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Le livre de Nicolas Sarkozy sort le 25 janvier
Le livre de Nicolas Sarkozy sort le 25 janvier
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La substantifique moëlle

Livre de Nicolas Sarkozy : les principaux extraits

L'ancien président publie un livre intitulé : "La France pour la vie". Il s'y livre "comme jamais je ne l'avais fait auparavant". Extraits.

  • l'après 2012

"Dire que j'avais besoin de souffler serait une litote (…) j'ai fini épuisé physiquement et mentalement. Ce n'est pas tant le travail qui fatigue, pas davantage les responsabilités, mais plus sûrement la déferlante incessante des attaques, des critiques, des cruautés petites et grandes qui finissent par user les tempéraments les plus aguerris. (…) J'étais averti. Je m'y étais préparé (...) mais il est impossible de faire abstraction de cet environnement. De ce point de vue, les deux années qui ont suivi mon départ ont été heureuses. Pour moi qui avais si longtemps redouté l'échec, je devais maintenant l'affronter. (…) Force m'est de reconnaître que cet échec de 2012 m'a apaisé, obligé à chercher en moi des possibilités que j'ignorais et m'a sans doute débarrassé de toute impatience inutiles autant que dérisoires".

  • l'omniprésident

"Je confesse une difficulté à déléguer. Mon idée du leadership me conduisait à prendre tous les jours la tête du combat (la campagne de 2012) et à multiplier les initiatives. J'aurais sans doute mieux fait de réserver une plus grande place à certains leaders de la droite et du centre. Essayer de mieux les associer. Je ne l'ai pas fait. Ce fut une erreur".

  • Revanchard sur Hollande ?

"Je suis un combattant. Je sais me battre. Je pense même que j'aime me battre, mais je ne garde aucune trace de ces batailles perdues ou gagnées. Je tourne la page, sans nostalgie et sans le moindre besoin de revanche. Cet état d'esprit vaut pour tous, et dans toutes les situations, professionnelles comme privées. Contrairement à ce qui est quotidiennement dit et écrit, j'éprouve exactement la même chose à l'endroit de mon successeur. Je n'ai envers lui ni amertume, ni détestation. Je n'ai avec lui aucun compte à régler, aucune vengeance à assouvir. (...)  Je connais son habileté à manipuler et à préparer des pièges. Je sais, comme ses amis au nombre desquels je ne suis pas, combien il sait dissimuler, masquer, parfois même travestir la vérité.

  • le "casse toi pauv' con"

"J'ai moi-même eu grand tort, lors d'une visite au Salon de l'Agriculture, de céder à la provocation en répondant à l'individu qui m'avait insulté : 'Casse toi pauvre c… '. Ce fut une erreur, car il avait le droit de penser ce qu'il disait, même s'il n'avait pas à me le dire ainsi. Mais en lui répondant, je me suis mis à son niveau. Ce fut une bêtise que je regrette encore aujourd'hui. En agissant ainsi, j'ai abaissé la fonction présidentielle.[…] J'ai appris à mes dépens qu'avoir du caractère n'autorise pas tout".

  • le yacht de Bolloré

"J'aurais dû anticiper, me méfier, faire passer mon nouveau statut présidentiel avant toutes choses. Ce fut une erreur de jugement incontestable. Encore aujourd'hui, je me demande comment j'ai pu commettre un tel impair. Comme quoi, même lorsqu'on s'imagine avoir une grande expérience, on n'est pas à l'abri d'une faute qui vous entraîne dans un tourbillon médiatique. Pour le coup, je peux dire que cela m'a servi de leçon".

  • le mariage pour tous

"Je suis allé à la réunion de l'association 'Sens commun' en novembre 2014, au moment où les débats étaient encore vifs. La dureté des échanges m'a stupéfié. J'ai mesuré à ce moment là combien François Hollande avait divisé les Français. Je suis conscient que mon propos n'a pas été compris, sans doute parce qu'il était ambigu. (...) A la réflexion, je crains que, compte tenu de l'état de tension et de division de la société française auquel a abouti la méthode de François Hollande, le remède soit pire que le mal. Je ne souhaite donc pas qu'on légifère à nouveau, parce que la priorité doit être de rassembler les Français. C'est un point sur lequel, je l'assume, j'ai évolué."

  • ses relations avec Juppé

"Malgré notre différence d'âge, dix ans, il y a souvent eu de la concurrence entre nous. Celle d'aujourd'hui n'est donc pas nouvelle. Malgré cela, nos relations ont toujours été cordiales. J'ai une amitié pour lui qui va au-delà de la politique. Nous n'avons, en fait, aucun contentieux lié au passé puisque nous n'avons jamais eu à nous reprocher un quelconque coup bas. (...) J'ajoute que j'ai toujours apprécié les échanges avec lui. Il est sérieux. Il sait mettre en œuvre une politique. (...) La droite française a besoin de notre entente pour ne pas revivre les cauchemars que furent les affrontements Giscard-Chirac ou Chirac-Balladur

  • ses relations avec Fillon

"J'ai été étonné par la caricature selon laquelle j'aurais 'humilié' mon Premier ministre. Quelle drôle d'idée. Il est d'ailleurs facile de faire litière de cette fable. Si François Fillon avait été si malheureux, pourquoi aurait-il accepté de si bon gré que je le renomme à trois reprises ? (...) J'ai peut-être commis une erreur. J'ai trop souvent pris les silences de François Fillon comme autant d'acquiescements. Souvent, au cours de nos rendez-vous, je l'interrogeais. Je lui demandais son avis. Je réfléchissais à haute voix avec et devant lui. Et je me rendais compte plus tard qu'il s'en était souvent tenu à une prudente réserve. (...) Si c'était à refaire, je choisirais le même Premier ministre, car il a rempli son rôle avec sérieux et responsabilité".

  • l'affaire Buisson

"Une partie de mes 'bons amis' et certains journalistes ont voulu donner à celui-ci une importance dans mon entourage qu'il n'a jamais eue. Il est vrai que j'appréciais sa grande intelligence et sa capacité hors norme à s'engager dans des analyses prédictives en général cohérentes et souvent justes. (...) Cependant, j'ai gravement sous-estimé des traits de son caractère qui auraient dû me mettre en garde. Je n'ai pas voulu écouter ceux qui pensaient qu'il 'sentait le soufre'. Je me suis trompé et j'ai été abusé. Encore aujourd'hui, je me demande comment j'ai pu me laisser duper par quelqu'un qui s'est révélé capable d'enregistrer nos conversations, y compris privée"

  • ses espoirs

"Je veux que la politique cesse d'incarner l'impuissance, cesse d'être synonyme de renoncement. Je veux qu'(elle) redevienne une espérance. (...) Il n'est pas un jour qui passe sans que je pense à la France".

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