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Un centre de dépistage au sein de l'aéroport de Bordeaux en pleine pandémie de Covid-19.
Un centre de dépistage au sein de l'aéroport de Bordeaux en pleine pandémie de Covid-19.
©PHILIPPE LOPEZ / AFP

Conseils pour un été serein

Tout ce qu’il faut savoir pour organiser un été sous la menace d’une nouvelle vague Covid

Alors que la hausse des contaminations se poursuit dans le cadre de la septième vague, l'été sera-t-il gâché par le Covid ? Des solutions existent pourtant pour passer un été relativement serein face à la menace de la pandémie.

Morgan Bourven

Morgan Bourven

Morgan Bourven est journaliste pour le magazine Que choisir.  Il a également un blog de voyages.

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Antoine Flahault

Antoine Flahault

 Antoine Flahault, est médecin, épidémiologiste, professeur de santé publique, directeur de l’Institut de Santé Globale, à la Faculté de Médecine de l’Université de Genève. Il a fondé et dirigé l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (Rennes, France), a été co-directeur du Centre Virchow-Villermé à la Faculté de Médecine de l’Université de Paris, à l’Hôtel-Dieu. Il est membre correspondant de l’Académie Nationale de Médecine. 

 

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Atlantico : Alors que les précédents étés depuis le début de la pandémie coïncidaient avec une accalmie du Covid, cet été semble être celui d’une nouvelle vague. Que faut-il savoir de cette nouvelle vague pour anticiper au mieux son été ?

Antoine Flahault : En réalité, l’été dernier a été le moment du démarrage de la première vague due au variant Delta. Le gouvernement français avait alors réagi en instituant un usage étendu du pass sanitaire en août 2021, et le masque est resté obligatoire en lieu clos tout l’été. Cet été 2022 sera donc pour l’Europe de l’Ouest celui d’une vague BA.5 d’Omicron, un sous-variant très transmissible qui, sans être grave pour la plupart des adultes triplement vaccinés, entraîne fréquemment des formes cliniques assez symptomatiques. Deux ou trois jours après la contamination, les personnes infectées présentent alors une fièvre parfois élevée, plus généralement de 38-38,5 degrés, une fatigue intense, de la toux, des maux de gorge, et parfois à nouveau la perte du goût ou de l’odorat. Elles gardent le lit quelques jours sans grand appétit puis remontent la pente graduellement et spontanément. Les complications, notamment l’insuffisance respiratoire aiguë sont très rares et peuvent alors conduire à l’hôpital pour une prise en charge spécialisée.

Comment faire pour passer un été relativement serein vis-à-vis du Covid ?

Antoine Flahault : Les adultes jeunes et en bonne santé risquent certes très peu les complications sévères s’ils sont bien vaccinés, c’est à dire avec trois doses. Ils peuvent néanmoins ne pas vouloir être cloués au lit une semaine à la veille ou pendant leurs vacances. Par ailleurs certains voudront limiter les risques de Covid longs qui peuvent survenir chez tout le monde. Ceux-là porteront un masque FFP2 en lieux clos, et dans les transports publics et s’isoleront de leurs proches pendant une semaine lorsqu’un de la tribu sera atteint.

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Les personnes âgées, beaucoup plus vulnérables vis-à-vis des complications graves, n’oublieront pas de prendre leur quatrième dose vaccinale, limiteront les contacts non protégés, préfèreront les interactions sociales à l’extérieur en l’absence de canicule, et se feront tester au moindre symptôme, pour se voir administrer par leur médecin du Paxlovid ou du Remdesivir en cas de positivité, justement pour éviter le passage à une forme grave.

Y-a-t-il des comportements à adopter pour être prudent ? Des bonnes habitudes à reprendre ? D’autres à éviter ?

Antoine Flahault : La contagion par le coronavirus n’est pas une fatalité, on peut considérablement réduire les risques de contamination par des comportements précautionneux. Être à jour de sa vaccination contre le Covid, ventiler efficacement les lieux clos dans lesquels on porte un masque FFP2, privilégier les repas à l’extérieur, porter un masque FFP2 dans les transports en évitant de manger durant le trajet, s’autotester facilement avant un repas familial ou entre amis ou au moindre symptôme, s’isoler des personnes positives. Tout cela est faisable et finalement bien peu réducteur de libertés.

Comment préparer un été relativement serein vis-à-vis du Covid sur le plan des vacances ?

