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Xavier Breton : "La loi bioéthique ne doit pas se transformer en dumping éthique"
©LOIC VENANCE / AFP

Débat

Xavier Breton : "La loi bioéthique ne doit pas se transformer en dumping éthique"

Les Etats généraux sur la bioéthique se sont achevés avec le rapport du Comité consultatif national d'éthique (CCNE), qui a recueilli les contributions des citoyens pour préparer la future révision des lois de bioéthique. Xavier Breton ,député LR, est à l’origine de la mission d’information parlementaire qui vient d’être créée sur ces sujets.

Xavier Breton

Xavier Breton

Xavier Breton est député Les Républicains de l'Ain et Conseiller régional d'Auvergne-Rhône-Alpes.

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Atlantico : Pourquoi avez-vous souhaité qu’une mission d’information soit créée sur la révision de la loi bioéthique ?

Xavier Breton : Ce travail préparatoire est indispensable pour plusieurs raisons. Ces questions sont complexes, et c’est d’ailleurs ce qui avait motivé la création d’une précédente mission pour préparer la loi de 2011 sur la bioéthique. Les députés avaient travaillé 17 mois, en 2009 et 2010, sur tous les aspects du sujet , techniques, juridiques et éthiques. Par ailleurs l’Assemblée a été profondément renouvelée et compte tenu de l’importance et de la diversité des questions à aborder, une telle mission est d’autant plus nécessaire pour se former et comprendre l’ensemble des enjeux sociétaux. La médecine et la génétique ont évolué depuis 2011, il est impératif de comprendre ces transformations en cours. C’est l’avenir de notre société qui es en jeu, on ne peut pas se contenter de survoler les questions et de participer en pointillé à ces débats.

Que pensez-vous du fait que le sujet de la PMA se soit révélé bien moins consensuel dans la conclusion des états généraux, que ce qu’en disent les sondages ?

Cette absence de consensus montre à quel point il faut se méfier des sondages et les slogans.  On entend toujours les mêmes arguments sur ces sujets, on nous répète que « la France est en retard sur la PMA et la GPA », au motif que d’autres pays l’autorisent, et qu’il ne faudrait pas s’opposer à « l’évolution des moeurs et de la société » ? Ces injonctions culpabilisantes, qui ressemblent fort à du dumping éthique, ne peuvent pas servir d’arguments sérieux, et un gouvernement ne doit pas gouverner avec l’air du temps…Notre objectif, avec cette mission d’information, est précisément de dépasser les clivages idéologiques et les postures pour se forger une connaissance solide des différents sujets, sur tous les champs de la loi. Qu’il s’agisse du diagnostic préimplantatoire (DPI) qui vise à dépister d’éventuelles anomalies chromosomiques ou génétiques afin de sélectionner les embryons indemnes.  Le séquençage du génome des nouveau-nés, les tests génétiques pour les couples souhaitant avoir un enfant , l’intelligence artificielle …tous ces sujets moins « médiatiques » sont pourtant majeurs.

Que pensez-vous des positions exprimées par le gouvernement et par le président sur ces sujets ?

Tout d’abord, on ne peut pas s’appuyer sur la logique du « en même temps » sur ces questions. Emmanuel  Macron est un libéral qui privilégie l’autonomie et la liberté en matière de mœurs, laissant aux individus faire leurs propres choix.  Je ne partage pas cette vision individualiste, qui est souvent liée à l’idée de « progrès » Toutes ces questions ne relèvent pas seulement de la vie privée, mais bien de la collectivité et de choix philosophiques sur ce qui relève de l’intérêt général, et par conséquent du pouvoir politique.

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