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De plus en plus d'atteintes à la vie privée sont faites dans le monde.
De plus en plus d'atteintes à la vie privée sont faites dans le monde.
©Reuters

Revue de blogs

Affaire Gayet & Co : cruel début d'année pour la vie privée

Pendant que l'Elysée vivait son psychodrame, d'autres personnes dans le monde ont fait ce mois-ci la dure expérience de la vie privée vue et commentée en ligne.

François, Valérie et Julie, notre trio infernal de janvier, ont étrenné l'an nouveau dans une tornade lamentable ou réjouissante, selon les opinions.  La République apprend maladroitement à gérer un cran supplémentaire dans l'atteinte à la vie privée des grands, avec une équation inconnue : les réseaux sociaux.

Pendant ce temps, ailleurs dans le monde, janvier a aussi été cruel pour d'autres personnes, dont l'intimité a aussi atterri sur Twitter, Youtube, ou Facebook, avec des conséquences, souvent, à côté desquelles une semaine à la Pitié-Salpétrière est un moindre mal. Et face à cette nouvelle transparence de la vie ultra-privée, aucun pays ne semble savoir quoi faire. 

Au Brésil, le suicide de plusieurs jeunes filles dont des vidéos "hot" avaient été diffusée d'abord par l'application pour mobile Whatsapp avant de finir sur le web a poussé un député, ancien joueur de football, Romario de Souza Faria, à criminaliser la diffusion de vidéos "intimes". 

En Côte d'Ivoire, au mois de janvier, les "scandales" nés de ces sextapes téléchargés sur le web se multiplient. Le dernier a débuté classiquement. La maîtresse, une étudiante, se laisse filmer sous la douche par l'amant. Outrée d'être "cocufiée" par une de ses amies, une autre conquête aurait envoyé la vidéo à différents sites. La vidéo atterrit sur le net ivoirien et Facebook. Ce n'est pas la première affaire de ce style et Yehni Djidji, sur son blog, a fait une leçon de morale et de sagesse classique à l'imprudente, en rappelant quelques affaires similaires en Afrique et en se demandant pourquoi et comment les femmes pouvaient être aussi naïves dans un billet intitulé "pourquoi il ne faut jamais filmer ses ébats sexuels". Dans une ville, Abidjan, ou chacun peut connaître et reconnaître l'autre, sa famille, son village ou sa ville d'origine, l'affaire peut devenir grave, rappelle TechMissus.

"Combien de fois faudra-t-il le répéter ?" A moins d’envisager de faire une carrière internationale dans la pornographie, Mesdemoiselles et Mesdames, ne vous laissez par filmer pendant l’acte sexuel. (...)  Peu importe le miel dans la bouche de celui qui veut vous convaincre, ne soyez pas naïves. Peu importe le degré d’amour, le degré de confiance : le cœur de l’homme est tortueux. Si Dieu même le dit, imaginez un peu la complexité de l’esprit humain. D’ailleurs à quelle fin prendre des clichés ou filmer un partenaire sexuel avec qui vous comptez passer le reste de votre vie ? Pourquoi vouloir regarder ce que vous pourrez toucher et goûter jusqu’à votre mort ? Il est clair que ce genre de mec ne se projettent pas dans la durée. Je me demande bien ce qu’ils disent à ces filles pour les convaincre ? Tu es trop belle, je veux te filmer nue? ; Écoute bébé, j’ai envie de m’essayer au cinéma et j’aimerais que tu joues pour moi…nue ; Je veux avoir un souvenir de toi toute nue pour penser à toi quand tu n’es pas là ;  Safroulaye! La peur est parfois une bonne conseillère ! Ayez peur et fuyez loin de ces gens!.(...)Voyez le cas de l’actrice nigériane Bose Akanmu. A trois jours de son mariage, un ex a publié sur internet une vidéo de leurs ébats. Bien entendu, lui, on ne voit pas son visage, puisqu’il tient le téléphone. Quelle honte, quelle humiliation pour elle mais également pour le futur époux et leur famille !

