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Affaire Tapie : selon Stéphane Richard, l'Elysée avait validé l'arbitrage
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Affaire Tapie : selon Stéphane Richard, l'Elysée avait validé l'arbitrage

"Tout le monde était d'accord à l'époque" sur la pertinence de la procédure, a dit à Reuters l'actuel PDG d'Orange, qui doit être entendu le 10 juin par les enquêteurs.

Pour Stéphane Richard, tout est clair. L'actuel PDG d'Orange affirme que le choix d'un arbitrage privé pour régler le litige entre Bernard Tapie et le Crédit Lyonnais en 2008 est le fruit d'un consensus entre les acteurs du dossier avec validation de l'Elysée sous Nicolas Sarkozy. La présidence de la République "ne cachait pas sa préférence" mais "il n'y a eu ni ordre, ni instruction, ni pression particulière", ajoute l'ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde, placée sous statut de témoin assisté sur ce dossier par la Cour de justice de la République.

L'affaire a connu un tournant fin mai avec la mise en examen de Pierre Estoup, l'un des trois juges arbitres qui ont accordé en 2008 403 millions d'euros à l'homme d'affaires, ancien ministre de François Mitterrand. Les déclarations de Stéphane Richard, qui, de par sa position, était en lien avec tous les acteurs de l'époque, pourraient jouer un rôle central dans un dossier que plusieurs dirigeants politiques qualifient désormais "d'affaire d'Etat".

Harlem Désir avait clairement ciblé la semaine dernière Nicolas Sarkozy, après que Christine Lagarde a été placée le 24 mai sous le statut de témoin assisté par la Cour de justice de la République. "Dans quelles conditions a été prise cette décision alors que les services de Bercy y étaient hostiles? Qui l'a imposée ? Qui a décidé de la composition du tribunal? Qui était le chef de bande?", s'est-il interrogé dans Libération. Entendue en 2008 par les députés, l'actuelle directrice générale du FMI avait affirmé avoir pris seule la décision du recours à l'arbitrage, sans intervention de l'Elysée.

Mais Stéphane Richard associe l'Elysée à la décision finale, et explique que son rôle était de vérifier que ce choix reçoive l'aval de l'Elysée, qui avait donné sa préférence. "La décision a été celle de Madame Lagarde validée simultanément par l'Elysée", dit-il. Selon le Canard enchaîné paru mercredi, Stéphane Richard a affirmé que Claude Guéant, alors secrétaire général de l'Elysée, "a donné pour instruction de recourir à un arbitrage" lors d'une réunion en juillet 2007. "Il y a eu un consensus. Il a été confirmé que l'arbitrage était la meilleure solution", dit-il.

L'enquête devra déterminer qui a lancé en premier l'idée d'arbitrage, supposée éviter à l'Etat d'avoir à verser des sommes bien supérieures si Bernard Tapie gagnait son long bras de fer judiciaire avec la banque. Stéphane Richard nuance des propos antérieurs sur le rôle de Jean-François Rocchi. "Il a demandé l'autorisation de mettre à l'étude un arbitrage pour trouver une solution globale et définitive à cet imbroglio juridique depuis quinze ans".

Le PDG d'Orange estime que l'on cherche à monter les protagonistes les uns contre les autres et s'est défendu, la semaine dernière, d'avoir mis en cause l'ancien ministre centriste Jean-Louis Borloo, ancien avocat de Bernard Tapie.

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