"Secret des affaires" : l'amendement de la loi Macron qui entraverait la liberté d'informer | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
"Secret des affaires" : l'amendement de la loi Macron qui entraverait la liberté d'informer
©

Censure

"Secret des affaires" : l'amendement de la loi Macron qui entraverait la liberté d'informer

De nombreux journalistes s'élèvent contre un amendement de la loi Macron sur le "secret des affaires", visant à protéger les entreprises de l'espionnage industriel.

C'est Laurent Richard, rédacteur en chef du magazine "Cash Investigation", diffusé par France 2, qui, le premier, a tiré le signal d'alarme. Depuis, de nombreux médias lui ont emboîté le pas. Dans une interview publiée par le site Internet Pure Médias, mardi 27 janvier, le journaliste dénonce un amendement de la loi Macron, actuellement examinée à l'Assemblée Nationale, qui ferait obstacle à la liberté d'informer.

Dans son collimateur : l'amendement sur le "secret des affaires", jusque-là passé inperçu. Son but affiché est de protéger les entreprises contre l'espionnage industriel. Selon ce texte, le "secret des affaires" recouvre "une information non publique, qui fait l’objet de mesures de protection raisonnables" et qui a "une valeur économique".

Problème : cette loi entraverait le travail des journalistes d'investigation. "On ne peut pas le tolérer, cela va à l'encontre d'une liberté publique fondamentale en France et dans le reste du monde, à savoir la liberté de la presse", s'alarme Laurent Richard. "Avec cet amendement, les journalistes vont se retrouver systématiquement devant un magistrat qui devra estimer s'il est strictement nécessaire de révéler un document ou une information en notre possession", dénonce-t-il.

Selon lui, avec une telle loi, le scandale du Mediator ou encore l'affaire Karachi n'auraient jamais pu être dévoilés au grand public. "C'est une nouvelle forme de censure", proteste le journaliste, qui en réaction, annonce "une mobilisation très large de toute la profession."

Sur Twitter, Emmanuel Macron, ministre de l'économie, a assuré que l'amendement en question "vise uniquement à protéger nos entreprises de l'espionnage économique." "Il n'est pas question de réduire en quoi que ce soit la liberté de la presse", a-t-il ajouté.

Mercredi 28 janvier, une pétition a été lancée par les journalistes d'investigation, relayée sur le site de Mediapart ou sur le Monde.fr, pour s'opposer à l'amendement sur le "secret des affaires", qui, selon eux, "met gravement en péril la liberté d'informer."

Lu sur Pure Medias

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !