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Robert Brasillach seconde guerre mondiale antisémitisme
Robert Brasillach seconde guerre mondiale antisémitisme
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Bonnes feuilles

Robert Brasillach : "De collaborationniste de raison, je suis devenu collaborationniste de coeur"

Laurent Wetzel publie "Vingt intellectuels sous l'Occupation : Des résistants aux collabos" aux éditions du Rocher. L'historien reconstitue les tempéraments, les motivations et les convictions de ces intellectuels confrontés au plus grand désastre de notre histoire. Extrait 2/2.

Laurent Wetzel

Laurent Wetzel

Laurent Wetzel, ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm et agrégé d'histoire, a travaillé avec René Rémond et Alain Peyrefitte. Il a été maître de conférence d'histoire contemporaine à Sciences Po et professeur d'histoire politique à Sup de Co et a également exercé la fonction d'inspecteur pédagogique régional dans plusieurs académies.

Voir la bio »

« Les écrivains, du fait de leur vocation de connaître et d’exprimer l’homme, s’étaient trouvés au premier chef sollicités par cette guerre où se heurtaient doctrines et passions. Il faut dire que la plupart et, souvent, les plus grands d’entre eux avaient pris le parti de la France, parfois d’une manière magnifique. Mais d’autres s’étaient, hélas! rangés dans le camp opposé avec toute la puissance de leurs idées et de leur style. Contre ceux-ci déferlait, à présent, une vague d’indignation. D’autant plus qu’on voyait trop bien vers quels crimes et vers quels châtiments leurs éloquentes excitations avaient poussé de pauvres crédules. Les Cours de justice condamnèrent à mort plusieurs écrivains notoires. S’ils n’avaient pas servi directement et passionnément l’ennemi, je commuais leur peine, par principe. Dans un cas contraire – le seul –, je ne me sentis pas le droit de gracier. Car, dans les lettres, comme en tout, le talent est un titre de responsabilité. »

Ce texte du général de Gaulle figure dans le troisième tome de ses Mémoires de Guerre : même s’il ne le nomme pas, il concerne d’abord Robert Brasillach que le chef du gouvernement avait refusé de gracier le 5 février 1945. À l’issue d’un procès qui avait duré cinq heures, le 19 janvier 1945, Robert Brasillach avait été condamné à mort pour « intelligence avec l’ennemi ». Le 6 février, il avait été fusillé au fort de Montrouge.

Ceci avait donc été en vain que, le 3 février, une soixantaine d’intellectuels, dont Paul Valéry, François Mauriac, Paul Claudel ou Albert Camus, avaient demandé au général de Gaulle de considérer avec faveur le recours en grâce que lui avait adressé Robert Brasillach. Ce dernier les remercia en leur écrivant notamment :

« Même si ce que j’ai pu penser, en des circonstances dramatiques pour notre pays, les a choqués, je leur affirme à tous que les erreurs que j’ai pu commettre ne proviennent à aucun degré de l’intention de nuire à ma patrie et que je n’ai jamais cessé, bien ou mal, de l’aimer. »

Robert Brasillach était essentiellement un écrivain et un journaliste. À l’issue de sa scolarité rue d’Ulm, dans la promotion de 1928, celle de Simone Weil, il avait échoué à l’agrégation. Il n’était fait ni pour l’enseignement ni pour la recherche. Il excellait, en revanche, dans la chronique et l’essai littéraires (cf. son feuilleton littéraire dans L’Action française de 1931 à 1939, Présence de Virgile en 1931, Corneille en 1938, Les Quatre Jeudis en 1944), brillait dans le roman (cf. Le Voleur d’étincelles en 1932, Comme le temps passe en 1937, Les Sept Couleurs en 1939), s’imposait dans des études historiques (Histoire du cinéma en 1935 et Histoire de la guerre d’Espagne en 1939, toutes deux écrites avec son ami de toujours, devenu son beau-frère, Maurice Bardèche). Ses Poèmes, écrits secrètement dans sa cellule de Fresnes peu avant son exécution, suscitent l’émoi.

Si, très jeune, surtout depuis les émeutes du 6 février 1934, il s’était passionné pour la politique, il ne milita jamais dans un parti et n’envisagea jamais d’exercer des fonctions électives ou gouvernementales. Ce qui lui importait, c’était de rallier l’opinion publique à ses convictions : il les exprimait, pour y parvenir, dans un journalisme de combat.

