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©LIONEL BONAVENTURE / AFP

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Stéphane Sitbon Gomez, Laurent Guimier et Laurence Mayerfeld : chez France Télévisions, les fidèles de Delphine Ernotte prennent du galon

L’information n’aura échappé à personne. Le 22 juillet, Delphine Ernotte a été reconduite pour un second mandat à la tête de France Télévisions face à son principal adversaire, Christopher Baldelli. Une reconduction historique, la première depuis la création du groupe.

Etienne Rateau

Etienne Rateau

Etienne Rateau est le pseudonyme d’un fin connaisseur des dessous de l’audiovisuel français.

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Pour son deuxième mandat, Delphine Ernotte réorganise France Télévisions en s’appuyant sur les ressources internes. 

Stéphane Sitbon Gomez, ancien chef de cabinet de la Présidente, vient d’être nommé à la direction générale du groupe. La direction de l’information est quant à elle confiée à Laurent Guimier. Côté relations sociales, les ressources humaines sont déléguées à Laurence Mayerfeld, l’ancienne directrice du réseau régional de France 3. Ces cadres, déjà bien installés à France TV, ont vocation à devenir les acteurs incontournables de la gouvernance Ernotte. La patronne de France TV semble avoir tiré les leçons des quelques errements de ses débuts de premier mandat, marqués par des castings extérieurs parfois hasardeux. Et fait le choix de capitaliser sur l’existant, où l’expérience est d’ores et déjà très présente.

Stéphane Sitbon : le jeune Dircab devenu DG

Stéphane Sitbon Gomez n’a que 33 ans. Mais, déjà, une longue expérience au sein de l’audiovisuel public. C’est en effet en 2015, alors seulement âgé de 27 ans, qu’il prend la direction du cabinet de Delphine Ernotte. Avant cela, quelques expériences politiques chez les écolos, chose parfaitement classique pour un jeune de Sciences Po, l’ont conduit en cabinet ministériel. À l’époque, la nomination de Sitbon Gomez à un poste créé ad hoc avait fait grincer quelques dents, parmi les vieilles huiles de l’audiovisuel public. Certains s’inquiétant de la nomination d’un jeune homme inexpérimenté à un poste in fine hautement stratégique, car dans une proximité immédiate avec la Présidente.

Cinq ans après, l’heure du premier bilan a sonné pour Stéphane Sitbon Gomez, devenu l’un des acteurs phares de l’audiovisuel public. Pas le plus connu, certes. Assez peu médiatique, sûrement. Mais, en coulisse, il s’est imposé comme l’un rouages de la transformation du groupe. Stéphane Sitbon Gomez a notamment conduit, sous la direction de Delphine Ernotte, la transition numérique de France Télévisions. Un impératif pour un secteur audiovisuel public ébranlé par l’arrivée des plateformes de streaming, dont les tarifs agressifs et les moyens financiers illimités représentent une menace vitale pour les acteurs historiques.

Le projet Salto, plateforme de streaming vidéo à la demande née de l’union des concurrents TF1, M6 et France TV contre les géants américains, lui est largement imputé. Entre avril et juin 2018, six semaines de négociation ont suffi pour lancer le projet, autour de Stéphane Sitbon Gomez pour France Télévisions, Thomas Follin pour M6 et Christine Bellin pour TF1. Malgré les tracasseries administratives, l’autorité de la concurrence a fini par accorder son autorisation en août 2019. Le lancement grand public du programme est prévu pour octobre prochain. Les prochains mois diront si les résultats ont été à la hauteur des espérances.

En parallèle de son job de Directeur de cabinet et de son engagement en faveur de Salto, Stéphane Sitbon a multiplié les casquettes, prenant la tête de France TV Studio, l’organisme dédié à la production audiovisuelle du groupe, ou se mêlant des relations sociales avec les producteurs. Un sujet hautement épineux dans un secteur où les moyens financiers manquent. 

Laurent Guimier : l’expérience du terrain

Laurent Guimier prend donc la tête de la direction de l’information. Un poste, là encore, hautement stratégique, dont il connaît les contraintes : l’obligation, notamment, de manœuvrer avec les sensibilités, parfois exacerbées, des animateurs et journalistes. Surtout, Laurent Guimier devrait apporter son expérience à Delphine Ernotte et sa très fine connaissance des réalités du terrain.

C’est dans le monde de la radio qu’il a fourbi ses armes. Il a, pendant 20 ans, enchainé les fonctions chez Europe 1, de simple reporter à directeur de rédaction, en passant par animateur ou correspondant local. C’est en 2014 qu’il rejoint le secteur de l’audiovisuel public, en devenant pendant 3 ans directeur de la chaîne radio France Info. Une période charnière alors que se réalisait la synergie entre la chaîne TV et radio pour faire face à l’ultra-concurrence des chaînes privées d’information en continu. Puis direction la maison-mère, Radio-France, où il occupe le poste de directeur délégué aux antennes et au contenu entre 2017 et 2018. Avant un retour éphémère chez Europe 1, en tant que vice-président. Incapable de redresser les audiences d’une radio à la dérive, il finira par retourner chez France Info, côté chaîne de télé cette fois. Laurent Guimier devrait être en capacité de compter sur son expérience de journaliste de terrain pour faciliter la relation avec les équipes du groupe. À l’heure des synergies radio - télé - numérique, son parcours pourrait être un atout réel pour Delphine Ernotte.

 Laurence Mayerfeld : Une DRH des territoires

Finissons ce tour des cadres par Laurence Mayerfeld, nouvelle directrice des ressources humaines du groupe. Après près de 11 ans passés chez France Télévisions, au sein des rédactions régionales, Laurence Mayerfeld connaît très bien la maison. Et pas seulement en métropole. Entre 2001 et 2010, elle a occupé plusieurs postes de direction au sein du Réseau France Outremer (RFO), posant ses valises entre le siège de Malakoff, Mayotte ou encore Saint-Pierre et Miquelon. Cette nomination était pour le moins inattendue, car Laurence Mayerfeld ne vient pas du monde des ressources humaines, mais n’en demeure pas moins stratégique. Laurence Mayerfeld n’est en effet pas seulement connue pour son tempérament d’acier. Ses expériences dans les territoires lui ont permis de tisser des liens étroits avec les acteurs syndicaux, qui l’apprécient et lui accordent une confiance réelle. Surtout, elle est connue pour apprécier le dialogue social. Un atout à l’aube d’éventuelles transformations stratégiques internes. Une chance dans un secteur où les relations entre les partenaires sociaux et la direction générale peuvent être éminemment tendues.

Ces premières nominations montrent que Delphine Ernotte cherche à s’appuyer sur l’expérience d’une équipe de fidèles pour mener à bien les chantiers entamés lors de son premier quinquennat. La patronne de France Télévisions, chose salutaire, semble désormais convaincue que les meilleures ressources ne sont pas nécessairement à aller chercher très loin, mais se trouvent dans sa garde rapprochée.    

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