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Psychologie de la Saint Valentin : attention au danger psychologique d’un abus de romantisme
©LIONEL BONAVENTURE / AFP

Liaisons dangereuses

Psychologie de la Saint Valentin : attention au danger psychologique d’un abus de romantisme

Renae Franiuk, psychologue américain de l'Université de l'Illinois avance que la théorie du "grand amour" c'est bien dans les films (ou les séries de nos jours…) mais que dans la vie ça ne marche pas.

Alix Girod de l'Ain

Alix Girod de l'Ain

Alix Girod de l'Ain est une écrivaine, journaliste et scnéariste française. Elle contribue au journal Elle sous le pseudonyme de Dr Aga. 

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Atlantico : Après avoir fait des tests, il montre en effet que les plus romantiques sont souvent les moins bien servis... Alors faut-il abandonner tout espoir en envisageant l'amour ? Y a-t-il des risques à croire trop fort à ce fameux "grand amour"...

- Parce qu'une passion si dévorante au sein d'un couple, cela risque de nous éloigner de tous les autres gens de notre vie ?

Alix Girod de l'Ain : Il y a eu beaucoup d’études sur la passion amoureuse, on sait qu’elle agit comme une drogue dans les circuits de récompense du cerveau, donc en effet, une vraie passion isole, mais ça passe ! (6 mois, trois ans, il y a des stades très bien décrits  dans la chimie amoureuse) Donc je ne crois pas que ça constitue un véritable danger à long terme. Ou alors ça devient toxique et artificiel, comme Cohen le dit si bien dans Belle du Seigneur.  Je suis en mesure d’affirmer que le grand amour existe, car j’en ai déjà vu beaucoup, et j’ai la chance d’en vivre un. Après, il faut se mettre d’accord sur les termes : espérer que tout sera toujours comme le premier jour est une chimère. 

- Parce qu'en cas de rupture, on connait toutes les déceptions, misères, haines, tristesses en grand là aussi ? 

C’est vrai, mais c’est vrai aussi dans le deuil, dans l’échec, dans les trahisons amicales, familiales ou professionnelles... dans la vie en général ! Je ne pense pas que si on proposait à quelqu’un de ne jamais connaitre de chagrin de sa vie, il signerait. Parce que ça voudrait dire ne rien tenter du tout. Connaitre des bas, c’est avoir connu des hauts. Aimer, c’est prendre des risques. C’est vivre, tout simplement. 

- Parce que de trop grands espoirs portés sur l'autre ne correspondent  jamais à celui qu'il est, imparfait, dans la vie quotidienne ?

C’est vrai. Tout le monde tombe de son piédestal un jour. Personnellement, je suis mariée depuis 30 ans, et je peux affirmer que l’amour, le vrai, commence le jour où l’on voit l’autre comme il est. La passion amoureuse, charnelle, évolue, se modifie, mais quand ça se passe bien, elle se bonifie aussi. Accepter les défauts de l’autre, apprendre à vivre avec, à défaut de les aimer (on n’est pas des saints !) c’est un pas de plus dans l’intimité, dans la vérité du lien. 

- Parce qu'avec cette musique là, on peut attendre l'âme sœur pendant toute sa vie ?

L’âme soeur est une connerie, à mon sens. Ce n’est pas ça qu’il faut attendre, mais une âme complémentaire à la votre. Quelqu’un qui vous connait et qui vous aime quand même! Et n’oublions pas qu’un couple sur deux ne se sépare PAS, l’échec n’est pas forcément écrit dès la rencontre. Il faut accepter que l’amour ne soit pas linéaire mais fonctionne plus comme une sinusoïdale. Pour que ça marche, il faut fuir la fusion et toujours garder « une chambre à soi » comme disait V Wolf, un jardin secret… Et de toute manière, vivre avec un homme, une femme parfaite tout le temps, je pense que tout le monde péterait un boulon !

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