Ses convictions furent d’abord celles d’un adepte de l’Action française, puis, sous l’Occupation, celles d’un collaborationniste, qui continuait de haïr la République :

« En finira-t-on avec les relents de pourritures parfumées qu’exhale encore la vieille putain agonisante, la garce vérolée, fleurant le patchouli et la perte blanche, la République toujours debout sur son trottoir? Elle est toujours là, la mal blanchie, elle est toujours là, la craquelée, la lézardée, sur le pas de sa porte, entourée de ses michées et de ses petits jeunots, aussi acharnés que les vieux. Elle les a tant servis, elle leur a tant rapporté de billets dans ses jarretelles : comment auraient-ils le cœur de l’abandonner, malgré les blennorragies et les chancres? Ils en sont pourris jusqu’à l’os. »

Ce fut précisément dans les hebdomadaires Je suis Partout (JSP), dont il fut le rédacteur en chef de juin 1937 à août 1943, et Révolution nationale, de septembre 1943 jusqu’à la Libération, que Brasillach conduisit, pour l’essentiel, son journalisme de combat, et c’est à partir d’extraits d’articles qu’il y publia que M. Reboul, commissaire du gouvernement, requit contre lui la peine de mort.

Pour mieux comprendre la pensée politique de Brasillach sous l’Occupation, on lira aussi avec profit Notre AvantGuerre, ainsi que Journal d’un homme occupé, et Lettre à un soldat de la classe 60 – écrits en novembre 1944.

L’antisémitisme viscéral et doctrinal de Brasillach avait d’emblée favorisé son adhésion au collaborationnisme.

À l’en croire, l’avènement du Front populaire avait contribué à l’omniprésence des Juifs et cela l’avait alarmé :

« Le cinéma fermait pratiquement ses portes aux Aryens. La radio avait l’accent yiddish. Les plus paisibles commençaient à regarder de travers les cheveux crépus, les nez courbes, qui abondaient singulièrement. Tout cela n’est pas de la polémique, c’est de l’histoire. »

En 1938 et 1939, JSP avait consacré deux numéros spéciaux à « La question juive ». Brasillach y avait exposé, dans ses deux éditoriaux, sa conception de l’antisémitisme :

« Tous les peuples et tous les régimes ont été antisémites. Nous ne voulons tuer personne, nous ne voulons faire aucun pogrom mais nous pensons aussi que la meilleure manière d’empêcher les réactions toujours imprévisibles de l’antisémitisme d’instinct est d’organiser un antisémitisme de raison. Les Juifs sont des étrangers. Et ils le sont d’une espèce particulière : ils s’appuient très volontiers entre eux, ils refusent de se désolidariser de la lie de leur peuple, et alors qu’un Français ne se sent rien de commun avec Landru, le Juif le plus intelligent et le plus fin est toujours gêné si l’on dit devant lui du mal de Bela Kun. Il faut opposer à leur naturalisation le barrage le plus sévère, et considérer l’ensemble des Juifs établis depuis longtemps comme une minorité à statut, qui les protège en même temps qu’il nous en protège. »

Quelques semaines avant son procès, Robert Brasillach avait écrit dans sa Lettre à un soldat de la classe 60 :

« Je suis antisémite, je sais par l’histoire l’horreur de la dictature juive. L’antisémitisme restera désormais ancré dans le peuple français, et le retour des Juifs ne sera sûrement pas vu d’un bon œil. Les vérités de l’antisémitisme ne s’effaceront pas. »

Durant son procès, il revendiqua son antisémitisme, quoi qu’il pût lui en coûter :

« J’ai fait de l’action antisémite avant la guerre. J’ai publié des articles antisémites et j’ai continué à le faire pendant l’Occupation. Mes idées antisémites étaient restées les mêmes et je pensais que la question juive était un problème actuel, dans un État moderne et dans un État occidental. »

Mais il ajouta, pendant son procès, qu’« il n’avait jamais approuvé les mesures violentes qui avaient été prises par les Allemands contre les Juifs, par exemple que l’on séparât les familles ». Il faisait ainsi référence à ce qu’avait été sa réaction dans JSP, en septembre 1942, lorsqu’il avait commenté la protestation de Mgr Saliège contre les rafles intervenues dans son diocèse :

« L’archevêque de Toulouse proteste contre les mesures prises envers les Juifs apatrides en zone non occupée et accuse le gouvernement du Maréchal de suivre les inspirations étrangères! Il parle de brutalités et de séparations que nous sommes prêts à ne pas approuver, car il faut se séparer des Juifs en bloc et ne pas garder les petits, l’humanité est ici d’accord avec la sagesse. »

Autant dire que Brasillach approuvait les rafles des « Juifs apatrides », pourvu qu’elles concernent leurs familles tout entières, pères, mères et enfants compris… c’est-à-dire, en fin de compte, la totalité des Juifs apatrides.

