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Photo du tableau attribué à Jacques-Louis David (1748-1825) datant de 1791 représentant le Serment du Jeu de Paume le 20 juin 1789.
Photo du tableau attribué à Jacques-Louis David (1748-1825) datant de 1791 représentant le Serment du Jeu de Paume le 20 juin 1789.
©AFP

Bonnes feuilles

Révolution et religion : les Lumières, l’Eglise et la foi

Christine Le Bozec a publié « Révolution et religion » aux éditions Passés / Composés. La décennie révolutionnaire fut le théâtre d’un conflit politico-religieux passionné dont l’histoire ne retint souvent que les outrances, celles de prêtres pourchassés, d’églises vandalisées et d’un catholicisme malmené et banni. Reste qu’en s’attaquant de front à l’Église catholique de France pour la mettre au pas, les révolutionnaires ont froissé une partie de la société en ne prenant pas le poids de l’attachement populaire à l’institution et à ses hommes. Extrait 1/2.

Christine Le Bozec

Christine Le Bozec

Docteur en histoire, spécialiste de la Révolution française, Christine Le Bozec a enseigné à l'université de Rouen, dont elle fut l'un des doyens. Elle a publié de nombreux ouvrages, dont La Première République, 1792-1799 et Les Femmes et la Révolution. --Ce texte fait référence à l'édition paperback.

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Depuis les années 1750‑1770, tant du monde des Lumières – entendons celui des philosophes, des intellectuels, des artistes, des salons en somme – que de l’opinion publique, doutes et critiques sur l’Église fusaient à l’envi, la considérant comme une institution figée vouée à la sclérose. Les philosophes, dont on a dit qu’ils « faisaient » l’opinion au XVIIIe  siècle, ou tout du moins l’influençaient, menaient depuis des décennies un combat contre les abus, l’autoritarisme et l’égoïsme des religions révélées, dénonçant tout à la fois le train de vie du haut clergé, l’inutilité des réguliers et leur emprise sur la société laïque. Néanmoins, ces préventions ne signifiaient pas qu’ils rejetaient toute forme religieuse ou qu’ils étaient athées. L’athéisme ouvertement proclamé, encore peu répandu, tenait en réalité du luxe aristocratique.

Ainsi, tout au long des dernières décennies de l’Ancien Régime, les hommes des Lumières n’ont cessé de dénoncer vigoureusement l’appareil clérical, mettant en cause son obscurantisme, son refus du progrès, sa méconnaissance des avancées scientifiques et la sclérose de son enseignement : « Rien n’est plus contraire à la religion qu’une tête sensée et raisonnable », écrivait Holbach en 1768. En outre, ils condamnaient l’oisiveté des religieux réguliers contemplatifs voués à la prière, assimilés à des parasites sociaux paresseux et profiteurs. Aux yeux d’une société marquée par la montée d’une bourgeoisie attentive à la réussite individuelle, exclusivement due aux talents, au travail et non à la naissance, cette catégorie d’écornifleurs devait disparaître. En revanche, que les ordres réguliers se rendent utiles, enseignent, soignent, recueillent les orphelins et les laissés-pour-compte correspondait à l’idée que l’on véhiculait et revendiquait de la vocation d’une religion. Enfin, globalement, on dénonçait la propension du clergé à maintenir les populations dans la superstition, les ravages de l’intolérance et le fanatisme dont l’institution continuait à faire preuve. En effet, le douloureux souvenir des trois affaires qui avaient tristement fait grand bruit dans les années 1760 était encore bien vivace.

Les Lumières contre l’intolérance et le fanatisme

Quoique l’athéisme demeurât une exception et l’irréligiosité affichée un luxe dangereux, cette dernière progressait lentement malgré le sort tragique réservé au chevalier de La  Barre. Âgé de 20 ans, accusé de blasphème et de sacrilège pour avoir entaillé à l’arme blanche un crucifix, ce jeune homme fut condamné par le tribunal d’Abbeville puis par le parlement de Paris à la décapitation, après avoir été soumis à la question ordinaire. Il avait dû faire amende honorable, mais Louis XV lui ayant refusé sa grâce, il fut exécuté le 1er juillet 1766, et son corps, brûlé. Ce sombre épisode se produisit dans la foulée des affaires Calas et Sirven, pour lesquelles Voltaire venait de mener trois ans de combat. Dans le cas du chevalier, il ne s’agissait pas de voler au secours de condamnés injustement accusés parce que protestants ; c’était son athéisme qui était visé. Voltaire monta à l’assaut, mobilisa les milieux éclairés, les salons, apostropha des dirigeants, écrivit, s’indigna, dénonça le fanatisme et l’intolérance, et finit par obtenir la réhabilitation post mortem de La  Barre comme il avait obtenu celles de Calas et de Sirven. Nul besoin d’argumenter plus avant, ces trois affaires montraient en quoi le système judiciaire pouvait servir l’intolérance religieuse et la répression cléricale.

Certes Voltaire, loin d’être isolé dans le monde des philosophes, combattait l’arbitraire et l’obscurantisme religieux mais, nuancé et en retrait du radicalisme de certains matérialistes purs et durs, il était porteur d’un courant déiste qui prônait la nécessité sociale d’une religion. À l’évidence opposé au catholicisme en tant que religion révélée, il relayait, de manière moins abrupte, les critiques formulées dès le XVIIe siècle par Fontenelle ou par Bayle. Malgré sa tempérance et alors qu’il se démarquait du courant matérialiste et athée, on lui doit d’avoir tiré de l’oubli un obscur curé en publiant en 1762 son Testament de J. Meslier, considéré par la suite comme le texte fondateur de l’athéisme et de l’anticléricalisme.

Deux tendances animaient donc le monde des Lumières. D’un côté, certains philosophes se réclamaient de manière pragmatique d’un déisme vu comme un indispensable régulateur social, qui aurait l’avantage de persuader chaque individu d’accepter sa place dans la hiérarchie sociale. De l’autre, on voyait naître un courant plus radical issu des réflexions et des écrits du XVIIe   siècle comme ceux de Bayle ou de Fontenelle. Ce dernier « agnostique il parodie des preuves de l’existence de Dieu et conçoit les organisations sociales et politiques exemptes de religion ». Son Histoire des Ajaoiens évoque la première utopie athée et communiste alliant néoscepticisme et libertinage du XVIIe   siècle au matérialisme et au néospinozisme des Lumières. Quant à Bayle, entre incrédulité et tolérance, il préfigurait les matérialistes antireligieux du siècle suivant qui, prônant l’athéisme, relayaient ses préventions à l’égard des religions révélées.

C’est en 1748 que La Mettrie publia son HommeMachine, suivi en 1749 par la Lettre sur les aveugles qui valut à Diderot9 trois mois d’emprisonnement. En 1758, le matérialisme radical d’Helvétius dans De l’esprit provoqua l’un des plus grands scandales du siècle, avant que le baron d’Holbach, considéré comme le doctrinaire le plus hardi de l’athéisme, ne fasse paraître L’Esprit du clergé en 1767. Huit ans plus tard, Turgot, le bras droit du jeune Louis XVI qui venait juste de le nommer contrôleur général, déclencha à son tour un tollé en publiant un mémoire anticlérical, dénué, certes, de tout penchant vers l’athéisme. Turgot y prêchait la tolérance. Contrôleur général depuis le 24  août  1774, Turgot, dès sa nomination, avait tenté, mais en vain, de convaincre le roi de supprimer dans la formule du sacre « exterminer l’hérésie ». Nullement découragé, dans les jours qui suivirent le 11 juin 1775, date du sacre, il présenta au roi son Mémoire sur la tolérance dans lequel il expliquait combien il était nécessaire et urgent d’abroger cette formule surannée, imposée « dans les temps dépourvus de lumières ».

Plus largement, il y défendait la liberté et les droits de la conscience, désignant Dieu comme « cet Être suprême », insistait sur le fait que « l’opinion du prince est absolument étrangère à la vérité d’une religion ». Ajoutant que « l’Église n’est point une puissance temporelle ; elle n’a ni droit ni pouvoir de punir sur la terre » et, qui plus est, que le roi « comme prince, [il] est indépendant de la puissance ecclésiastique ». Il concluait que « l’Église peut influer sur l’homme mais pas sur le prince ». Enfin, crime de lèse-majesté, il s’en prenait à Louis XIV, qui « se croyait en droit d’ôter aux protestants la liberté que leur avait solennellement assurée Henri  IV » avant de souligner « ce déplorable aveuglement » du Roi-Soleil puisqu’il n’avait « pas su distinguer ses devoirs comme homme de ses droits comme prince ». En résumé, on avait affaire à une remise en cause du concept de religion d’État, de l’ascendant de l’Église sur les esprits et sur un pouvoir temporel soumis, ou du moins au service de la religion. En l’occurrence, la critique provenant du cœur du pouvoir, le ver était dans le fruit. Certes le brûlot de Turgot indigna tant ses ennemis qu’ils jurèrent de l’abattre. Pour autant, son mémoire ouvrit la voie à la restitution de leur état civil aux protestants par Édit royal du 28 novembre 1787.

