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Des médecins et des membres du personnel soignant dans un service dédié aux malades touchés par la Covid-19.
Des médecins et des membres du personnel soignant dans un service dédié aux malades touchés par la Covid-19.
©JOEL SAGET / AFP

Mesures efficaces contre la Covid-19

Vers une 5e vague Covid ? 5 manières de lutter contre un virus à transmission aérienne que nous ignorons toujours largement…

Face au risque d'une cinquième vague, certaines mesures pourraient être adoptées afin de limiter les risques de contaminations et pour freiner la pandémie de Covid-19.

Jérôme Marty

Jérôme Marty

Président de l'Union française pour une médecine libre, Jérôme Marty, est médecin généraliste et gériatre à Fronton, près de Toulouse.

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La qualité des masques utilisés : 

Dr Jérôme Marty : Ce qui est certain c’est qu’on porte le masque pour protéger les autres. En revanche, certains masques, chinois notamment, ne sont pas toujours très efficaces. Ils restent valables uniquement pour une protection collective car leur qualité est souvent très mauvaise. Comme nous le constatons dans certains etablissements qui fournissent les medecins avec ce type de masques, les masques chinois sont moins performants car ils glissent sur le nez et sont moins occlusifs que les masques standards. Dans des environnements particuliers comme les transports en commun, ils restent cependant protecteurs. 

Les masques FFP2 sont valables pour les soignants et en ambiance de soin, lorsqu’il y a un risque de transmission en lieu clos. 

Ouvrir les fenêtres pour renouveler l’air : 

C’est la mesure la plus importante. Le Covid-19 a pour mode de contamination principale l’aérosol. Pour s’en prémunir, il faut donc renouveler l’air pour avoir la charge virale la plus faible possible. On sait que les risques de transmissions sont minimes à l’extérieur. Ouvrir les fenêtres est donc la principale mesure à adopter. C’est pourtant la mesure qui a été le moins mise en avant par le gouvernement et les structures sanitaires depuis le début de la pandémie. Nous avons lancé les alertes à ce sujet dès fin mars 2020. Le gouvernement ne reconnaît la transmission par aérosol qu’en janvier 2021 et Santé publique France en mars 2021. Ils ont mis plus d’un an pour reconnaître le mode de transmission principal. 

Utiliser un filtre à CO2 :

Ces filtres à CO2 vont capter et assainir l’air. La norme sont les filtres HEPA. Ils font partie de la famille des purificateurs d’air. S’ils sont suffisamment efficaces pour retenir les particules virales, ils  rendent l’air sain et évitent d’avoir à ouvrir les fenêtres. 

Utiliser un détecteur de CO2 :

Le détecteur de CO2 va vous donner une valeur par « ppm » (particules par mètre cube) de dioxyde de carbone dans l’air que vous respirez. Il fonctionne par analogie. Si vous avez plusieurs personnes qui respirent dans une pièce fermée, la valeur affichée par le détecteur va inévitablement augmenter. Dès que vous ouvrez les fenêtres, ne serait-ce que quelques minutes, la valeur va diminuer jusqu’au seuil de base qui correspond à la valeur de l’air extérieur, environ 430 ppm. 

Par déduction, si la valeur en CO2 est importante, cela signifie qu’il y a beaucoup de personnes qui « aérosolisent » dans cette pièce. Si l’une de ces personnes est porteuse du virus, cela signifie que tout le monde peut être contaminé. Il faut imaginer cela comme de la fumée de cigarette. Dès que vous ouvrez les fenêtres, la fumée sort et vous respirez donc autant de virus qu’à l’extérieur, c’est à dire pratiquement rien. Le détecteur de CO2 sert donc à visualiser la teneur en dioxyde de carbone dans l’air et donc la concentration potentielle du virus. Peu cher et indispensable, il devrait être systématiquement fourni dans les hôpitaux.

Prendre ses repas de groupe à l’extérieur : 

Le problème des repas, c’est que l’on ne porte plus de masque. À l’extérieur tout va bien car le taux de contamination reste extrêmement faible. En milieu clos en revanche, si plusieurs personnes sont contaminantes, la concentration virale va augmenter rapidement. Au bout d’une heure, il y a donc un risque. Manger en groupe à l’extérieur reste donc la meilleure solution. 

Le vaccin n’est pas la solution unique à la pandémie. L’État pourrait-il inciter davantage à de telles mesures ?

Dr Jérôme Marty : Il pourrait et devrait le faire. Premièrement, en faisant des publicités très simples. Par exemple, en faisant l’analogie entre l’excrétion virale et la fumée de cigarette. Il faut rappeler que le véritable risque de contamination a lieu dans tous les lieux où fumer est interdit. 

Il paraît difficile d’inciter les foyers à se munir de tels dispositifs, voyez-vous d’autres solutions ?

Il faut simplement expliquer et dédramatiser la situation. Le virus circule, il continuera de circuler mais deviendra saisonnier avec des augmentations et des diminutions des contaminations. Comme pour un tremblement de terre, il y a une grosse secousse puis de plus petites répliques. Encore une fois, la meilleure mesure reste d’ouvrir les fenêtres. 

Pensez-vous que la France se dirige vers une 5ème vague épidémique si l’on n'applique pas ces mesures ?

Nous rentrons dans la 5ème vague. Elle sera certainement beaucoup moins importante que les précédentes. Cette 5ème vague sera liée à l’administration d’une 3ème dose de vaccin pour les personnes qui en ont le plus besoin, comme les personnes âgées. Au bout de six mois, leur immunité redescend. Il leur faut donc une 3ème dose, qui est efficace dès le deuxième jour. S’ils ne la font pas, ils vont perdre tous les bénéfices des doses précédentes. Enfin, il faut cibler toutes les personnes qui ne sont pas vaccinées. Reste la question des enfants. Il faut attendre le retour des laboratoires et des agences de santé. À ce moment-là, il faudra peut-être envisager de les vacciner, même si chez l’enfant, il y a très peu de formes sévères. Il y a en revanche des Covid longs, qui présentent des risques de dégâts neurologiques. 

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