Mais, par-delà l’antisémitisme, le collaborationnisme de Brasillach était fondé sur les vertus qu’il attribuait au nazisme :

« Que les formes de l’hitlérisme soient spécifiquement allemandes, nul n’en doute; mais que les grandes vérités mises en honneur par le national-socialisme soient universelles, nul n’en doute non plus. »

Dans un premier temps, Brasillach n’avait pourtant pas été hitlérien. La lecture de Mein Kampf l’avait « désolé », ainsi qu’il l’avait écrit en 1935 à son ami José Lupin :

« La majeure partie du livre est la découverte de la vérité raciste par le petit Hitler. J’ai rarement vu conneries plus plates. C’est un grand monument de sottises, profondément ennuyeuses et, surtout, effroyablement primaires. Mein Kampf n’empêche pas l’hitlérisme d’exister, mais j’ai rarement vu quelque chose d’aussi bête, aussi loin de toute raison. Ce qui ne veut pas dire, hélas! que ce soit de pur instinct. Oh non, c’est bardé de noms prétentieux, de fausse science. Qu’on admire Hitler, moi je veux bien. Mais qu’on présente Mein Kampf comme un livre intelligent, c’est trop fort. C’est très réellement le chef-d’œuvre du crétinisme excité, où Hitler apparaît comme une espèce d’instituteur enragé. Cette lecture m’a affligé. »

À la suite de la Nuit des Longs Couteaux, Brasillach avait comparé Hitler, dans L’Action française, au gangster américain Scarface :

« Scarface est une assez belle image de notre temps : en Amérique, en Allemagne, les chefs de horde entrent, fusil-mitrailleur au poing. Domptés, les chefs adverses s’écroulent ou se taisent. »

Son appréciation avait changé lorsqu’il avait assisté, en 1937, au congrès du parti national-socialiste de Nuremberg, observé la « fête païenne de ce pays étrange », et écouté Hitler :

« Quelques-unes des vertus remises en honneur – le travail, le sacrifice, l’amour de la patrie – font partie du patrimoine commun à tous les peuples. Dans beaucoup des aspects de cette politique nouvelle, on a envie de dire plutôt de cette poésie, tout, certes, n’était pas pour nous. Mais ce qui est pour nous, ce qui est un rappel à l’ordre constant, et sans doute une sorte de regret, c’est cette prédication soutenue qui est faite par la foi, le sacrifice et l’honneur. De même que Jacques Bainville revint monarchiste de l’Allemagne d’avant-guerre, de même tout Français revient de l’Allemagne aujourd’hui persuadé que son pays, sa jeunesse pourraient faire aussi bien que nos voisins, si nous restaurions d’abord certaines vertus universelles. Quand on essaie de se remémorer ces journées si pleines, qu’on évoque les cérémonies nocturnes éclairées de biais par la lueur des torches et des projecteurs, les enfants allemands jouant comme des loups autour de leurs souvenirs de guerre civile et de sacrifice, le chef soulevant en larges houles, avec des cris plaintifs, cette foule subjuguée, on se dit de ce pays, si voisin de nous, qu’il est d’abord un pays étrange. »

Malgré cette étrangeté, l’hitlérisme était, selon Brasillach, consubstantiel au « fascisme », cette « fête totalitaire » dont il rêvait pour la France et pour l’Europe :

« Le fascisme, c’était la poésie même du XXe siècle. Les petits enfants apprendront plus tard, avec un sombre émerveillement, l’existence de cette exaltation de millions d’hommes, les camps de jeunesse, la gloire du passé, les défilés, les cathédrales de lumière, les héros frappés au combat, le fascisme immense et rouge avec ses marées de drapeaux déferlant dans les projecteurs, les chansons de printemps et de sacrifices, le nom de José Antonio, les jeunes martyrs jamais oubliés. Un camp de jeunesse dans la nuit, l’impression de faire corps avec sa nation tout entière, l’inscription à la suite des héros et des saints du passé, une fête totalitaire, c’est ce qui aura fait la folie et la sagesse de notre âge. »

Rien d’étonnant, par conséquent, à ce que le « fasciste » Brasillach ait pu, « de collaborationniste de raison devenir, en outre, collaborationniste de cœur avec l’Allemagne hitlérienne ». Il s’en est expliqué dans deux articles de Révolution nationale (le 4 septembre 1943 et le 19 février 1944) :

« Je n’étais pas germanophile avant la guerre, ni même au début de la politique de collaboration ; je cherchais seulement l’intérêt de la nation. Maintenant j’aime les Allemands. Quand je rencontre des soldats allemands, j’ai envie de leur parler, de leur serrer la main sans motif, comme à des gars de chez nous. Je me dis qu’ils sont courageux au-delà de ce qu’on savait, qu’ils sont forts, qu’ils sont des nôtres. Je me prends pour eux d’une sorte d’affection fraternelle. »

