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Taux de profit à 16 800% : l’héroïne, la drogue la plus rentable de la planète
©CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Bonnes feuilles

Taux de profit à 16 800% : l’héroïne, la drogue la plus rentable de la planète

Xavier Raufer publie "Le crime mondialisé" aux éditions du Cerf. Fraudes, détournements, meurtres, trafics : en statistiques, tableaux, chronologies, mais aussi récits, c'est la face cachée et noire de la mondialisation. Ce livre-événement donne aux lecteurs les clés pour participer au débat public sur la sécurité internationale et pour comprendre enfin le monde dans lequel nous vivons. Extrait 1/2.

Xavier Raufer

Xavier Raufer

Xavier Raufer est un criminologue français, directeur des études au Département de recherches sur les menaces criminelles contemporaines à l'Université Paris II, et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet. Dernier en date:  La criminalité organisée dans le chaos mondial : mafias, triades, cartels, clans. Il est directeur d'études, pôle sécurité-défense-criminologie du Conservatoire National des Arts et Métiers. 

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Quelle drogue est la plus rentable ?

De la production dans la jungle, au prix de détail pour le consommateur, la marge, ou taux de profit, de la vente de l’héroïne est environ de 16 800%. 

Qui dirige Cosa Nostra ? 

Les experts de la lutte antimafia s’interrogent sur la succession de Toto Riina, décédé le 17 novembre 2017, comme chef suprême de Cosa Nostra. L’actuel grand boss encore en liberté est Matteo Messina Denaro, mais malgré sa grande influence, il ne vient pas de Palerme, le cœur du pouvoir mafieux, mais de la région de Trapani, à l’ouest de la Sicile. Une liste de puissants parrains, de Palerme, a donc été établie pour tenter d’identifier le futur grand chef de la Mafia sicilienne. Le principal candidat à ce poste serait Stefano Fidanzati, né en 1948, sorti de prison le 23 janvier dernier après un an et 4 mois de prison pour extorsion. Frère de Gaetano Fidanzati, capo du quartier de l’Arenella, décédé à Milan en 2013 à 78 ans, Stefano Fidanzati jouit de la confiance des clans calabrais de Reggio de Calabre, des principaux clans de la Camorra et dispose aussi de contacts dans la pègre romaine et des clans des Pouilles. 

Un autre chef pourrait être Cosimo Vernengo, né en 1966, libéré en 2014 (il a fait un autre court séjour en prison de novembre à décembre 2017). Fils du boss Pietro Vernengo (chimiste de l’héroïne), il entretien d’excellents contacts avec la Mafia italo-américaine. 

Autre candidat : Salvatore Giuseppe Raccuglia, sorti de prison et mis aux arrêts domiciliaires depuis le 23 janvier 2018. Né en 1959, caïd de la Famille d’Altofonte, il avait été incarcéré pendant 2 ans et 9 mois pour avoir aidé à fuir son cousin, Domenico Raccuglia, arrêté en 2009 et considéré comme le principal capo de Palerme. 

Dernier candidat possible : Antonino « Scintilluni » Lauricella, né en 1954 et sorti de prison en novembre 2017 après condamnation à 7 ans et demi de prison pour extorsion. Considéré comme le chef du racket à Palerme-centre, « Nino il Bello » était en fuite depuis le 3 octobre 2005, mais avait été arrêté en septembre 2011. 

Eléments biographiques :

Gaetano Fidanzati, né en 1935, est un capo historique de Cosa Nostra, parrain du quartier de l’Arenella à Palerme. « Don Tano » a été impliqué dans la disparition (et le meurtre) du journaliste Mauro De Mauro en 1970. Fidanzati était vu par la DEA comme un des pionniers de l’échange cocaïne contre héroïne avec les cartels colombiens. Il a d’ailleurs été condamné par défaut à 12 ans de prison pour trafic de drogue lors du « maxi-procès » de 1987. En février 1990, le parrain est arrêté en Argentine et condamné sur place à 3 ans de prison pour faux papiers. Fidanzati est extradé vers l’Italie en avril 1993 et sort  de prison en 2006. Dans les années 1980, le Boss venait en France où il aurait investi. En 1981 et 1989, « Don Tano » aurait participé à Nice à des réunions mafieuses avec d’autres entités criminelles. Il est soupçonné d’avoir réorganisé Cosa Nostra à Palerme et a échappé à l’opération « Perseo ». Il est aussi impliqué dans le meurtre d’un trafiquant de drogue en 2008, tué pour avoir « manqué de respect » à sa fille. Il a été arrêté à Milan en décembre 2009 et est décédé en octobre 2013 dans un hôpital milanais où il se trouvait aux arrêts domiciliaires. 

Pour l’antimafia, Domenico Raccuglia (« le Vétérinaire », né en 1964, en fuite depuis 1994) était le chef suprême de Cosa Nostra depuis la capture de Salvatore Lo Piccolo en novembre 2007. Proche des Corléonais, vu comme homme de tradition, Raccuglia (capo d’Altofonte, près de Palerme) a renforcé son pouvoir sur Palerme en s’alliant avec Gianni Nicchi (né en 1981, capo du mandamento de Pagliarelli). Raccuglia s’est aussi rapproché des « Américains », clans perdants de la « Grande Guerre de la Mafia » du début des années 80, ayant fui la Sicile pour éviter la vindicte des Corléonais. Domenico « Mimmo » Raccuglia a été condamné à plusieurs peines à perpétuité pour homicides, notamment celui de Giuseppe Di Matteo, fils d’un repenti. Ce garçon de 11 ans avait été enlevé, séquestré 779 jours puis étranglé et dissous dans l’acide. 

Qui est fiché ? 

Dans le deuxième rapport de la commission nationale de contrôle des techniques de renseignement, on apprend le nombre de gens surveillés en France en 2017 : 21 386 individus. Dont : 9 157 (43%), préventions du terrorisme, et 5 528 (26%) crime organisé. Le reste ?   

Extrait du livre de Xavier Raufer, "Le crime mondialisé, état des lieux en 99 vérités", publié aux éditions du Cerf.

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