Cas numéro 2 :  l’appareil qui a été utilisé peut être volé ou tomber dans d’autres mains que celle de “l’amoureux cinéaste”. Et c’est le chaos. Qui ne se rappelle pas de l’affaire CECP. Cette mère de famille dont toute l’intimité a défilé sur internet et dans la presse. Parce qu’il faut faire confiance à Internet et à sa viralité pour faire de vous une personne tristement célèbre. Après quelques heures de stupeur et de rires étouffés, cependant, le scénario habituel a changé, une solidarité tech et féminine s'est installée. La consigne a circulé de signaler la vidéo comme "offensante" et "a contenu sexuel" pour que les hébergeurs la suppriment, avec leur "puritanisme" pour une fois bienvenu.

Edith a relayé l'appel sur Facebook : "Yako à cette jeune "facebookeuse" ivoirienne dont la sextape circule en ce moment sur Facebook... Signaler cette video si vous la voyez.#NeVousFaitesPasFilmerNue.

Et quelques heures plus tard : "Les cybers angels ont bien bossé. Impossible de faire retirer la vidéo des téléphones de ceux qui l'ont sauvegardé...mais au moins ça va pas rester online .Signalez également les instaphotos et les instavideos svp !'#LyndaGate#Cleaning".


Alors que le scénario  François-Valérie-Julie suivait son cours, une autre affaire politico-sentimentale à l'issue beaucoup plus dramatique a bouleversé l'Inde. Vie privée, là encore... Valérie T. ne peut lors de sa visite en Inde échapper à quelques commentaires liant les deux.

Shashi Tharoor, ministre du développement humain et sa troisième épouse Sunanda Pushkar étaient de grands utilisateurs des réseaux sociaux, tweetant tant sur les affaires privées que publiques en tant que couple de pouvoir et à la mode, abordant ensemble une année d'élections. Sunanda Pushkar, femme d'affaires du secteur du sport, impliquée parfois dans de bruyantes accusations touchant à des commissions du milieu du cricket, était en effet volcanique et très "directe". Mariés sur le tard, après de précédentes unions pour chacun, ces deux personnalités "high profile" ont rencontré les limites de la transparence personnelle quand une journaliste pakistanaise, Mehr Tarar, est entrée dans le jeu. Des tweets publics (ou piratés, dit-il) de la journaliste énamourée au ministre ont mis le feu aux poudres. Sunanda Pshkar s'est répandue en déclarations tempétueuses à la presse, allant jusqu'à accuser la rivale d'être une agent secret des services secrets pakistanais, une accusation très grave en Inde. Celle-ci a rétorqué par quelques tweets méprisants.

Un communiqué commun a ensuite assuré que le couple traversait une crise passagère. Que Sunanda se reposait à l’hôpital. Puis la nouvelle est tombée, choquant toute l'Inde : Sunanda a été retrouvée sans vie dans une chambre d'un hôtel de Delhi. D'accusations de "mort non naturelle" en enquêtes de police, les blogueurs et journalistes s'interrogent  toujours sur le pouvoir maléfique de Twitter dans les mains de personnes trop fragiles placées dans de trop hautes sphères.

Purba Ray s'inquiète de l'importance que prennent les réseaux sociaux en Inde, en bien (pour dénoncer violences sexuelles) comme en mal (pour diffamer et envenimer) et les trouve "a-sociaux" : "les derniers jours de sa vie ont été terribles. Sa détresse, décuplée par la couverture nationale de son effondrement très public, l'a exposée à plus de ridicule que de compassion. Peut être que ce fait divers est l'évaluation dont Twitter a grandement besoin."

Ravi conclut dans un commentaire : "Repose en paix, Chère, mais dans ta prochaine vie (nous Hindous croyons en une prochaine vie) ne crois pas que les hommes, les hommes indiens, seront différents."

Sunanda, Photo Wikimedia

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