« J’ai contracté une liaison avec le génie allemand. Je sais qu’il faudra tout faire pour s’entendre avec l’Allemagne, mais encore que mon cœur s’émerveille des trésors qui sont éternellement sous la garde de ce peuple. Les Français de quelque réflexion durant ces années auront plus ou moins couché avec l’Allemagne, non sans querelles, et le souvenir leur en restera doux. »

Outre ces articles collaborationnistes, la Cour de justice avait reproché à Brasillach deux voyages en Allemagne : celui qui l’avait conduit à Weimar, pour participer au congrès international des écrivains organisé à la demande de Goebbels (cf. Drieu la Rochelle, p. 157 et 158), et celui auquel « Fernand de Brinon, ambassadeur du gouvernement à Paris [qui sera fusillé pour “trahison” en 1947] lui avait fait l’honneur de lui demander de l’accompagner, en juin 1943, en Allemagne et sur le front de l’Est, afin de rendre visite aux légionnaires français contre le bolchevisme ».

Elle lui avait surtout reproché ses nombreux appels à exécuter ses adversaires politiques :

« Il y a deux ans, tout ce joli monde, Daladier, Blum, Gamelin, Reynaud et Mandel, précipitait dans la plus folle des guerres le peuple français. La punition exemplaire, la mort de ces hommes à qui nous devons tant de nos deuils, tant de destructions et tant de souffrances, tous les Français la demandent. »

« Les juges de Riom, incapables, enjuivés ou gaullistes ont épargné ces misérables (Zay, Daladier, Mandel, Reynaud), mais il est impossible que ces crimes monstrueux restent sans châtiment. Ces meurtriers doivent payer, et de leur tête! » « Le général de Gaulle est un traître fort légalement condamné à mort. », etc.

Le 19 août 1944, Brasillach avait quitté son appartement de la rue de Tournon. Peu après, il avait appris qu’on avait arrêté toute sa famille, son beau-frère, son beau-père et sa mère. Le 14 septembre, il se constitua prisonnier.

Pour son procès, il avait décidé de ne faire venir aucun témoin : il voulait qu’on le jugeât sur ses seules idées. Il avait déclaré à la Cour : « Si je vous disais que je regrette ce que j’ai écrit, vous penseriez que c’est pour sauver ma peau, et vous me mépriseriez à bon droit. Je vous dirai donc que j’ai pu me tromper sur des circonstances, sur des faits ou sur des personnes, mais je n’ai rien à regretter de l’intention qui m’a fait agir. »

Au lendemain du procès, Alexandre Astruc écrivit dans Combat : « Pas un seul instant, au cours de l’audience, Brasillach n’abandonnera son attitude fière. Il ne tremble pas. Il n’essaie pas d’attendrir les jurés par des platitudes et des larmes. Il dit bien en face qu’il a pris toutes ses responsabilités. »

Simone de Beauvoir, qui avait refusé de signer la pétition demandant au général de Gaulle la grâce de Brasillach, avait assisté à son procès. En 1963, elle confia aux Temps modernes :

« Pour l’accusé, c’était le moment de la vérité qui mettait en jeu sa vie, sa mort. Il tint tête, calmement, à ses accusateurs, et, quand la sentence tomba, il ne broncha pas. À mes yeux, ce courage n’effaçait rien ; ce sont les fascistes qui attachent plus d’importance à la façon de mourir qu’aux actes. »

Juste après la lecture du verdict, une voix s’était élevée : « C’est une honte! » Brasillach répondit : « C’est un honneur! »

Lié au poteau de l’exécution, Brasillach cria au peloton : « Courage!… », et, les yeux bandés : « Vive la France! »

La plaidoirie de son avocat, Me Jacques Isorni, qui défendra, quelques mois plus tard, le maréchal Pétain, s’était terminée par ces mots :

« La mort n’est pas pour lui. La justice n’a pas le droit de fusiller des âmes. Il n’est pas possible que ce grand esprit dont parlent les plus illustres, s’éteigne à jamais et qu’il s’éteigne à jamais de vos propres mains. Que votre verdict, dans la tempête où lutte notre pays, apparaisse, au ciel de la France des douleurs, comme le premier signe, passionnément attendu et plus que jamais nécessaire, de la France juste et réconciliée, et que vive la France… »

Ce beau morceau d’éloquence pouvait-il être audible, alors que les collaborationnistes continuaient de soutenir Hitler qui espérait encore gagner la guerre ?

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Extrait du livre de Laurent Wetzel, "Vingt intellectuels sous l'Occupation: Des résistants aux collabos", publié aux éditions du Rocher

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