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Nos champions hésitent, par exemple, entre assimiler et intégrer. C’est à ce moment qu’ils ont perdu tout le monde. Le seul qui n’était plus, à ce moment de la soirée, ni intégré, ni assimilé, c’était le spectateur.
Nos champions hésitent, par exemple, entre assimiler et intégrer. C’est à ce moment qu’ils ont perdu tout le monde. Le seul qui n’était plus, à ce moment de la soirée, ni intégré, ni assimilé, c’était le spectateur.
©Capture d'écran TF1

Les entrepreneurs parlent aux Français

Une primaire bien primaire

En France, il y a les Français qui croient en ce pays et les autres, qui veulent le détruire, et rient de sa faiblesse, c’est vrai, mais crachent sur ses valeurs. Il n’y a pas d’identité heureuse, il y a ou non une promesse d’avenir, dans un projet de société, qu’aucun candidat, ne dessine.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Nous avons eu le droit à la première étape des radio-crochets, version républicaine. Des candidats en rang d’oignon, si ce n’est que les oignons, au moins, sont utiles pour relever les plats. Mais ceux-là n’ont pas relevé grand chose. Nous avons parlé de sujets défensifs, de batailles de derrière la ligne Maginot, sans perspective sur le monde réel, celui que vous et moi vivons au quotidien, mais qu’ils ne peuvent plus connaître.

Avec des ennemis pareils, Hollande n’a pas besoin d’ennemis !

Nous éviterons aujourd'hui de parler des hommes eux-mêmes, bien qu’il y aurait beaucoup à dire sur les pupilles inquiétantes de Bruno Le Maire, la raideur mortelle de Sarkozy, le sourire mécanisé de Juppé l’ancien, la belle robe pourpre de NKM, l’air de crooner de Fillon, qui pensait confondre club de Jazz et primaires politiques. Copé dans le rôle du faucon noir, jouant la croûte du Brie de Meaux. La seule personnalité surprenante, pour 99% des Français qui ne l’avaient jamais vu avant, était M. Poisson. A l’aise dans le rôle de celui qui n’a rien à perdre, flottant dans son bocal médiatique, le seul porteur d’un costume clair au pays des costumes de croque-mort. Il était le débonnaire du terroir de la soirée. Un peu de fraîcheur, mais pas non plus de quoi tomber en pamoison.

Nos champions hésitent, par exemple, entre assimiler et intégrer. C’est à ce moment qu’ils ont perdu tout le monde. Le seul qui n’était plus, à ce moment de la soirée, ni intégré, ni assimilé, c’était le spectateur. Vous et moi. Perdu ! Le débat sur l’identité heureuse ou malheureuse n’a pas plus convaincu. En France, il y a les Français qui croient en ce pays et les autres, qui veulent le détruire, et rient de sa faiblesse, c’est vrai, mais crachent sur ses valeurs. Il n’y a pas d’identité heureuse, il y a ou non une promesse d’avenir, dans un projet de société, qu’aucun candidat, ne dessine. Ni à gauche, ni à droite. Peut-être que nous devons attendre un candidat qui soit au dessus de ce cloaque ?

Ils hésitent entre 80 et 100 milliards d’économie. A l’unisson. Au moins, même si c’est dans l’erreur, ils sont au moins d’une belle cohérence. On ne sait pas encore bien comment se feront ces économies, et à quoi elles serviront vraiment, mais il faut les faire. C’est le nouveau dogme. C’est ainsi qu’il faut penser.  Le nouvel étalon mesure. Au delà et en deçà, rien n’a de valeur. Alors, quelques esprits chagrins pourraient préférer un plan offensif, un projet construit, une proposition de destin pour la France, le dessin d’une ambition retrouvée, un plan d’attaque pour remporter des victoires, dont celle du digital. Mais non. Au rayon Républicain, cette année, nous n’avons que des offres de défenseurs, de la résignation, mais active. On avance, mais en reculant. Gainsbourg disait dans sa parodie de la Marseillaise « Combats avec des défenseurs ! »

Le pire est à venir. Les rumeurs s’amplifient, qui indiquent que face à la victoire de Juppé, l’ancien, l’ancien Président lui songerait à se présenter en dehors des Républicains. Avoir été battu par le camp adverse était déjà un affront violent pour un ego de la taille de la Tour Eiffel, mais perdre contre le sien est au delà de ses forces, encore vives. Il fera perdre Juppé plutôt que de perdre contre son parti. C’est un parti... pris ! Nous aurions dans ce scénario un Hollande qui remonterait en flèche au jeu de la courte paille, qui désignera, en 2017, le futur président, qui n’aura jamais été élu par moins de monde.

Il lui suffirait d’obtenir le soutien d’un ancien ami devenu indépendant, pour remporter l’élection prochaine et donner à notre pays le bonheur d’un autre quinquennat de l’indécision, du compromis mou, de la reculade. La France du recul, comme celle de la Manif pour Tous et ses petits drapeaux. La France est en marche arrière, car privée d’une raison de préférer la marche avant. Faute de vision les français préfèrent une identité malheureuse et rétrécie. Faut de penser qu’ils ont leur place dans l’avenir, ils se murent dans le passé.

Mais les Américains, les Allemands, en font autant. Un mur pour se protéger des autres, ceux qui représentent la menace, ceux qui pourraient prendre le peu qui reste de nos acquis, au lieu de se voir proposer un avenir où chacun aurait, à nouveau, sa place. Ce qui demandera des efforts, une régulation pour se jouer des excès, mais pourrait faire de la France un nouvel eldorado, nous offrir une Renaissance, un renouveau mérité, par le talents des Français.

Nous sommes pauvres de notre classe politique, et riches de notre société civile. Il est tant que la seconde vienne au secours de la première, et que les entrepreneurs y prennent une place de choix. Des femmes et des hommes pour qui seul la mesure du succès compte, pour qui la parole n’est utile que lorsqu'elle est corroborée par la réalité. Pour qui, enfin, la victoire n’est pas une vue de l’esprit mais une réalité quotidienne, une obsession utile à tous. Allons y ?

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