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La récente grève avait énormément perturbé le trafic
La récente grève avait énormément perturbé le trafic
©Reuters

Tant qu'à faire

SNCF, voyager autrement voire dans une autre galaxie : après la grève, le congé de sortie de grève

Dans son journal interne, le syndicat SUD-Rail s'offusque de s'être vu refuser par la SNCF une période de congé pour les grévistes de juin "souhaitant ne pas retravailler immédiatement afin de se reposer et de prendre un peu de recul", sans considération pour "les agents éreintés par la grève (qui) ont donc été forcés de rester en grève afin de pouvoir reprendre un peu leur souffle".

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Jean d'Ormesson (il n'y a que lui qui puisse se permettre de ricaner sans s'attirer  une bronca médiatico politique) ne croyait pas si bien dire lorsqu'il expliquait récemment avec malice mais non sans sagacité : "les syndicalistes ont tellement l'habitude de ne rien faire, que lorsqu'ils font grève ils appellent ça une journée d'action".

Nous avons tous vécu, chacun à sa façon, les jours de grève, majoritairement préventifs devant la peur que perdent un jour "le statut de cheminot" ceux qui ne sont pas encore fonctionnaires et qui ne savent même pas encore qu'ils le seront  peut-être un jour ! Bel exemple de solidarité intergénérationnelle, du mois de Juin. Les cheminots faisaient grève avec énergie pour différents motifs dont celui du refus de fusionner la SNCF et RFF (Réseau ferré de France) sachant qu'ils avaient fait grève quelques années auparavant pour que les deux entités fusionnent; mais il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis disent les girouettes.

Vous vous  demandez où je veux en venir ? Car il n'est pas donné à tout le monde, la veille des vacances, de se plonger dans le journal SUD RAIL. C’est pourtant instructif et c'est là que j'ai appris avec stupéfaction qu'il s'était négocié avec la SNCF un "arrêt" supplémentaire (c'est le cas de le dire!). Lesdits cheminots épuisés à juste titre par un non-travail harassant , se sont trouvés en cette période estivale plus fatigués que de coutume par leurs "journées d'action" reconduites (les plus éprouvantes sont celles qui sont reconduites) du mois  dernier.

Source : page Facebook de la CFDT Cheminots

Ils ont  donc légitimement souhaité et revendiqué sans ciller, des jours de congés exceptionnels et supplémentaires, souhaitant ne pas retravailler immédiatement afin de, je cite, "se reposer et prendre un peu de recul ". Remarquons toutefois que le recul pour l'instant c'est la trésorerie de l'entreprise qui le subit du fait du manque à gagner lié aux jours chômés.

La direction de la SNCF inconsciente du traumatisme, voire du préjudice vécu par les grévistes avait décidé de reprendre le service normal dès le lendemain de la fin du conflit .

Toutefois, nous venons donc de vivre un précédent historique, celui de la création potentielle du "congé de sortie de grève". Comme il faut s'attendre à tout en matière de progrès social, habituez vous a cette idée, même si la SNCF n'a pas marqué la considération souhaitée pour ces agents éreintés. Cette indifférence a été mal comprise et le syndicat SUD dans "la vie du rail" s'offusque de ce refus. On est pas loin de la mise en place de la cellule d'assistance psychologique, pas pour ceux qui entassés comme du bétail ont continué de se rendre héroïquement sur leur lieu de travail... mais pour ceux qui refusaient de les transporter. Logiquement l'action du gréviste pourrait, si on poursuit le raisonnement, être considérée comme une maladie professionnelle ?

Un frisson vous saisit probablement  comme moi : imaginons que SUD refasse grève parce qu’on leur refuse ce repos compensatoire qui s'inscrit certainement dans la droite ligne de la pénibilité ? De nouvelles journées d'action pourraient  alors voir le jour et en toute logique les épuiseraient à nouveau! et la demande de congés supplémentaires s'allongerait d'autant... et ainsi de suite.

Au moment ou j'écris ces lignes  dans le TGV Atlantique bondé, l'angoisse me saisit : et si j'étais comdamnée à être otage ?! Prise du syndrome de Stockholm, je tends mon billet au contrôleur devant moi  avec mon plus grand sourire et une grande compassion, guettant sur son visage des traces de fatigue. Ouf ! Il a poinçonné normalement.

NB : pour info, l'âge moyen du départ à la retraite du privé est de 62,1 ans ; et de 54,1 ans pour les agents SNCF

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