Sur la défensive, une Église souvent dépassée exigeait répression et censure, et publia en quelques décennies environ 900  ouvrages apologétiques afin de contrer le monde philosophique, celui des Lumières, parce que lui étaient intolérables ceux qui reconnaissaient et promouvaient les techniques qui exaltaient la raison, la recherche du bonheur terrestre individuel en légitimant celui-ci contre la soumission à Dieu. Inadmissibles étaient ceux qui luttaient contre l’arbitraire clérical, le fanatisme, l’obscurantisme et la superstition, encourageaient l’émancipation de l’individu, la liberté de penser et celle de croire. Insupportables étaient ceux qui refusaient la résignation prêchée par l’Église, s’étaient débarrassés de la hantise du péché en niant le pessimisme du siècle précédent. Odieux ceux qui, vantant l’intérêt conjugué de l’individu et de la société, mettaient tous leurs espoirs dans des valeurs comme la tolérance, l’humanité, la philanthropie et la bienfaisance, et qui déclaraient que le véritable homme vertueux n’agit que pour le bien de ses semblables et point pour son salut.

Quoique tous se soient habituellement retrouvés dans des sociétés de pensée, des salons, des cafés ou au sein des loges, ces esprits, frondeurs aux yeux de l’Église, ne vivaient pas en vase clos, n’étaient nullement coupés d’une opinion publique, certes naissante, mais perméable à leurs idées. Preuve en est que, discrètement, le censeur officiel, Malesherbes, directeur de la Librairie, donnait le change en protégeant la publication de l’Encyclopédie, révélant sa perception d’un monde en transformation.

(…)

Méfiance et remise en cause de l’alliance du trône et de l’autel

Toujours est-il que le clergé savait pouvoir compter sur le soutien indéfectible de la monarchie, l’ambiguïté et l’interdépendance de leurs relations étant d’ailleurs sujettes à défiance. De plus en plus mal perçue, la présence d’hommes d’Église dans le gouvernement, abbés, évêques ou cardinaux – les Terray, Dubois, Fleury ou Loménie de Brienne  –, renvoyait une image détestable de l’alliance du trône et de l’autel et l’on reprochait à la monarchie d’avoir insuffisamment limité la prépondérance ecclésiastique. Dans le même ordre d’idées, la monarchie se voyait accusée d’avoir lanterné pour demander un effort fiscal au clergé et de n’avoir que tardivement accepté la création de la Commission des réguliers chargée de remettre de l’ordre dans les affaires ecclésiastiques.

Autre grief de poids, les persécutions antiprotestantes de 1763 encore consenties par la Couronne, d’autant que la monarchie n’avait libéré les dernières prisonnières protestantes de la tour de Constance –  des femmes qui refusaient d’abjurer leur foi  – qu’en 1769 et élargi les derniers galériens qu’en 1775. Son manque de fermeté face aux exigences de l’Église réclamant, en 1780, de nouvelles persécutions antiprotestantes la discréditait, tout comme d’avoir attendu le 28  novembre  1787 pour « tolérer » les 500  000  protestants et leurs 180  pasteurs. Tandis que la monarchie ne cessait de tergiverser, l’Église s’était arcboutée sur ses vetos. Il avait donc fallu un siècle pour que des banquiers, marchands, armateurs, boutiquiers, artisans, paysans, professions libérales et nobles recouvrent une existence civile – acte de naissance et de décès  – confisquée en 1685 par l’édit de Fontainebleau, lors de la révocation de celui de Nantes.

Enfin, en 1787, Calonne proposa un projet d’impôt universel, mettant toute la population à contribution. Le clergé fit des pieds et des mains pour y échapper et, vouant aux gémonies son auteur, n’eut de cesse de le faire renvoyer. Ce refus, mettant au grand jour les intérêts communs des classes privilégiées, alliance objective de la noblesse et du clergé, alimentait le ressentiment et l’exaspération de la bourgeoisie. En somme, proche de la monarchie et protégé par elle, le clergé apparaissait comme son instrument de propagande, soumis et prisonnier d’un langage officiel alors même que s’amorçait la désacralisation de l’autorité royale, entre autres, par le biais de pamphlets virulents sur la famille royale. En contrepartie du soutien que l’Église lui apportait en veillant au maintien des lois fondamentales du royaume, la monarchie défendait le caractère immuable de la doctrine. Le fait de favoriser encore en 1785 la censure des livres ou de prendre le parti des évêques contre le bas clergé lors de la crise du richérisme lui nuit grandement, cette intervention n’étant pas ressentie comme un parti pris dogmatique mais comme une attaque sociale visant le bas clergé.

