les lèvres au moment du procès des Pussy Riot, condamnées pour avoir entonné une chanson punk anti-Poutine dans une église moscovite". La photo, terrible, illustre le papier. Plus récemment, il a mis le feu, avec de l'essence et un briquet à la porte en bois du FSB, le siège des services secrets, communément appelés la Loubianka. Les images ont été diffusées sur la toile. Cette action commando, explique l'article n'était pas un "acte de vandalisme comme un autre. Baptisée "La Menace", il s'agit au contraire d'une performance artistique relevant de l'art contemporain. Car son auteur se pose comme l'héritier de l'actionnisme viennois, qui s'est fait connaitre dans les années 1970 en développant l'art des performances et des happenings, utilisant le corps comme moyen d'expression, souvent de manière outrageante. La vidéo de la porte enflammée de l'entrée principale de la Loubianka symbolise la victoire de l'homme sur l'enfer qui se trouvait jadis derrière cette porte et la descente en flammes aux enfers où règne l'arbitraire infernal", Pavlevski dixit.

Des montres très recherchées

Il pourrait s'agir du titre d'un polar : "où sont passées les montres de l'Elysée ?" C'est en tous cas une affaire délicate rapportée par " le Point" .Il s'agit de la disparition de deux montres d'une valeur de 44.000 euros chacun "offertes en 2009 par un magnat de l'industrie minière mondiale à un conseiller diplomatique de Nicolas Sarkozy". Elles intéressent le juge Roger Le Loire parce qu'elles ont été offertes par l'homme d'affaires ouzbeko-belge impliqué dans le Kazakhgate (l'existence de rétrocommissions lors de la vente d'hélicoptères de combat au Kazakhstan). Ces montres, le juge voudrait les récupérer. Le diplomate en question jure avoir laissé les montres à l'Elysée, dans le coffre de la cellule diplomatique au moment de l'alternance en 2012, et il déplore que "ces rumeurs de corruption lui portent un préjudice tant personnel que professionnel". On lui a assuré que les "montres ont été retrouvées, puis transmises au service chargé des cadeaux présidentiels ". Seulement voilà : des cadeaux ont disparu.

Puis, à la suite de l'ouverture d'une enquête certains sont réapparus ..., mais on ne sait pas lesquels. Le Point raconte que le juge Le Loire a déjà fait parvenir deux réquisitions judiciaires à Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire général de l'Elysée et qu'il n'a pas obtenu de réponse. Au passage, le mag s'étonne de la lenteur de l'Elysée car "en 2013 le juge Serge Tournaire qui enquête sur l'affaire Tapie-Crédit Lyonnais a obtenu des archives numériques du Chateau en à peine un mois; certes la cible était Nicolas Sarkozy. De même le secrétaire général avait répondu prestement à la réquisition judiciaire du même Le Loire en mai 2013 à propos de François Pérol, conseiller économique du Président Sarkozy pour prise illégale d'intérêt". Alors pourquoi tant de lenteur ? Les montres de luxe feraient-elles partie d'un lot de cadeaux jamais retrouvé ? Mystère, mystère ...

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