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Les robots au secours du Japon
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Les robots au secours du Japon

Alors que des robots interviennent depuis plusieurs jours dans la centrale nucléaire japonaise de Fukushima Dai-ichi pour effectuer des séries de mesures et éviter ainsi aux employés de s'exposer aux radiations, Rodolphe Gelin, qui travaille chez Aldebaran Robotics, décrit pour Atlantico les dernières technologies en matière de robotique de catastrophe.

Rodolphe Gelin

Rodolphe Gelin

Depuis 2009, Rodolphe Gelin travaille chez Aldebaran Robotics. Il est à la tête du projet ROMEO qui vise à développer un robot humanoïde de taille humaine.

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Atlantico : Les robots américains qui interviennent actuellement dans la centrale de Fukushima au Japon sont-ils de vrais robots ?

Rodolphe Gelin : Les ayatollahs de la robotique vous diront que ce ne sont pas des robots parce qu’ils sont télé-opérés : ils ont donc très peu de pouvoir de décision et sont téléguidés par un opérateur à l'extérieur grâce à un joystick qui ordonne au robot comment il doit bouger chacune de ses articulations. Ce robot avance, il dispose de 3 ou 4 degrés de liberté sur son bras mais on dit également qu’un aspirateur est un robot alors qu’il n'a que trois moteurs en tout. C’est un débat sans fin pour savoir s'il s'agit de robots ou non. Ce robot là n’est pas autonome, il n’a pas beaucoup de puissance de calcul embarquée : cela va permettre à l'opérateur de simplifier son pilotage : par exemple s’il faut tourner, il va demander au joystick de tourner et c’est le robot qui calculera la vitesse relative de chacune des chenilles.

Je pense que l’intelligence de ces robot ne va beaucoup plus loin que de simples règles de trois.

 

Que peut faire un robot dans un environnement chaotique ?
 

On aimerait qu'il puisse faire la même chose qu’un personne : se déplacer et gère lui même son équilibre en disposant de suffisamment d’intelligence pour éviter à l’operateur de surveiller à tout instant son centre de gravité. S'il s'agit d'un robot à chenilles, cela n'est pas très difficile. En revanche, si la pente est trop grande, il peut tomber. Les Américains ont fabriqué quant à eux des robots quasiment indestructibles : il peuvent tomber de plusieurs mètres de haut sans se faire de mal. C'est une solution.

La seconde solution, c'est un robot très intelligent qui à chaque instant vérifie sa propre attitude et reste capable de corriger ses gestes pour ne pas tomber.


Ces robots intelligents existent-ils ?

Oui, tout à fait. Comme par exemple le robot Big Dog de Boston Dynamics qui est une espèce de mule robotisée capable de franchir des tas de gravats, de marcher dans la neige ou sur du verglas et qui résiste aux coups en restant en équilibre. Ça, c'est une performance robotique.


Le drame japonais ouvre-t-il la voie à de nouveaux robots ?

La robotique du désastre existe depuis longtemps. On dénombre déjà une robotique d’assistance aux personnes handicapées, une robotique industrielle ou une robotique spatiale.

La robotique du désastre s'est beaucoup développée au Japon d‘ailleurs : il existe par exemple des concours du robot capable d’aller retrouver une personne enterrée sous des gravats. Cette communauté qui s’est développée suite aux séismes dans différents pays comme en Turquie, en Italie ou au Japon, existe, reste active et peut espérer recevoir des fonds supplémentaires suite au séisme du Japon.

 Mais un souci subsiste : comment passer du laboratoire à l’industrialisation. Car l’industriel vous dira toujours : même si c'est utile, combien vais-je en vendre ?


Peut-on compter demain sur des robots capables d'aider chacun de nous à soulever une poutre par exemple ?

Pourquoi pas. Pour un robot qui va vous aider à soulever une poutre, je pense que les moyens à utiliser seront plus de l’ordre de l’exosquelette c’est à dire du système qui va démultiplier votre force en vous laissant la maîtrise de l’intelligence. Si cela est beaucoup plus facile à atteindre, en revanche cela ne répond pas à la problématique des milieux très hostiles. Les militaires, eux, y travaillent depuis déjà un moment. Mais les milieux très hostiles - comme ceux contaminés par des radiations ou de la pollution chimique - constituent une complexité supplémentaire.

 

Propos recueillis par Jean-Baptiste Giraud

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