Rentrée : les principaux chantiers auxquels va devoir s’attaquer le gouvernement | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Economie
"Le gouvernement s’est engagé dans une tactique de réforme qui trahit sa peur panique de manifestations de masse."
"Le gouvernement s’est engagé dans une tactique de réforme qui trahit sa peur panique de manifestations de masse."
©Reuters

A vos stylos !

Rentrée : les principaux chantiers auxquels va devoir s’attaquer le gouvernement

Les écoliers ne sont pas les seuls à avoir préparé la rentrée puisque les ministres de Jean-Marc Ayrault rendent leurs copies ce lundi. Une rentrée qui, entre le chômage, la réforme des retraites et la réforme pénale s'annonce épineuse.

Atlantico : Alors que les ministres débutent ce lundi leur rentrée politique, plusieurs dossiers épineux attendent l'exécutif en septembre. Inquiétude de premier plan selon un conseiller de l'Elysée, la future réforme des retraites qui suscite de plus en plus de grogne dans l'opinion et au sein des syndicats. Quelle est à l'heure actuelle la marge de manœuvre du gouvernement sur le sujet ?

Jérôme Fourquet : C'est effectivement ce sujet qui sera l'un des plus complexes pour le gouvernement en cette rentrée politique. Premièrement, sur le plan structurel, on peut noter que toutes les réformes des retraites ont toujours été mal acceptées de par les efforts qu'elles imposaient aux Français. Deuxièmement, sur le plan conjoncturel, il sera difficile de faire accepter une telle mesure dans l'opinion alors que la pression fiscale n'a cessé d'augmenter sur les douze derniers mois. Le gouvernement ayant écarté, pour des raisons politiques, l'extension de l'âge de départ à la retraite, la réforme ne pourra donc être financée que par des prélèvements supplémentaires, ici probablement une hausse de la CSG, qui sera logiquement mal vécue. Les marges de manœuvres sont donc très réduites. Ce sera d'ailleurs d'autant plus compliqué quand on sait que lors de la dernière réforme, le Parti Socialiste avait défilé dans la rue avec les syndicats pour s'opposer au projet porté alors par Nicolas Sarkozy. Cette volte-face sera, là encore, difficile a assumer dans les prochains mois.

Thomas Guénolé : Quelle que soit la couleur politique de l’équipe au pouvoir, le spectre des défilés de 1995 contre Alain Juppé hante les esprits. De fait, le gouvernement s’est engagé dans une tactique de réforme qui trahit sa peur panique de manifestations de masse. Par la voix de tel ou tel ministre, du Premier ministre, et du président, cette équipe a lancé autant de ballons d’essai qu’il y a de points-clés de la réforme et qu’il y a de choix possibles sur ces points-clés. Un comportement collectif aussi timoré démontre que du point de vue du gouvernement lui-même, sa marge de manœuvre est extrêmement étroite et que dans son propre regard, il marche sur des œufs.

Philippe Crevel : La publication des bons résultats économiques du deuxième trimestre a permis de détendre un peu l’atmosphère, le temps de passer le pont du 15 août qui contrairement à de nombreuses années n’aura donné lieu à aucune tension économique et financière. Jusqu’aux élections allemandes prévues le 22 septembre prochain, la situation au sein de la zone euro sera a priori sous contrôle par Angela Merkel à la recherche d’une brillante réélection. François Hollande ne peut espérer, en la matière, qu’une seule chose, en l’état actuel de l’opinion allemande, la nécessité pour la Chancelière de composer avec le SPD une grande coalition. Aujourd’hui, ce n’est pas le scénario le plus probable. En attendant les résultats allemands, le gouvernement français a promis de se consacrer à la réforme des retraites. Au fil de l’été, la liste des curseurs mobilisables s’est considérablement réduite au point que la réforme risque de se transformer en simple ajustement comptable. En effet, le pouvoir a renoncé à allonger, avant 2020, la durée de cotisation. Il avait auparavant rejeté le report de l’âge légal de départ à la retraite au-delà de 62 ans. Restent dans la besace de la réforme, l’augmentation de la CSG, le relèvement des cotisations sociales, la suppression de la déduction de 10 % dont bénéficient les retraités, la modification du régime des majorations pour famille nombreuse.

Pris entre la gauche de majorité qui entend rappeler à François Hollande ses promesses en matière de retraite et l’aile social-démocrate qui souhaite une refonte de plus grande ampleur, la balance penche de plus en plus en faveur des premiers. La proximité des élections municipales explique, sans nul doute, cette prudence ou cet art de l’esquive.

Pour approfondir l'analyse, retrouvez notre article Le docteur Ayrault consulte : malade aujourd'hui, à quoi pourrait ressembler la France en 2025 ?

La question du financement apparaît de plus en plus complexe alors que l'option de la CSG apparaît peu populaire. Quelles alternatives sont possibles ?

Thomas Guénolé : Etant entendu que l’âge légal de départ à la retraite est un symbole sans effet sur le départ à taux plein, il y a un premier choix fondamental à faire : faut-il garder le système actuel par annuités, ou faut-il passer à un système de retraites par points sur le modèle de la Suède ? Un système par points aurait le triple avantage d’être plus lisible pour les assurés, d’être plus facile à piloter en jouant sur la valeur du point, et d’être indifférent à leurs changements de carrière. Le Conseil d’orientation des retraites est d’ailleurs en faveur de ce choix depuis plusieurs années.

Si le choix fait est de passer aux retraites par points, la question pratique centrale devient alors de faire négocier par les groupes d’intérêts concernés le coût d’achat d’un point pour les actifs et sa valeur d’usage par les retraités. Si le choix fait est de rester dans les retraites par annuités, alors les questions centrales deviennent classiquement les durées et les taux de cotisation.

Enfin, quel que soit le système retenu, se pose la question politiquement très sensible de la fusion de tous les régimes de retraites dans un régime général unique qui fixe pour tous les mêmes conditions. Vraisemblablement, le gouvernement exclut cette piste, qui a en revanche les faveurs de l’opposition de droite.

Philippe Crevel : Face au déficit de plus de 8 milliards d’euros (en prenant en compte le Fonds de Solidarité Vieillesse), avec une perspective de déficit à 20 milliards d’ici sept ans, le gouvernement est au pied du mur. Il doit tout à la fois régler un problème de court terme et la nécessité d’assurer la pérennité d’un des piliers de protection sociale. Le recours à la CSG est simple et efficace. Une augmentation de 0,4 point rapportera 6 milliards d’euros. En revanche, ce relèvement pourrait anesthésier la reprise naissante de la croissance. En outre, cette mesure est, par nature, peu populaire. Par ses prises de position et du fait du manque de cohérence de sa majorité, le gouvernement se trouve dans un entonnoir. Ses marges de manœuvre politiques et économiques sont faibles. Il aurait certainement du éviter de se lier les mains sur le report de l’âge légal. S’il avait opté pour la retraite à 63 ans en 2020, sachant que le « 62 ans » s’appliquera en 2017, il aurait, en grande partie résolu son problème de financement.

En parallèle à ce relèvement, le président de la République, conformément à son engagement de campagne et à la loi sur les retraites de 2010, aurait dû lancer la réforme systémique avec la création d’un grand régime unique par points. Un tel régime ne résout pas en soi le problème du financement même si à terme elle générerait des économies de gestion. En revanche, elle serait une source d’équité et de transparence.

Autre point sensible, la désormais célèbre réforme pénale qui ne fait pas consensus parmi les ministres. Un compromis politiquement viable vous apparaît-il possible ?

Thomas Guénolé : Non. La ligne Taubira consiste à ressusciter le discours traditionnel de la gauche sur la délinquance et la criminalité : la réhabilitation de l’explication sociale de la délinquance ; priorité à la prévention et à la réinsertion plutôt qu’à la répression ; la prison comme dernier recours plutôt que comme levier privilégié. La ligne Valls, elle, consiste à adopter le discours de la droite sur ce thème : la thématique de l’ordre républicain poussée jusqu’à la limite des thèmes de la droite sécuritaire ; la priorité à la répression ; la prison comme levier privilégié. Ces deux lignes sont rigoureusement incompatibles.

Il y a donc, concrètement, quatre possibilités : soit François Hollande choisit la ligne Taubira ; soit il choisit la ligne Valls ; soit il reporte indéfiniment la réforme ; soit il tente un compromis qui, du fait de l’incompatibilité des deux lignes, serait nécessairement une absence de réforme.

Philippe Crevel : Au-delà du jeu de rôle classique entre la Chancellerie et l’Intérieur, la bataille sur l’après-Ayrault est lancée surtout si les élections de 2014 se terminent sur une triple défaite, municipale, européenne et sénatoriale. Le président aura alors deux options pour la deuxième moitié de son quinquennat, soit s’enraciner à gauche ou conquérir le centre. François Hollande aime se mouvoir dans les divisions et apprécie les contrefeux. La réforme pénale lui permet tout à la fois de satisfaire une partie de sa base qui veut mettre un terme aux années Sarkozy ; elle laisse également du champ à Manuel Valls afin de se construire le costume de père fouettard joué jadis par Clémenceau, Joxe ou Chevènement. Nul ne sait où le curseur s’arrêtera. Il n’en demeure pas moins que le président a tout intérêt à donner du grain à moudre au FN afin d’affaiblir l’UMP. En cela, le projet de la ministre de la Justice est parfait. En effet, le maintien du FN au second tour des élections de 2014 pourrait permettre à la gauche de sauver quelques villes.

Jérôme Fourquet : Avant même de parler d'un éventuel compromis, il y a déjà une certaine interrogation qui subsiste sur le calendrier de cette réforme, en dépit de ce qu'en dit d'ailleurs le gouvernement. La question des retraites devrait largement occuper le devant de la scène en cette rentrée, notamment avec les manifestations syndicales du 10 septembre. Dans un contexte de rentrée économique et sociale très chargée, on peut donc douter d'un réel activisme gouvernemental sur la réforme pénale, activisme qui ne ferait qu'ouvrir un nouveau front dans une séquence difficile. La note de Manuel Valls qui a récemment fuité dans le Monde démontrait d'ailleurs assez bien l'antagonisme de deux positions qui apparaissent, sur ce thème, irréconciliables. D'un côté nous avons une gauche "humaniste" qui s'inscrit dans la rhétorique établie par Robert Badinter (condition des détenues, situations de détentions…) et qui est assez méfiante à l'égard du "tout-répressif", de l'autre nous avons une gauche plus chevènementiste qui, à l'image de M. Valls, prône la fermeté républicaine dans un objectif de protection des plus démunis, qui sont les premières victimes de l'insécurité. Bien que Jean-Marc Ayrault affirme qu'il soit normal que le débat d'idées ait cours entre ministres, on peut penser qu'un compromis ne soit pas près de se faire. Il s'agit là d'un sujet particulièrement sensible, notamment aux yeux des électeurs, et s'engager là-dessus à quelques mois des municipales apparaît risqué. Autrement dit, on devine qu'il est urgent d'attendre pour le gouvernement sur cette question.

Les conseillers de François Hollande s'inquiètent aussi d'une répétition des violences de Trappes. La gauche peut-elle réussir à trouver ses marques sur la question sécuritaire sans trop froisser son électorat, en partie allergique aux "discours de fermeté" ?

Jérôme Fourquet : Un sondage IFOP réalisé pour Valeurs Actuelles démontrait un changement notoire de l'opinion sur les questions de sécurité : 56% des sondés y affirmaient que le gouvernement n'avait pas été assez ferme dans sa réponse aux émeutes. Cette demande de fermeté clairement exprimée fait écho à la stratégie de Manuel Valls qui considère que la sécurité peut-être un sujet de gauche, sujet sur lequel les électeurs de cette frange ont beaucoup évolué. Une autre enquête, réalisée pour Atlantico, démontrait assez bien ce fait : si le chômage reste pour les électeurs de gauche un élément déterminant de l'insécurité, la place qu'occupent, dans leur perception, l'économie souterraine et les bandes de délinquants est désormais bien plus importante qu'en 2005, date des dernières émeutes. En dépit de cette évolution, ce sera au Président Hollande de trancher sur la question en indiquant clairement la ligne directrice en matière de sécurité, bien que je pense, ce n'est que mon analyse, qu'on ne verra pas de réponse claire se dessiner avant les municipales.

Thomas Guénolé : Les violences de Trappes parlent à tous les Français indépendamment des clivages politiques, car l’origine de l’incident touche à quelque chose d’essentiel : ce qui nous caractérise en tant que communauté politique. L’écrasante majorité des Français, de tous bords et y compris les Français musulmans, est à la fois acquise à la cause de la laïcité et profondément hostile à tout signe ostentatoire de communautarisme religieux dans l’espace public. Tout ce que le gouvernement risque à sévir en la matière – par exemple en interdisant tout signe religieux ostentatoire dans l’espace public –, c’est le soutien d’une très nette majorité "transpartisane" des Français.

Philippe Crevel : La violence dans les banlieues a plus de vingt ans. Elle est l’expression de la crise économique, de la crise de confiance et d’une incapacité à intégrer des générations de Français issus de l’immigration. Le pouvoir a toujours hésité entre complaisance et répression ce qui ne peut à terme que générer de la frustration. Les élus locaux ont souvent acheté la paix sociale en finançant des associations qui permettent aux grands frères d’encadrer les plus jeunes. La démission des élites politiques, administratives ou religieuses dans les banlieues explique également la déshérence d’un nombre croissant de jeunes. Le pouvoir ne doit pas choisir entre laxisme et fermeté mais pour une politique de reconstruction. Bien évidemment qu’il faut que la loi soit respecté dans le 9-3 comme dans la Creuse mais ce seul message ne saurait suffire à régler les problèmes quand le taux de chômage dépasse les 40% et quand l’illusion de l’argent facile fait des ravages. La gauche devrait retrouver les voix de Jules Ferry en mettant en place des systèmes spécifiques de formation des jeunes. Il faut passer par des classes en effectif réduit avec des professeurs aguerris. En lieu et place de créer le ministère de la Défense à Ballard à Paris, il aurait mieux valu l’installer à Evry ou Clichy. Les Ministères occupent bien souvent des bâtiments hors d’âge peu fonctionnels et coûteux à entretenir. Serait-il stupide de créer des pôles administratifs modernes en banlieue et de vendre les terrains à Paris afin de créer des logements ? La banlieue nécessite de l’imagination et de ténacité.

Par ailleurs, l'inversion de la courbe du chômage promise par le président de la République d'ici 2014 semble de plus en plus improbable. Alors que 84% des français [IFOP] jugent l'objectif illusoire, l'exécutif peut-il parvenir à sortir la tête haute de cette affaire ?

Philippe Crevel : Le président de la République dispose sur ce sujet de quelques cartes. En effet, le retour même modeste de la croissance devrait réduire les destructions d’emploi. La montée en puissance des contrats aidés, contrats de génération, emplois d’avenir… aura un impact dans les prochains mois. En outre, François Hollande possède une botte secrète avec un nombre important de départ à la retraite d’ici la fin de l’année. Plus de 700 000 départs à la retraite devraient intervenir cette année, soit près de 100 00 de plus qu’en 2012 du fait de l’application par palier de la réforme de 2010 et de l’élargissement des conditions de départ pour carrières longues. Le président pourrait donc créer la surprise ou du moins pouvoir sortir la tête haute en démontrant un net fléchissement de la dégradation de la situation de l’emploi.

Jérôme Fourquet : Je pense que, à partir du moment où le coup est parti, l'exécutif n'a pas eu le choix et s'est vu contraint de maintenir cette feuille de route au fil de l'année. On voit depuis s'amorcer une sorte de "mouvement sémantique", la communication de l'Elysée affirmant désormais que cette inversion est un "objectif" et non pas un pronostic certain. En réduisant au minimum les vacances ministérielles, Hollande semble désormais tenter de démontrer qu'a défaut d'une réussite, il pourra au moins affirmer que le gouvernement aura tout tenté pour essayer d'atteindre cet objectif. La fameuse phrase "Le chômage ne prend pas de vacances, nous non plus" illustre ainsi assez bien ce revirement.

Thomas Guénolé : Oui. Il suffit qu’au mois de décembre, le nombre d’emplois détruits soit inférieur au nombre d’emplois aidés mis en route par le gouvernement, et la courbe du chômage aura été inversée.

De manière plus générale, comment le gouvernement pourrait-il se constituer un capital politique suffisant pour affronter les réformes à venir ?

Thomas Guénolé : La question centrale est le problème du chômage. Tout autre thème d’action politique est, au regard de celui-là, rigoureusement secondaire. Le gouvernement gagnerait donc à réduire la variété de ses thèmes de réforme, à communiquer essentiellement voire exclusivement sur le thème du chômage, et à tester dans ce domaine, en divers points du territoires servant de laboratoires, le plus vaste panel de réformes qu’il puisse imaginer. Et ce, y compris des réformes très éloignées de son bord politique, sur sa gauche comme sur sa droite. Entreprendre ainsi un vaste chantier expérimental de lutte contre le chômage, sans œillères et avec pragmatisme, serait probablement très bien accueilli par l’opinion publique.

Jérôme Fourquet : C'est compliqué. Le gouvernement parie sur une "politique par la preuve" en tentant de démontrer que l'on arrive pas à pas à des résultats concrets tout en s'imposant des obligations de moyens plutôt que des obligations de résultats, le but étant de démontrer que l'on aura "au moins essayé". Par ailleurs, l'argument des efforts demandés à tous dans un souci de justice sociale perdure, on le voit notamment sur la réforme des retraites qui pourrait aussi concerner le régime des parlementaires. Enfin l'utilisation des marqueurs de gauche (pénibilité, équilibre) dans les futures réformes, bien qu'elle soit délicate, ne devra pas être négligée pour que le gouvernement conserve une base électorale de plus en plus mince.

Philippe Crevel : Le président de la République et le gouvernement devraient être plus clairs sur les objectifs à atteindre. L’opinion n’est pas aussi sourde aux messages de vérité qu’il n’y paraît. Le pouvoir devrait dresser des perspectives concrètes et non se contenter de chiffres de réductions de déficits publics. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, la situation de la France était bien plus dramatique qu’aujourd’hui. Néanmoins, au nom de la reconstruction et du progrès, il y avait un élan qui dépassait les clivages politiques qui étaient pourtant très forts. Les Français ont besoin de prestige, de symboles sinon le règne de l’individualisme et des petits arrangements reprend le dessus. Le pouvoir devrait fixer un cadre avec quelques objectifs à 10 ans. Il y a quarante ou cinquante ans, nous avons réussi le Concorde, le TGV, le nucléaire. En vertu de quoi, aujourd’hui, nous ne pourrions pas être les champions du moteur à hydrogène, des biotechnologies, de la lutte contre le cancer ?

C’est en redonnant confiance que le Gouvernement pourra réformer. Aujourd’hui, la réforme n’est vécue que sous la forme d’une suppression d’un avantage dit acquis et non comme une mutation ou comme un passage vers une autre société. Il faut retrouver le chemin de l’audace en récusant le pessimisme qui nous tétanise.

 

 Propos recueillis par Théophile Sourdille

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !