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Les avis divergent au sein du gouvernement.
Les avis divergent au sein du gouvernement.
©Reuters

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Travail dominical : une mission d'étude lancée, mais au fait qui pense quoi chez les politiques

Le gouvernement a confié une mission à l'ancien président de La Poste, Jean-Paul Bailly, destinée à "clarifier le cadre juridique" du travail le dimanche. Mais la classe politique reste divisée sur le sujet.

Dimanche, quatorze magasins Castorama et Leroy Merlin ont ouvert leurs portes en Ile-de-France, malgré l'interdiction de travail dominical imposée par un tribunal de commerce. Conséquence de cette fronde : le gouvernement est prêt à jouer la carte de l'apaisement.Jean-Marc Ayrault a confié une mission à Jean-Paul Bailly, destinée à "clarifier le cadre juridique" du travail le dimanche, a indiqué lundi Matignon dans un communiqué. Il "devra examiner les faiblesses du dispositif actuel, éclairer les enjeux de l?ouverture de certains commerces le dimanche et faire des propositions au gouvernement", précise Matignon. La classe politique est elle, divisée sur le sujet.

Ceux qui sont pour :

Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris : "Je ne veux pas généraliser [le travail le dimanche], mais l'étendre, en créant de nouvelles zones d'ouverture : sur les Grand Boulevards, les grands magasins, à Bercy Village et au niveau du Palais des Congrès. Les salariés veulent travailler, les entreprises réalisent au moins 20% de leur chiffre d’affaires hebdomadaire ce jour-là." "Ouvrir le dimanche permettrait de créer au moins 10 000 emplois supplémentaires."

Ségolène Royal, présidente PS de Poitou-Charentes : "Il faut être plus souple et plus clair. Les règles sont devenues très complexes. Il y a de nombreuses familles qui sortent tranquillement le dimanche pour pouvoir bricoler ou jardiner pendant la semaine, je ne vois pas pourquoi il y aurait ces interdits trop stricts". "Cela pourrait être fait sur la base du volontariat."

Bruno Le Roux, patron des députés PS : "J'aimerais qu'il n'y ait qu'une seule règle, aucune obligation à travailler le dimanche mais une possibilité qui soit offerte, avec un contrôle qui puisse être très strict, opéré par l'Etat."

Ceux qui sont contre : 

Benoît Hamonministre délégué à la Consommation : "Il y a le respect de la loi. Dire qu'on n'appliquera pas une décision de justice est insupportable, [...] il est inadmissible qu'une marque n'applique pas une décision de justice."

Bernard Cazeneuve, ministre du Budget : Bien que "défavorable" à la généralisation du travail le dimanche, il a estimé qu'il fallait "créer les conditions d'un dialogue".

Michel Sapin, ministre du Travail : "Est-ce que vous pensez que travailler la nuit c'est améliorer la qualité du travail ? Je ne le pense pas. Est-ce que vous pensez que travailler le dimanche, c'est améliorer la vie quotidienne, la vie de famille, la vie sociale ? Je ne le pense pas."

François Bayrou, président du Modem : "Ma sensibilité, c'est plutôt d'avoir un jour dans la semaine qui n'est pas consacré au commerce." "Mais au moins faut-il avoir une loi qui permette à tout le monde de savoir quelle est la règle."

Ceux qui sont ouverts au dialogue :

Marisol Touraine, ministre de la Santé : "Il y a des salariés qui ont envie de travailler le dimanche, des gens qui ont envie de faire leurs courses le dimanche. [...] Le précédent gouvernement a laissé s'empiler des lois, à l'arrivée on n'y comprend plus grand chose." Toutefois, "on ne peut pas accepter que des entreprises ne respectent pas des décisions de justice".

Manuel Valls, ministre de l'Intérieur : Il a déclaré qu'il suivait la position du gouvernement. "La loi existe, il faut la faire respecter." Il a toutefois estimé que la loi Mallié promulguée en 2009 est "incohérente" et qu'une "concertation est nécessaire" sur le sujet.

Sylvia Pinelministre du Commerce : Elle a concédé qu'il y avait une "complexité de la législation" qui débouchait sur "un mille-feuille réglementaire qu'il faut absolument clarifier, mais sans polémique".

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