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La France et l'Allemagne vont travailler ensemble pour faire le "succès" de l'Europe.
La France et l'Allemagne vont travailler ensemble pour faire le "succès" de l'Europe.
©REUTERS/Leonhard Foeger

Commission européenne

La défense européenne, le Brexit, les travailleurs détachés, la répartition des réfugiés : ce qu'il faut retenir du sommet de Bratislava

Ce vendredi 16 septembre, les 27 tentaient de s'entendre sur un agenda de relance du "projet européen".

Depuis ce vendredi matin, à Bratislava (Slovaquie), les 27 tentaient de s'entendre sur un agenda de relance du "projet européen", alors que les appels à serrer les rangs se heurtent à des divergences profondes. "Nous sommes dans une situation critique", avait jugé la chancelière allemande, Angela Merkel. Il faut "montrer par nos actions que nous pouvons faire mieux", avait-t-elle ajouté, citant comme priorités la sécurité, la lutte anti-terroriste et la défense. Même gravité du côté du président français François Hollande. "Le risque de dislocation de l'Europe n'a jamais été aussi grand. Je parle bien de la séparation, c'est-à-dire le retour des frontières, la fin de la libre circulation, le refus des solidarités, l'abandon de l'euro", avait-t-il écrit sur sa page Facebook.

Défense européenne 

En milieu d'après-midi, le président du Conseil européen, le Polonais Donald Tusk, a soumis aux 27 une "feuille de route" listant les sujets prioritaires sur lesquels avancer ces six prochains mois, déclinés autour du thème de la sécurité. Hollande et Merkel ont mis un accent particulier sur une relance de la défense européenne, que tous les pays semblent désormais appeler de leurs vœux. La France "fait l'effort principal pour la défense européenne", mais "elle ne peut pas être seule", a annocé François Hollande. "Si les États-Unis font un choix de s'éloigner, l'Europe doit être capable de se défendre par elle-même", a-t-il ajouté.

Paris et Berlin ont présenté à Bratislava une initiative commune pour déclencher des opérations extérieures de l'UE plus facilement et obtenir davantage de financements européens. Le départ du Royaume-Uni, qui a toujours privilégié l'Otan, offre une chance d'avancer sur ce thème, soulignent des sources diplomatiques, dans un contexte où l'Europe est cernée par les crises, les guerres et le terrorisme.

La Commission européenne a notamment proposé des "ressources militaires communes", "un quartier-général unique" et la création "avant la fin de l'année" d'un fonds européen pour stimuler la recherche et l'innovation dans l'industrie de la défense.

Les dirigeants européens ont également confirmé le consensus forgé ces derniers mois sur le renforcement de la protection des frontières extérieures de l'UE, apparues comme trop poreuses face à l'afflux migratoire. "La plupart convergent sur ce point, ils demandent notamment la mise en œuvre rapide du nouveau corps européen de gardes-frontières", a indiqué un diplomate européen, rendant compte des discussions fermées à la presse des dirigeants européens.

"Le Brexit en tant que tel n'a pas été abordé"

Les négociations du divorce avec Londres n'étaient pas un thème du sommet, mais les 27 ont abordé le sujet sur le Danube, lors d'un "déjeuner de travail" sur un bateau de croisière sous pavillon allemand, qui a navigué pendant deux heures sur ce fleuve européen emblématique. Le Royaume-Uni a d'ailleurs été absent au sommet de Bratislava. 

"Le Brexit en tant que tel n'a pas été abordé", a expliqué le même diplomate, indiquant qu'il "s'agissait de faire un point" sur les contacts entre Tusk et Theresa May. "Il n'y avait pas grand chose à dire, puisque Londres n'a toujours pas activé la procédure de divorce", et que les 27 refusent toute négociation avant cette étape formelle, a-t-il poursuivi.

>>> À lire aussi : Immobilisme à Bratislava : l'Union européenne est-elle une URSS en fin de course qui s'ignore ?

Les réfugiés au cœur des discussions 

Cependant, des dossiers comme les travailleurs détachés ou la répartition des réfugiés dans l'UE sont restés hautement conflictuels. Les pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Slovaquie et République tchèque) ont rappelé qu'ils souhaitaient que les États membres soient davantage écoutés à Bruxelles.

Ils ont aussi répété qu'ils restaient fermement opposés à tout mécanisme obligatoire de répartition des réfugiés, comme le plan de "relocalisation" adopté en septembre 2015 par l'UE, alors que des pays comme la Grèce et l'Italie, réclament précisément plus de solidarité face à la charge migratoire.

Le récent appel du chef de la diplomatie luxembourgeoise à exclure la Hongrie de l'UE pour violation de ses valeurs illustre aussi les fissures. "Ce n'est pas une position de mon gouvernement", a déclaré à Bratislava son chef de gouvernement, Xavier Bettel. "On est autour d'une table, on est en famille, on discute les problèmes en famille, on essaie de trouver des solutions".

Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui organise en octobre un référendum sur la "relocalisation" de réfugiés, a lui demandé "de traiter les Hongrois avec du respect", après une rencontre avec le président du Parlement européen, Martin Schulz.

"Nous initions un processus" à Bratislava, a insisté un responsable européen, soulignant que c'est lors d'un autre sommet, prévu à Rome en mars 2017 à l'occasion des 60 ans du traité fondateur de la construction européenne, que sont prévues de véritables décisions.

L'Allemagne et la France feront le "succès" de l'Europe 

L'Allemagne et la France vont travailler ensemble de manière "très intensive" pour faire le "succès" de l'Europe, a déclaré Angela Merkel à l'issue du sommet. La chancelière allemande a également présenté avec le président français François Hollande une liste des priorités des prochains mois, établies par les 27, lors d'une conférence de presse commune.

"La France et l'Allemagne vont continuer à faire en sorte que nous puissions délivrer des mesures concrètes", a abondé le président français. "L'Europe peut et doit avancer dès lors qu'elle a des priorités claires qui correspondent aux attentes des Européens. Ce qu'il faut retenir c'est une volonté", a-t-il ajouté.

 

 

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