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Pierre Moscovici a confirmé la création d'un PEA réservé au financement des plus petites entreprises.
Pierre Moscovici a confirmé la création d'un PEA réservé au financement des plus petites entreprises.
©Reuters

Peut mieux faire

Pourquoi vouloir financer les entreprises par des PEA n'a jamais été suffisant

Le ministre de l'Economie Pierre Moscovici a officialisé lundi le relèvement du plafond du PEA de 132 000 à 150 000 euros. Il a aussi confirmé la création d'un PEA dédié au financement des PME et ETI.

Bernard Cohen-Hadad

Bernard Cohen-Hadad

Bernard Cohen-Hadad est président de la commission financement des entreprises de la CGPME. Il est également président du think-tank Etienne Marcel et assureur.

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Pierre Moscovici vient d’annoncer que la réforme du PEA (plan d’épargne en actions) sera intégrée dans la loi de finances et qu’un PEA PME verra le jour, en 2014. La création d’un PEA PME est une promesse de campagne du candidat François Hollande. En soi, c’est une bonne idée dans la mesure où ce dispositif intègre la palette des outils qui tentent d’orienter l’épargne des français vers le financement des PME et des ETI. Et en ce domaine, nous ne devons négliger aucune piste. Même si à force de vouloir rivaliser avec le « Mittelstand » on peut se demander si nous ne courons pas après un rêve.

Sans doute, mais tout doit être mis en œuvre pour aider les PME à améliorer leur compétitivité et leur niveau de fonds propres. Cet objectif n’est pas nouveau. Dès 2011, la CGPME avait attiré l’attention des pouvoirs publics sur cet enjeu. En 2012, le rapport Gallois puis, en 2013, le rapport Berger-Lefebvre ont souligné la nécessité d’orienter l’épargne de long terme vers le financement productif et la nécessité de flécher 100 milliards d’euros, en quatre ans, en direction du financement des PME et des ETI.

C’est pourquoi, il convient de rester prudent, de clarifier les enjeux et d’accompagner le financement de toutes les PME. Et non pas seulement une partie d’entre elles, celles qui sont les plus grosses, les plus rentables, les plus influentes. Celles qui, en réalité, n’ont pas vraiment de problème pour trouver des capitaux auprès des banques ou des marchés. Chacun le sait, la France compte peu d’ETI. Elle est, en revanche composée de plus de 2, 3 millions de TPE et PME, l’immense majorité des entreprises. Ne l’oublions pas en matière de financement des PME, et d’équilibre économique régional, le soutien à toutes les entreprises est important. Et la bataille du financement est loin d’être gagnée. Il faut donc dépasser les effets d’annonces institutionnels et les chiffres des prosélytes qui nous promettent des versements de 2, 5 milliards d’euros par an.

Le PEA PME est une solution. Il n’est pas un remède miracle. Le PEA est un dispositif patrimonial créé en 1992. Il a connu des hauts et des bas. En plus de 20 ans, le PEA c’est (seulement) 80 milliards d’euros d’encours à fin 2012. Comparé à l’assurance vie ou au livret A, une goutte d’eau. C’est un placement qui présente aujourd’hui un bilan tempéré. Le PEA relooké, avec le PEA PME au plafond de 75 000 €, c’est un peu l’art d’accommoder les restes. C’est surtout un signe. Une façon de donner confiance aux investisseurs privés, de faire un geste en faveur des banques, de revaloriser les placements en actions, et de mettre la lumière sur les valeurs moyennes alors que l’on tente de créer un cadre favorable pour une bourse des PME.

Enfin, les actions et les entreprises ne sont plus le diable, on en avait besoin. On voit bien aussi qu’il faut inverser la tendance dans une conjoncture où l’épée de Damoclès pointe sur la fiscalité de l’épargne et que les investisseurs âgés préfèrent le bas de laine.  Dans ces conditions, les actions des grosses PME et des ETI, en bonne santé, celles qui sont bien gérées sont rentables pour les investisseurs privés. Plus que celles du CAC 40. Mais si l’on veut réussir ce dessein et faciliter le développement des segments des PME et des ETI, le PEA PME doit pouvoir être investi dans des PME non cotées ou des parts de fonds centrés sur les PME, de moins de 250 salariés et de moins de 50 millions d’euros de chiffres d’affaires, qu’il convient réellement d’encourager.

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