Morgan Bourven : Le professeur Flahault étant épidémiologiste, il saura mieux décrire que moi les meilleurs conseils pour passer un été sans-covid, que ce soit en France ou à l'étranger. Mais du point de vue des voyages, le premier moyen de se préparer est de se faire vacciner : d'une part, car c'est la meilleure façon de se protéger, mais de manière plus prosaïque car cela vous facilitera grandement les vacances : des pays sont entièrement fermés aux non-vaccinés (Etats-Unis, Canada, Australie, Brésil ; d'autres leur imposent des quarantaines ; certains enfin ont mis en place des mesures au quotidien qui compliquent la vie des non-vaccinés, comme le Chili où il faut un passe de mobilité pour prendre les transports en commun, qu'il n'est possible d'obtenir que si vous êtes vacciné.

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L’été est aussi la saison des festivals et autres rassemblements. Est-ce qu’il y a certains endroits à éviter ou bien des endroits où redoubler de prudence ? A l’inverse, certaines destinations, ou pratiques sont-elles, a priori, sûres ?

Antoine Flahault : L’erreur est de penser que la pandémie serait terminée. Elle ne l’est pas. On prend parfois les messagers pour des oiseaux de mauvais augure mais le virus est plus pénible que l’épidémiologiste ! On peut tout à fait décider de vivre et profiter de ses vacances en prenant un minimum de précautions. Franchement mettre un masque dans un théâtre ou un cinéma n’est pas la mer à boire. On peut aussi prendre un TGV et s’abstenir d’enlever son masque FFP2 pendant trois heures. Les festivals n’ajoutent pas grand risque supplémentaire. On gardera le masque FFP2 en lieux clos. En cas de très forte affluence extérieure, s’il est difficile de rester à plus d’un mètre de ses voisins, on peut remettre le masque par prudence. Les personnels soignants se sont peu contaminés au travail en portant des masques FFP2, c’est pourquoi on peut les recommander à tous ceux qui veulent minimiser les risques de contagion. S’ils devaient malgré tout être contaminés, le port du masque en réduisant la dose virale infectante, les protègera davantage des complications et des Covid longs.

Toutes les destinations qui favoriseront les interactions sociales à l’extérieur seront à moindre risque. Les grandes fêtes et les rassemblements familiaux en intérieur seront à plus haut risque, surtout si l’on mange et boit car alors on m’enlève forcément son masque. D’une façon générale, se retrouver avec des personnes rejetant toute forme de protection place le groupe dans un environnement plus à risque. Chacun peut penser ce qu’il veut sur le sujet, mais l’été sera plus serein si vous avez a priori déminé le terrain. Choisissez cependant vos combats, dites-vous bien que la vaccination à l’heure actuelle n’a rien de véritablement altruiste. Puisqu’elle ne protège pas de la transmission du virus, vous ne protégez pas les autres en étant vaccinés, mais vous vous protégez vous-mêmes contre les formes graves si vous contractez le virus. Si ceux avec qui vous partagez vos vacances se moquent des formes graves ou du Covid long, que pouvez-vous y faire ? Mais ils ne vous mettent pas en danger par leur non vaccination. En revanche, le port du masque est un geste altruiste, car il vous protège et protège les autres. Si tous ont le masque, le risque de contaminations est plus faible que si vous êtes seul à le porter. De même, souhaiter déjeuner en terrasse le soir, quitte à mettre un pull et faire quelques mètres de plus pour aller en cuisine, cela aussi est une attitude altruiste. Elle vous protège et protège le groupe. Tout comme l’ouverture des fenêtres ou encore l’attention portée à la mesure de la concentration de CO2 dans les pièces de vie.

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Que ce soit pour ses billets d'avion, de train, ou ses réservations de vacances. Comment s'assurer au mieux pour ne pas connaître de double peine en cas de COVID qui empêcherait de partir ?

Morgan Bourven : C'est vrai que depuis deux ans, la probabilité de voir ses vacances annulées est beaucoup moins anecdotique qu'auparavant... Une aubaine pour les assureurs voyages, qui m'expliquaient récemment avoir des niveaux d'activité supérieurs à ceux de 2019, du fait de l'inquiétude des Français de ne pas pouvoir partir parce qu'ils seraient malades ou simplement cas contacts. Alors qu'auparavant, le risque pandémique était exclu de la plupart des contrats, ils ont désormais été intégrés : cela vaut donc la peine de souscrire en cas de voyage onéreux à l'étranger. Surtout que les assurances incluses dans les cartes bancaires ne couvrent pas le risque Covid.

