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Si nous empruntions 100 milliards au Koweït pour nous offrir un avenir ?
©Reuters

Les entrepreneurs parlent aux Français

Si nous empruntions 100 milliards au Koweït pour nous offrir un avenir ?

Denis Jacquet se penche cette semaine sur les investissements du Koweït.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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De retour du Koweït, après un voyage express de 3 jours pour rencontrer les autorités de ce petit territoire si riche en pétrole, je réalise qu’il est aussi riche, en idées. La France a longtemps prétendu que l’absence de l’un permettait la présence des autres, le Koweït m’a prouvé qu’on pouvait avoir les deux ! Si ce pays doit penser à son avenir, il peut néanmoins, ou pourrait légitimement, dormir tranquille, du fruit de ses seuls investissements, pour ce qui s’assimile pour nous à l’éternité. Ce n’est pas le cas. Ce pays de 1.5M d’habitants réfléchit à 25 ans, pense à son avenir et y investit. Tout le contraire de l’Europe.

100 milliards d’ici à 2030/35 ! 100 milliards de dollars investis sur l’avenir d’un territoire asséché par un soleil torride, cerné par un désert omniprésent, mais récompensé de vivre dans des conditions si hostiles, par un cadeau « divin », qui aura fait basculer les intérêts géopolitiques du monde pendant si longtemps. Le pétrole. Et bientôt le gaz, dans des quantités qui pourraient excéder celles du Qatar. Ce fameux breuvage, doux au cœur de nos économies et de nos belles voitures, qui, en le brulant, ont aussi contribué à réchauffer la planète et nous mettre en danger. Paradoxe du transport de la chaleur de son pays de provenance, sans doute ! Nous sommes nés poussière et redeviendrons sable ?

100 milliards de dollars. Le chiffre fait rêver, à l’heure où le plan français pour l’IA plafonne généreusement à 1.4Mds et celui de l’Europe, tenez-vous bien, cela donne le vertige, à 2.7Mds. Une honte, pour presque 700 millions d’habitants. Pour les fans de règle de 3, et de comparatifs de ratios divers, le compte semble surprendre. 4 euros par habitant pour s’acheter un avenir d’un côté, et un peu moins de 90 000euros par personne de l’autre. Essayons ensemble de deviner lequel des deux aura la plus vie belle, et qui sera un désert, dans 15 ans ?

100 milliards de dollars, c’est la somme que nous estimons, nombreux, entrepreneurs, pour la plupart, nécessaire à s’offrir un avenir, investir dans les technologies du futur, nous offrir des champions capables de rivaliser avec les Chinois et les USA et rassurer une population de plus en plus intéressée par un retour en arrière, vers un passé prétendument connu, qu’avancer vers l’inconnu, un avenir non maîtrisé, non réfléchi, sans vision.

Alors je pensais à une chose, idiote certainement. Pourquoi ne pas emprunter à ceux qui ont, et au lieu de creuser nos déficits, et ainsi, partager nos réussites ? Le Koweït manque terriblement de talents, IT notamment, de centres d’innovation, de start-up, de technologies du futur. Même si elle y investit ailleurs et partout. Pourquoi ne pas nous offrir cela ensemble ? Faire front commun ? Nous avons encore assez d’atouts à mettre au pot pour qu’ils soient attractifs pour un tel partenaire. Nous pourrons ainsi en partager les profits. Et l’avenir qui va avec. Ce ne serait donc pas un emprunt, mais un investissement commun, qui rapporterait aux 2 parties. L’avantage d’avoir un partenaire investisseur réside dans la responsabilité qui vient avec. Le fait de pouvoir être tenu responsable est la meilleure garantie à offrir à chacun. Planter dans le sable, une graine qui offrira des fleurs à l’Europe et non des chrysanthèmes ? Cela se tente. Qui ne risque rien….

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