Attentats de Paris : les dirigeants du Bataclan témoignent pour la première fois | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Faits divers
Attentats de Paris : les dirigeants du Bataclan témoignent pour la première fois
©Reuters

Retour sur cette nuit d'horreur

Attentats de Paris : les dirigeants du Bataclan témoignent pour la première fois

Pour la première fois depuis les attentats de Paris, les dirigeants du Bataclan sont revenus sur cette nuit d'horreur dans un entretien accordé au Monde.

Jules Frutos et Olivier Poubelle co-dirigent ensemble le Bataclan depuis 12 ans. Tous deux possèdent 30% de la salle de concert où 89 personnes ont perdu la vie, abattues par des terroristes le 13 novembre dernier. Pour la première fois depuis les attaques, ils s'expriment. "Nous dirigeons une salle où il y a eu 90 morts lors d’un concert. Deux collaborateurs sont morts. Tout comme des professionnels de la musique que nous connaissons bien. D’autres sont gravement blessés. Je n’étais pas dans la salle, et j’y pense tout le temps. L’urgentiste Patrick Pelloux m’a dit : 'Tu n’es pas coupable'. Mais quand même...", a confié Olivier Poubelle au Monde.

Ce soir là, Jules Frutos était à un concert dans le 18ème arrondissement. Lorsqu'il arrive sur les lieux, les terroristes sont encore à l'intérieur et la Brigade de recherche et d'intervention (BRI) le sollicitent. "La BRI me fait venir dans le hall d’entrée, devant les portes fermées. Il y a des morts et des blessés autour. Pas besoin qu’on m’explique… Ils voulaient connaître la configuration de la salle, ce qu’ils allaient trouver derrière la porte, savoir comment accéder aux étages le plus vite possible", raconte-t-il. Pour son associé, le visage de l'un des techniciens dont un ami venait d'être tué a suffi.

L'enfer sur Terre

Vingt personnes travaillaient au Bataclan ce soir là et aucune d'elle n'a été tuée, ont expliqué les associés, ajoutant que cette "famille" se soutient comme elle peut. "Notre rôle, c’est de leur parler. Les équipes en ont besoin, nous aussi". Olivier Poubelle raconte que la "jeune femme du vestiaire est vivante parce qu’elle a voulu ranger les sacs, elle n’était donc pas visible à l’entrée. Les deux filles et le garçon du bar se sont cachés dans la réserve à fûts, en tenant la porte fermée avec les doigts. D’autres ont eu la chance de courir vers la gauche plutôt que vers la droite".

Au total, 1 500 personnes se trouvaient au Bataclan ce soir là et plus d'un millier d'entre elles ont été sauvées par le courage des vigiles qui n'ont pas fui et qui "sont restés responsables de la sécurité jusqu’au bout". Ni les dirigeants, ni le personnel, ne sont retournés dans le Bataclan depuis le 13 novembre. "Les policiers n’ont pas voulu, ils nous le déconseillent, et ils ont raison. Pour nous préserver. Aucun membre des équipes n’y est entré, hormis deux techniciens pour une chose précise. Une enquête est en cours, elle va être longue", explique Olivier Poubelle.

Et maintenant ?

Qu'adviendra-t-il du Bataclan ? "Il est trop tôt pour répondre précisément", a répondu Jules Frutos. "Il est nécessaire de revoir les portes ouvertes. Les équipes veulent une reconstruction, les artistes aussi. On en parle beaucoup. Il y a un désir de Bataclan et de retrouvailles". Mais les dirigeants du Bataclan s'interrogent sur l'avenir. Vont-ils avoir la force de continuer ? Comment réagiront-ils en y retournant ? La réouverture que tout le monde souhaite pourrait se faire dans plusieurs mois. "Nous espérons vivement à la fin 2016", a confié Olivier Poubelle.

Lu dans Le Monde

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !