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Vers un 3e confinement général ? Évacuons les fausses solutions et posons un choix de société assumé. Solutions alternatives face à la pandémie de Covid-19.
Vers un 3e confinement général ?  Évacuons les fausses solutions et posons un choix de société assumé. Solutions alternatives face à la pandémie de Covid-19.
©Christophe Ena / POOL / AFP

Mesures d'urgence

Vers un 3e confinement général ? Évacuons les fausses solutions et posons un choix de société assumé

Alors que la situation sanitaire est préoccupante en Ile-de-France et que le confinement localisé à Dunkerque et dans les Alpes-Maritimes a été déployé le week-end, beaucoup de questions se posent sur le recours au confinement. Jean-Philippe Dugoin-Clément, Maire (UDI) de Mennecy, Vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France, évoque des solutions alternatives et des propositions innovantes.

Jean-Philippe Dugoin-Clément

Jean-Philippe Dugoin-Clément

Jean-Philippe Dugoin-Clément est Maire (UDI) de Mennecy, Vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France.

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Le 16 mars 2020, le Président de la République annonçait le premier confinement de la population française, dès le lendemain. Un an plus tard, rien n’a changé. Bien que tout soit fait pour retarder au maximum un 3e confinement, celui-ci semble à nouveau inéluctable. Après les Alpes Maritimes et Dunkerque, à qui le tour ? Toute la France sera-t-elle une nouvelle fois reconfinée ? La posture du Président de la République nous interroge au moins sur trois points :

Quand tirerons-nous les leçons des précédents échecs ?

Près d’un an après la décision du 16 mars 2020, la situation n’a pas évolué dans notre pays. Le nombre de décès quotidiens de la Covid est finalement tout aussi préoccupant qu’au moment du premier confinement.

Quand mettrons-nous un terme à une politique qui s’avère inefficace dans la durée et dont les effets secondaires seront peut-être encore plus graves que le problème initial ?

  • une situation économique qui risque de nous placer dans un pire état que si nous avions eu à subir une guerre mondiale ;
  • des conséquences psychologiques et psychiatriques dont peu de personnes parlent aujourd’hui mais qui vont être gravissimes pour l’ensemble de la population tous âges confondus ;
  • des conséquences sanitaires terribles du fait de malades - hors cas Covid - qui ne peuvent plus se faire soigner et de nombreuses déprogrammations d’examens privant de nombreuses personnes de diagnostics parfois vitaux. Une véritable bombe sanitaire est en gestation.

Le confinement n’est socialement acceptable que si les Français ont le sentiment d’avoir un gouvernement qui fait tout pour les protéger et les sortir rapidement de cette situation d’emprisonnement. A défaut, le risque de désobéissance civile, voire de révolte sociale est réel, comme on l’a vu ces derniers jours aux Pays-Bas. En tant qu’élu local, je sens cette colère qui couve.

Pour éviter cette explosion sociale, il y a urgence à stopper la « surcommunication » fondée sur une réalité virtuelle, vue depuis des ministères parisiens. Il y a urgence à obtenir des résultats perceptibles sur le terrain, dans notre vie quotidienne, c’est-à-dire la preuve par les actes. Cela suppose une réelle transparence et de donner une vision pour l’avenir, notamment à notre jeunesse, ce qui n’est pas le cas dans notre pays, vu le rythme actuel des vaccinations - qui est finalement le résultat d’une impréparation logistique totale de la part d’un État qui n’est plus dirigé.

Si la Covid mute chaque année, notre gouvernement compte-t-il sérieusement tuer économiquement, socialement et psychiquement les Français en leur infligeant trois confinements par an pour les 10 ou 20 années qui viennent plutôt que de réfléchir à l’adaptation de nos modes de vie pour vivre malgré la maladie ?

Au lieu de confiner à nouveau, il est urgent de faire ou d’enclencher ce qui n’a pas été fait depuis un an :

1. Renforcer et remettre à niveau notre système de santé et de soins hospitaliers affaibli depuis des décennies par les gouvernements successifs privilégiant une logique comptable à une recherche d’efficacité sanitaire. Le Ségur de la santé en est le triste exemple. Nous le devons à nos soignants, qui ont été en première ligne depuis le début de cette crise pour nous protéger. N’ajoutons pas à l’épuisement, à la détresse psychologique, une crise des vocations.

2. Revoir en profondeur le fonctionnement des ARS, créées en 2010, qui ont prouvé leur impuissance face à la crise sanitaire. Elles sont devenues des structures coûteuses, qui complexifient et gélifient là où il faudrait être fluide et agile. 

3. Amorcer une nouvelle stratégie pour notre industrie pharmaceutique afin d’être réactifs et souverains en période de crise sanitaire. Notre pays a su conserver une industrie de l’armement, nous devons aussi soutenir nos fleurons français pour éviter que notre système de santé ne dépende de l’étranger. La puissance publique doit réinvestir d’urgence ce champ si nous voulons éviter que des laboratoires étrangers décident à notre place. Comme c’est le cas avec Pfizer et le nombre de doses livrées/facturées à un Etat.  

4. Rendre des comptes. Il n’est plus tolérable qu’une administration d’État défaillante ne rende pas de comptes. Elle a constamment été, depuis l’apparition du virus en France, incapable d’apporter des réponses sanitaires satisfaisantes, de préparer des chaînes logistiques adaptées, de prendre des mesures cohérentes, de travailler en concertation avec les élus locaux. Le tout avec la bénédiction d’un chef d’Etat semblant perdu en haute mer, éloigné des réalités du terrain, qui n’a jamais pris ses responsabilités en sanctionnant ceux qui s’avèrent ineptes à mener les missions qui sont les leurs.

5. Accepter l’idée que le risque zéro n’existe pas et n’existera jamais.

Et donc adapter notre système pour une plus grande résilience - à l’image de ce que les Français ont su faire - lui permettant de fonctionner comme cela avait été fait à l’été 2020. Nous devons désormais apprendre à vivre avec ce virus sauf à expliquer à nos concitoyens que dans 10 ans peut-être, ils ne pourront toujours pas aller au restaurant, au cinéma, au musée, au théâtre, assister à un match de rugby, pratiquer du sport et que ces pans entiers de l’activité économique et sociale sont désormais bannis…

Nous devons assumer aujourd’hui un choix de société. Arrêter toute vie sociale pour préserver notre santé peut se justifier sur le court terme mais n’est en aucun cas une solution de long terme. Dans un an, serons-nous encore confrontés au même choix ?

Jean-Philippe Dugoin-Clément

Maire (UDI) de Mennecy, Vice-président du Conseil régional d’Ile-de-France

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