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Plus précieux que l’or, le palladium : les raisons d’un envol des prix
©WikimediCommons/CC by 3.0/Hi-Res Images of Chemical Elements

Matières premières

Plus précieux que l’or, le palladium : les raisons d’un envol des prix

Le prix du palladium a grimpé en flèche sur les marchés mondiaux des matières premières. Il a bondi de plus de 25% au cours des deux dernières semaines seulement et a presque doublé de valeur au cours de l'an dernier.

Philippe Chalmin

Philippe Chalmin

Philippe Chalmin est professeur d’histoire économique à l’Université Paris-Dauphine où il dirige le Master Affaires Internationales. Membre du Conseil d’Analyse Economique auprès du Premier Ministre, il est le président fondateur de CyclOpe, le principal institut de recherches européen sur les marchés des matières premières.

Il est l’auteur d’une quarantaine d’ouvrages, dont le récent « Demain, j'ai 60 ans : Journal 2010 - 2011 ».

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Atlantico.fr: La hausse du cours du Palladium, dont la production est géographiquement très concentrée, n'est-elle due qu'à l'industrie automobile ? Quels sont les autres emplois de ce métal ?

Philippe Chalmin : La hausse du cours du Palladium est pour essentiel due à la demande de l'industrie automobile et à l'évolution de la production des véhicules Diesel vers l'Essence sachant que les pots catalytiques des voitures essence contiennent plus de palladium. L'impact du reste de l'emploi de ce métal est marginal sur son cours.

D'un autre côté, la production de palladium est répartie entre deux pays : la Russie et l'Afrique du Sud. Une mauvaise gouvernance en Afrique du Sud , du fait de son fournisseur national Eskom a entraîné une baisse de l'alimentation électrique des mines du pays. Cela a entrainé une une baisse de la production mondiale depuis 7 ans. Combiné à la hausse de la demande on arrive en ce début d'année dans une situations de pénurie.

La hausse de la production de voiture hybride est-elle de nature à mettre le palladium dans la catégorie des métaux critiques ?

Non. Dans la mesure où, sur les voitures hybrides ou électriques, les métaux les plus important sont les métaux rares. Il n'y a pas de rôle direct du palladium. En revanche il pourra prendre une dimension plus critique si la prochaine génération de véhicules à hydrogène s'impose. Mais même là les tensions seront plus sur le platine que le palladium.

Et même si on en arrivait là, je ne pense pas que les arbres poussent jusqu'au ciel: passé un certains niveau de prix il y a toujours des schémas de substitutions. On utilisera des pots avec plus de platine et moins de palladium. Et si le palladium restera relativement cher dans les mois à venir, il est possible que les prix retombent en cas de substitutions. Souvenons-nous du Rhodium en 2008 : il était monté jusqu'à 10 000 dollars. Il était retombé à 1000 en 2009 grâce a une politique de substitution industrielle.

Es-ce l'exemple type d’embolie que le marché des minerais pourrait connaître à l'avenir face à la déferlante de l'économie verte très gourmande en métaux rares (Palladium, Lithium, Silicium, Cobalt, Germanium, Terre rares...) voire métaux plus classiques (cuivre, nickel...) ?

C'est évident. On l'a déjà vus il y a deux ou trois ans dans le domaine du lithium nécessaire aux batteries de voitures électriques. Pourtant les perspectives des véhicules électriques se sont révélées moins concrètes dans un futur proche faisant retomber la pression. Ce qui est classique et très sensible sur des marchés de ce type qui restent assez étroits quoiqu'en pensent certains. Plus globalement on  retrouve ce genre de situations couramment sur les marchés de matières premières.

Pour le cuivre on peut  effectivement imaginer une forme de criticité, mais cela concerne surtout, une fois encore, les véhicules électriques qui sont un marché limité. Même le nickel est annoncé pour devenir critique mais ce n'est toujours pas arrivé.

Quelque soit l'emploi que nous leur réservons : la gamme des métaux à notre disposition est assez large. Certains usages apparaissent et d'autres disparaissent. Par exemple : l'étain fût utilisé essentiellement et pendant longtemps  dans la production de fer blanc nécessaire à la conservation des aliments dans les boîtes de conserve. Par la suite l'utilisation de l'étain dans le fer blanc a considérablement baissé. Et pourtant aujourd'hui, l'étain est devenus un métal très sensible étant donné son rôle fondamental sur le marché des semi-conducteurs. Il en va de même pour les batteries électriques et les technologies vertes qui ne sont pas intrinsèquement figées.

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