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Homéopathie : les laboratoires ont multiplié les actions de lobbying avant la décision de la Haute autorité de santé
©ROMAIN LAFABREGUE / AFP

HAS

Homéopathie : les laboratoires ont multiplié les actions de lobbying avant la décision de la Haute autorité de santé

La Haute autorité de santé (HAS) va annoncer ce vendredi 28 juin son avis définitif "sur l'intérêt des médicaments homéopathiques". Les professionnels de cette branche ont investi des millions d'euros pour peser sur la décision finale. La rédaction de Sud-Ouest a mené une enquête et a analysé les dépenses du laboratoire Boiron.

La Haute autorité de santé (HAS) doit publier son avis définitif sur le remboursement de l'homéopathie par la Sécurité sociale ce vendredi 28 juin.  

Les défenseurs de l'homéopathie ont continué de défendre leur cause auprès de l'opinion depuis de nombreuses semaines pour tenter de faire évoluer la décision. Plus d'un million de personnes ont signé la pétition lancée par un collectif de professionnels du secteur. La rédaction de Sud-Ouest a mené une enquête sur les dépenses du laboratoire Boiron.

Comme tous les laboratoires pharmaceutiques, Boiron investit sans compter auprès des professionnels de santé. Selon des informations de la base publique "Transparence Santé" et de Sud-Ouest, le leader de l'homéopathie a déclaré plus de 52.000 liens d'intérêts en 2018. Parmi les postes de dépenses figurent par exemple des montants liés aux formations et repas financés par le laboratoire pharmaceutique et ses deux centres de formations : le CEDH (Centre d’enseignement et de développement de l’homéopathie) et le CDFH (Centre de formation en homéopathie).

Depuis plusieurs semaines, Boiron mène une campagne pour défendre ses gélules sur les réseaux sociaux. Un site a été lancé : "MonHomeoMonChoix. La pétition lancée a revendiqué plus d'un million de signatures. 

Malgré ces efforts de lobbying, l'entreprise a vu ses ventes dégringoler au premier trimestre 2019. Le laboratoire français a été confronté à d'importantes difficultés depuis les fuites de l'avis de la Haute autorité de santé dans la presse. En mai, le laboratoire Boiron a notamment suspendu son cours en Bourse. 

En 2018, le remboursement des médicaments homéopathiques a représenté 126,8 millions d'euros en France. Certaines gélules sont remboursées à hauteur de 30% par la Sécurité sociale. 

La Haute autorité de santé va donc publier son avis définitif sur le remboursement controversé des médicaments homéopathiques. L'avis définitif est attendu depuis plusieurs mois par les entreprises concernées et par les médecins qui dénoncent "l'absence de preuves de l'efficacité" des gélules. 

L'avis de la HAS n'acte pas encore le déremboursement de l'homéopathie. Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, devra trancher cette question. Elle a indiqué qu'elle suivrait l'avis de la HAS. 

Selon des informations de Libération, la Haute autorité de santé estime que l'homéopathie ne doit plus être remboursée par la Sécurité sociale car son efficacité n'est pas prouvée. Le déremboursement affecterait très durement les trois principaux laboratoires homéopathiques : le groupe français Boiron, l'entreprise suisse Weleda et la société allemande Lehning. 

Les laboratoires ont l'intention de se mobiliser ce vendredi 28 juin, en marge de la publication de l'avis de la HAS. Des manifestations doivent se dérouler à Paris sur l'esplanade des Invalides et sur la place de la Comédie à Lyon à 10h30. 

Sud-Ouest

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