Otages de l'Etat islamique: entre tortures et espoir, les détails de leur captivité | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
International
Otages de l'Etat islamique: entre tortures et espoir, les détails de leur captivité
©

Enquête

Otages de l'Etat islamique: entre tortures et espoir, les détails de leur captivité

Le New York Times a publié hier une longue enquête menée auprès d'anciens otages de l'Etat islamique, qui racontent leur captivité, entre tortures, privations, espoir et religion.

Le quotidien américain a interrogé cinq anciens otages, des locaux qui ont assisté à leurs traitements, des proches des victimes et des personnes ayant oeuvré à leur liberté. Leur récit est celle d'une "souffrance insoutenable", écrit le New York Times. Pendant des mois, les otages ont été affamés, torturés, soumis à des simulacres d'exécutions. Ils ont été régulièrement remis à de nouveaux groupes de terroristes, certains spécialistes de la torture, d'autres qui leur faisaient croire à leur libération prochaine et les traitaient mieux.

Les prisonniers - le New York Times s'est focalisé sur les 23 otages occidentaux, de 12 pays - se sont d'abord serré les coudes et ont tenté de passer le temps avec des jeux (Risk, notamment) et des conférences improvisées sur les thèmes qu'ils connaissent bien. Mais avec le temps, et alors que les conditions de détention se dégradaient, des inimitiés sont nées entre eux.

Certains, comme le journaliste américain James Foley, se sont converti à l'islam. La plupart, dans l'espoir que leurs conditions de détention s'amélioreraient.

A leur arrivée dans leur prison, les otages étaient traités comme des espions. Leurs téléphones, ordinateurs et tablettes étaient fouillées après qu'ils aient demandé leur mot de passe aux otages. "Ils ont vérifié mon appareil photo, ma tablette. Ils m'ont déshabillé. J'étais nu. Ils ont regardé s'il n'y avait pas de puce GPS dans mes vêtements ou sous ma peau. Puis ils m'ont battu", témoigne Marcin Suder, un photojournaliste polonais kidnappé en juillet 2013. "Ils ont tapé sur Google "Martin Suder CIA", "Martin Suder KGB", ils m'ont accusé d'être un espion", poursuit-il.

C'est ainsi que les ravisseurs ont découvert qu'un otage britannique, David Cawthorne Haines, avait été dans l'armée : c'était indiqué sur son profil LinkedIn.

Les otages se souviennent du moment où leurs ravisseurs - et eux-mêmes - ont compris que certains pays étaient suceptibles de payer des rançons, et d'autres non. "Ils ont définit un ordre de priorité, en fonction des pays avec lesquelles ils pensaient pouvoir plus facilement négocier. Ils ont commencé avec les Espagnols", témoigne un ex-otage. Ils sont ensuite passé aux Français.

Finalement, les otages ont été divisés en deux groupes : ceux suceptibles d'être libérés d'un côté, et les Américains et Britanniques de l'autre. Ces derniers subissaient les pires tortures, non seulement parce que leurs gouvernement ne voulait pas négocier, mais aussi à cause de la haine des terroristes pour ces deux pays. C'est James Foley, témoignent les ex-otages, qui a été le plus mal traité : en plus des coups, il était régulièrement sujet au "waterboarding", un simulacre de noyade.

Lu sur le New York Times

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !