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Quelques grammes de rêve dans un monde de brutes ?
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Quelques grammes de rêve dans un monde de brutes ? Le Japon injecte 182 milliards de dollars pour soutenir son économie

Le cabinet de Shinzo Abe vient de mettre en place un complément de soutien à l’économie. La totalité de ce plan du 5 décembre représente 3% du PIB, soit 18.6 trillions de Yen.

Nicolas Goetzmann

Nicolas Goetzmann

 

Nicolas Goetzmann est journaliste économique senior chez Atlantico.

Il est l'auteur chez Atlantico Editions de l'ouvrage :

 

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Depuis son arrivée à la tête du pays en décembre 2012, Shinzo Abe n’en finit plus de faire des annonces de soutien. Les plans de relances se succèdent les uns après les autres, que ceux-ci soient de nature budgétaire ou monétaire. Mais la nouveauté de la dernière annonce en date faite par le Premier ministre Japonais devrait laisser rêveur les dirigeants européens, car son financement provient des excédents fiscaux de l’année budgétaire en cours (Par rapport aux prévisions).

Le cabinet de Shinzo Abe vient en effet de mettre en place un complément de soutien à l’économie. La totalité de ce plan du 5 décembre représente 3% du PIB, soit 18.6 trillions de Yen. Il convient cependant de nuancer ce montant, car il reprend les précédentes annonces d’ores et déjà actées à l’automne. Afin de lutter contre les effets récessifs de la hausse de la TVA japonaise, « sales tax » le gouvernement avait en effet décidé de soutenir l’activité. La peur de voir une année d’efforts anéantie par la hausse de la fiscalité avait alors convaincu le gouvernement d’agir. Par contre, le complément de 50 milliards d’euro annoncé, soit 1% du PIB, provient bien des excédents fiscaux provoqués par le retour de la croissance. Le type d’annonce susceptible de rendre jaloux tout ministre du Budget confronté au phénomène inverse.

Cette somme va être allouée aux efforts de reconstruction post tremblement de terre, à l’infrastructure des prochains Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, mais également pour financer des efforts de compétitivité, aides à l’emploi des femmes, ou encore des mesures de soutien des personnes âgées et à la jeunesse.

Avant cela, le Japon avait subi 20 années de restrictions fiscales, la déflation ayant installée un cercle vicieux de pertes de revenus pour le budget du pays. Depuis 1990, les rentrées d’impôts et de taxes s’étaient en effet effondrées de 30%. La politique de Shinzo Abe, dite « Abenomics », est en train de porter ses fruits. Le rythme de l’activité économique depuis le début de l’année permet d’envisager une croissance totale de 3% en 2013, pour un pays qui en a été dépourvu depuis plus de 20 ans. Un cercle vertueux est en train de s’installer au Japon, croissance, plein emploi, revenus fiscaux en hausse et coup d’arrêt du recours à l’endettement.

La semaine économique Japonaise a également été marquée par l’annonce du gouverneur de la banque du Japon, Haruhiko Kuroda : « Nous sommes prêts à ajuster notre politique monétaire sans aucune hésitation si un risque se matérialise ». Le ton est donné, la banque du Japon est l’allié total du gouvernement et agit en parfaite adéquation avec la politique mise en œuvre. Car la relance monétaire apportée par la banque du Japon est bien la pierre angulaire du renouveau Japonais. Le soutien apporté, équivalent à 20% du PIB sur 2 ans, a permis d’extirper le pays de sa torpeur déflationniste, et ce en quelques mois seulement.

Il ne reste qu’un élément pour que les résultats soient parfaits : la hausse des salaires. Car dans un pays habitué depuis 20 ans à la stagnation, une telle hausse serait une révolution. Mais elle est la condition indispensable à la poursuite de la croissance et au soutien de la population aux réformes des « Abenomics ». Cette hausse des salaires est sur la bonne voie, le nombre de propositions d’embauches atteint aujourd’hui la parité avec le nombre de chercheurs d’emplois, les emplois à temps partiels se transforment peu à peu en emplois à temps plein, le fort regain d’activité est en train d’opérer le bouleversement souhaité : réajuster le pouvoir de négociation salariale à une situation d’équilibre, pour que le renouveau japonais puisse profiter à tous.

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