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La fonte de la banquise.
La fonte de la banquise.
©Reuters

Trouvez pas qu'il fait chaud ?

Pourquoi les scientifiques croient - enfin - détenir la preuve des effets de l’activité humaine sur le dérèglement climatique

Un rapport publié par l'agence américaine océanographique et atmosphérique évoque la possibilité d'un lien renforcé entre le réchauffement climatique et l'activité humaine.

Jean-Pascal Van Ypersele

Jean-Pascal Van Ypersele

Jean-Pascal van Ypersele est un climatologue belge, vice-président du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) depuis 2008, et membre de l'Académie royale de Belgique. Il enseigne à l'université catholique de Louvain.

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Atlantico : Un groupe de chercheurs australiens a travaillé sur la vague de chaleur de 2013. Selon leurs simulations, de telles températures n'auraient jamais pu être atteintes sans les effets de l'activité humaine sur le climat...

Jean Pascal van Ypersele : Les études concluent en effet que la probabilité de rencontrer ces températures extrêmes a été fortement augmentée par le réchauffement climatique d'origine humaine. Cela confirme les conclusions plus générales tirées par le GIEC dans son dernier rapport.

Les chercheurs ont ainsi étudié quelles auraient été les températures sans émissions de gaz à effet de serre et sont arrivés à des résultats bien plus bas. Comment sont menées de telles simulations ?

Pour l'essentiel, il s'agit de comparer deux types d'"expériences virtuelles" (réalisées à l'aide de modèles de simulation numérique du climat) : une expérience ne tenant compte que des facteurs naturels, et une autre tenant compte de tous les facteurs, y compris les émissions de polluants et de gaz à effet de serre d'origine humaine.

Comment est-il possible d'isoler les effets de l'activité humaine ?

La comparaison de ces deux types de simulation permet de quantifier le rôle des activités humaines dans l'évolution de certains paramètres, par exemple la probabilité de dépasser une certaine température pendant un certain temps.

Cette étude n'est pas la première de la sorte : que change-t-elle concrètement ?

Cela fait une vingtaine d'années que l'on fait ce genre d'études, et que le GIEC les évalue. La qualité et la quantité des données disponibles aujourd'hui, de même que la nouvelle génération des modèles climatiques et des ordinateurs sur lesquels ils "tournent" permettent de multiplier les études, de les raffiner, et de les publier plus rapidement après les événements extrêmes étudiés. C'est tout à fait bienvenu et utile pour permettre aux responsables de prendre de meilleures décisions de prévention des désastres, comme l'a montré le Rapport Spécial du GIEC (2011) à ce sujet.

Comment détecte-t-on les autres facteurs entrant en compte dans le dérèglement climatique et comment parvient-on à isoler leurs effets et portée ?

Même principe : On multiplie et on compare les expériences de simulation numérique, en étudiant un à un le plus grand nombre de facteurs, puis de leurs combinaisons.

Quels autres événements climatiques extrêmes de ces dernières années pourraient être expliqués par le dérèglement climatique ? Où en est la recherche sur ce point ?

L'augmentation de la fréquence et de l'intensité des événements de pluies extrêmes, comme celles qui viennent d'inonder Montpellier, est bien notée par le GIEC dans son dernier rapport, en tout cas pour les régions continentales pour lesquelles des données de qualité suffisante sont disponibles depuis assez longtemps...

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