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Le signe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à l'entrée de leur siège à Genève.
Le signe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à l'entrée de leur siège à Genève.
©Fabrice COFFRINI / AFP

« Tchernobyl du XXIe siècle »

Covid-19 : la pandémie aurait pu être évitée, selon des experts indépendants

La pandémie de Covid-19, qui a tué plus de 3,3 millions de personnes, en a infecté des dizaines de millions d’autres et qui est responsable de bouleversements majeurs dans l’économie mondiale, « aurait pu être évitée », selon des experts indépendants mandatés par l’OMS.

Dans un rapport publié ce mercredi 12 mai, des experts indépendants mandatés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénoncent un « Tchernobyl du XXIe siècle » et réclament d’urgence de vastes réformes des systèmes d’alerte et de prévention dans l’espoir que cette pandémie « soit la dernière ».

L’une des coprésidentes de ce panel, Ellen Johnson Sirleaf, ancienne présidente du Liberia, s’est notamment confiée sur ce terrible constat :

« La situation dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui aurait pu être évitée. Nous comprenons que les gens soient en colère et bouleversés […] mais il n’y a pas un seul individu ou nation responsable. […] Cette situation est due à une myriade d’échecs, de lacunes et de retards dans la préparation et la réponse ».

Le rapport le souligne également : « il est clair que la combinaison de mauvais choix stratégiques, d’un manque de volonté de s’attaquer aux inégalités et d’un système manquant de coordination a créé un cocktail toxique qui a permis à la pandémie de se transformer en une crise humaine catastrophique ».

Institué par le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en application d’une résolution adoptée en mai 2020 par les Etats membres de l’organisation, le panel indépendant, constitué de 13 personnalités et experts, a passé les huit derniers mois à étudier la riposte internationale à la pandémie.

Selon l’ancienne Première ministre de la Nouvelle-Zélande, Helen Clark, qui copréside le groupe d’experts, « nous pouvons dire qu’il y a eu clairement des retards en Chine, mais il y a eu des retards partout […] Alors que les informations commençaient à arriver à l’OMS, l’organisation n’était manifestement pas suffisamment habilitée à enquêter, puis confirmer rapidement qu’une épidémie dangereuse était en train de se produire ».

Le constat des experts est très amer : « Pendant que le virus se propageait, les informations s’entassaient et les décisions étaient retardées dans l’attente de réponses à de laborieux échanges de courriels officiels ».

Selon ce nouveau rapport, « trop de temps s’est écoulé » d’après les experts entre la notification des premiers cas dans la deuxième quinzaine de décembre 2019 et la déclaration, le 30 janvier par l’OMS, d’une urgence de santé publique de portée internationale, le plus haut niveau d’alarme.

Les experts estiment que cette déclaration aurait pu être faite au moins dès la première réunion du comité d’urgence de l’OMS le 22 janvier.

Ce n’est que le 11 mars, lorsque le directeur de l’OMS a qualifié la situation de pandémie, que les capitales ont véritablement pris la mesure du danger.

Le mois de février 2020 a été un « mois perdu » durant lequel de nombreux pays auraient dû agir. « Retards, hésitations et dénis » ont permis à l’épidémie, puis à la pandémie d’éclore, selon les conclusions du rapport.

Le groupe d’experts recommande aux gouvernements et à la communauté internationale d’adopter sans délai un ensemble de réformes afin de transformer le système mondial de préparation, d’alerte et de réponse aux pandémies.

Ce rapport propose différentes pistes, dont la création d’un Conseil mondial de lutte contre les menaces sanitaires, ainsi que la mise en place d’un nouveau système mondial de surveillance fondé sur une « transparence totale ».

Ce système donnerait à l’OMS le pouvoir de publier immédiatement des informations sur les épidémies susceptibles de donner lieu à une pandémie sans demander l’approbation des pays.

Le rapport propose aussi une série de recommandations pour une application directe afin de mettre fin à la propagation du Covid-19. Les pays riches sont notamment invités à fournir plus de deux milliards de doses de vaccin d’ici la mi-2022.

AFP

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