Côtés réservations, commençons par une bonne nouvelle : la SNCF a rendu ses billets échangeables et remboursables sans frais jusqu'à 3 jours inclus avant la date de départ, même pour les premiers prix. C'est bien mieux que la situation pré-Covid où les échanges étaient payants et les remboursements parfois impossibles...

Pour les compagnies aériennes, les modalités de modification et d'annulation de votre voyage dépendent des conditions tarifaires de votre billet. Certaines compagnies ont fait des efforts à ce sujet – chez Air France, le report du voyage était possible sans frais pour tous les types de billets jusqu'au 29 juin dernier – mais reviennent peu à peu à des conditions plus drastiques. Veillez donc à vérifier au moment de réserver les conditions de votre billet.

Ce conseil est valable aussi pour les autres réservations : hôtels, location de vacances, resort... En général, les sociétés permettent le report du séjour sans frais, ou le remboursement, mais cela dépend de leurs conditions générales de vente. Globalement, après deux ans de pandémie, le Covid n'est plus considéré comme une « circonstance extraordinaire » donc la situation revient progressivement à ce qu'elle était pré-pandémie.

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Quelles sont les astuces à garder en tête et les erreurs à éviter ?

Morgan Bourven : La principale erreur, au moment de planifier vos vacances, serait de ne pas vérifier les conditions d'entrées dans le pays (elles sont détaillées sur le site diplomatie.gouv.fr) C'était déjà le cas avant, bien sûr, avec notamment les obligations de visa dans certains pays, mais c'est d'autant plus le cas maintenant que certains pays ont ajouté des obligations liées au Covid-19 : vaccination complète, test-PCR, quarantaine... De nombreux pays ont aussi mis en place des formulaires pour suivre les voyageurs, qu'il faut remplir avant le départ. Attention aussi aux escales : selon les pays de transit, les tests peuvent rester requis en raison de l’itinéraire.

Autre changement, alors que l’assurance voyage était jusqu’ici optionnelle dans la très grande majorité des pays (seules quelques destinations comme l’Algérie, la Chine, Cuba ou la Russie l’imposaient), l’obligation d’en posséder une n’est désormais plus une exception car une quarantaine de pays la demandent et réclament qu'elle mentionne bien que les frais liés à une contamination au Covid-19 (frais de santé, hospitalisation, rapatriement…) soient couverts. Ce n’est pas le cas de tous les contrats, vérifiez donc bien ce que mentionne votre attestation.

Enfin, un conseil simple mais qui pourrait être très utile : ayez toujours sur vous un masque chirurgical ET un masque FFP2 en rab'. Cela vous évitera de rester coincer à un endroit si on vous le demande : par exemple, à Berlin, il est obligatoire dans les transports en commun. Là aussi, les consignes changent souvent, il vaut donc mieux toujours en avoir un au cas où.

Pour réduire le risque de contaminations pendant votre séjour, les règles suivantes sont utiles à garder en tête :

- voyagez dans un véhicule privé avec uniquement des membres de votre famille immédiate ou des personnes entièrement vaccinées.
- si vous devez voyager en avion, essayez de prendre un vol sans escale, et allez directement à la porte d'embarquement
- évitez les voyages en bus sur de longues distances et les croisières
- préférez une maison privée à louer plutôt que des logements collectifs comme les hôtels
- préférez les plats à emporter ou les repas à domicile aux restaurants ou aux buffets en libre-service

Y a-t-il des conseils de destination, ou de sites, qui seraient des bons plans cet été en raison du COVID ?

Morgan Bourven : Selon le site de l'Organisation mondiale de la Santé, seuls 5 pays ou territoires n'ont officiellement déclaré aucun cas de Covid. La Corée du Nord, l'archipel de Tokelau, l'île de Sainte-Hélène, les îles Pitcairn et le Turkménistan. En réalité, ils ne sont que trois, car le Turkménistan et la Corée du Nord ne déclarent simplement pas les cas : le mot Covid est tabou au Turkménistan, et le gouvernement nord-coréen ne parle que de « fièvres », qui auraient touché 4,7 millions de personnes. Le choix de destinations sans Covid est donc assez limité (sachant qu'en plus, certaines de ces destinations sont fermées aux touristes depuis le début de la pandémie, comme Tokelau et la Corée du nord). Mais de toute façon, après deux ans sans trop voyager, rares sont les Français qui vont choisir leur lieu de villégiature en fonction des indicateurs sanitaires, non ?

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