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Ne respirez pas : la victoire des pro-euro en Grèce est aussi une très mauvaise nouvelle pour l'Europe
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Double face

Ne respirez pas : la victoire des pro-euro en Grèce est aussi une très mauvaise nouvelle pour l'Europe

Cette victoire pourrait faire, à terme, le jeu du parti radical de gauche Syriza...

Un vent de soulagement souffle sur les marchés et les dirigeants européens depuis les élections législatives en Grèce de dimanche dernier. La victoire du parti de droite conservateur Nouvelle Démocratie, présenté comme pro-européen, rassure face au spectre qui planait jusqu'à maintenant : l'élection du parti plus radical de gauche Syriza, présenté lui comme le parti anti-renflouement et anti-euro. Mais la réalité est plus complexe, comme le note The Atlantic.

Les deux partis veulent en effet rester en sein de la zone euro, mais veulent aussi renégocier leurs engagements en termes d'austérité. La différence, c'est que Nouvelle démocratie désire en renégocier les contours, alors que Syriza veut carrément faire table rase de ces accords. Heureusement, pour les pro-européens, le parti de droite a remporté l'élection et sera en mesure de former une coalition d'union nationale avec les autres partis pro-euro, comme les socialistes de l'autre grand parti du pays, le Pasok.

Pour autant, cette coalition pourrait bien signer une victoire de Syriza. Car son rival, le Pasok, avait promis de ne pas rejoindre de coalition avec la droite sans que le parti d'extrême-gauche le fasse aussi, car cela aurait signifié participer à la mise en place d'un plan de rigueur des plus durs. C'était visiblement du bluff, vu que les socialistes ont donné leur accord pour rejoindre la coalition.

Syriza pourra ainsi laisser les deux grands partis s'user à l'exercice du pouvoir et se discréditer en ces temps particulièrement difficiles. Le parti de gauche pourra rallier les déçus et mécontents de cette fameuse "union nationale". Les partis de cette dernière devront suivre le plan de rigueur dicté par l'Allemagne, toujours aussi intransigeante, et tenter de réaliser l'impossible en à peine deux ans. Et Syriza aura beau jeu, après, de leur lancer "je vous l'avais bien dit". Il pourra se passer un long moment avant que ces partis traditionnels ne puissent regagner une élection.

Pour autant, l'euro est-il sauvé après la victoire de ND? Pas vraiment, vu la situation dans laquelle se trouve l'Italie et l'Espagne, qui doivent emprunter à des taux d'intérêts faramineux. L’Allemagne ne serait-elle pas en train de jeter la Grèce dans les bras de la gauche radicale pour un gain quasi-nul? Surtout qu'ainsi Syriza pourrait faire des petits, et essaimer des partis similaires dans les autres pays du Vieux continent en situation difficile… Comme, au hasard, l'Italie et l'Espagne…

Lu sur The Atlantic

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