Plus encore que la médiocrité de l’enseignement clérical, l’ingérence ecclésiastique dans les affaires de l’État et l’immobilisme sociétal du clergé, ce furent le manque de vertu et la désinvolture révélée par l’affaire du Collier de la reine qui piqua tant et plus l’opinion. Ce qui n’aurait pu être qu’une anecdote ne tarda pas à devenir une affaire d’État contribuant, en 1787, à stigmatiser les prélats dispendieux. Cette banale histoire d’amoureux éconduit, floué par des escrocs aux petits pieds, devint sur fond de crise et d’exaspération un scandale qui contribua à ébranler le trône. Elle s’agrégea aux interrogations, aux attaques et aux remises en cause de l’Église, et alimenta un désamour tangible qui circonvint les futurs constituants, abusés par un ressenti trompeur.

Un ressenti trompeur

Lecteurs et souvent émules des philosophes, les élus du tiers état aux États généraux réunis à Versailles le 5 mai  1789, les futurs constituants, étaient pour la plupart au fait de la crise qui agitait le premier ordre. Les travers qui choquaient leurs commettants, la morgue, la prodigalité, la vénalité, la rapacité du haut clergé et la ladrerie à l’égard des malades, des orphelins et des laissés-pour-compte que nombre de cahiers dénonçaient, convergeaient avec leur propre ressenti. Sans compter ceux que leur roture avait dissuadés de faire carrière au sein de l’Église. C’était forts de ces observations et conscients de l’importance du contrôle social et moral exercé par la religion qu’ils désiraient, tout en respectant les pratiques religieuses populaires, non pas supprimer le clergé, mais à tout le moins le contrôler pour encadrer ses agissements. Pour autant, sans tenir compte de l’attachement de la population à ses traditions, au décorum religieux et à la confiance accordée à « ses » curés, aveuglés par leur ressenti, ils montèrent en épingle ce qu’ils percevaient du mécontentement populaire et des revendications sociales du bas clergé.

Il est vrai que les représentants du tiers état furent encouragés par la participation plus qu’active et l’empressement zélé du bas clergé à rédiger les cahiers de doléances. Cette entrée en masse enthousiaste en révolution, suivie du score que le bas clergé réalisa aux élections des États généraux – 291 sièges remportés par les curés, soit les deux tiers de ceux dévolus au premier ordre  –, semblait confirmer leur analyse. Doublement assurés de leur fait, alors que, dès le 13  juin, les curés poitevins Jallet, Lecesve et Ballart avaient lancé le mouvement de ralliement au tiers état, le 19  juin  1789, lors de la vérification des pouvoirs, ce fut la totalité du bas clergé qui rejoignit le tiers état, avant que le reste de l’ordre ne s’y résolve le 24 juin. Sur-le-champ avait fleuri une presse religieuse, un large éventail de 23  titres sur les 200 parus entre 1789 et  1792, certes pas tous favorables à la Révolution, mais du moins le signe d’un engagement manifeste. Il y avait là un faisceau d’arguments convaincants pour des constituants sensibles aux Cahiers des curés du Dauphiné parvenus à l’Assemblée le 4 novembre 1789.

Tandis que le texte, reflétant en cela l’esprit général d’autres brochures, dénonçait les tensions internes volontairement négligées ou ignorées par le haut clergé, et fustigeait l’inadaptation de l’institution, la vigueur de son ton traduisait avant tout la convergence d’un gallicano-jansénisme teinté de richérisme. Entre autres revendications, ils mettaient fortement l’accent sur le nécessaire rétablissement de synodes diocésains, tenus de respecter la représentation proportionnelle des curés. Ils condamnaient ainsi la souveraineté des évêques et, par la même occasion l’existence des chapitres des cathédrales et des ordres réguliers, tous jugés inutiles. Par ailleurs, ils exigeaient une baisse de la dîme et du casuel, tout en souhaitant que les curés puissent jouir des biens ecclésiastiques de leur paroisse. Ajoutons que les élus du tiers état prirent pour un encouragement supplémentaire le glissement de la parole des prédicateurs qui, dans les années 1770‑1780 consistait en « des leçons de morale bienveillante » devant un public mondain, vers une parole politique, « éclosion » du « sermon civique », dont l’abbé Fauchet, prédicateur ordinaire du roi et à l’église Saint-Roch devint rapidement le parangon.

Ainsi, en associant doléances laïques et ecclésiastiques, les constituants, désormais convaincus de la possibilité de réformer le premier ordre et son clergé, sautèrent le pas en votant la nationalisation de ses biens le 2 novembre 1789, sur proposition de l’évêque d’Autun, Talleyrand. Les fils des Lumières qu’ils étaient, en sous-estimant la distance entre leur ressenti et la réalité, avaient peut-être fait un pas de clerc.

Extrait du livre de Christine Le Bozec, « Révolution et religion », publié aux éditions Passés / Composés

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