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Paroles, paroles, paroles... 
Les médias flinguent-ils 
inconsciemment 
le discours politique ?
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Double sens

Paroles, paroles, paroles... Les médias flinguent-ils inconsciemment le discours politique ?

Les deux émissions politiques de TF1 et France 2, « Parole de candidat » et « Des paroles et des actes » contiennent le mot « parole ». Et si cela ne tenait pas au simple hasard ?

Claude Hagège

Claude Hagège

Claude Hagège est linguiste, professeur honoraire au Collège de France et lauréat de la médaille d'or du CNRS.

Il est l'auteur de Contre la pensée unique (Odile Jacob, 2012)

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Atlantico : Les deux émissions politiques de TF1 et France 2, « Parole de candidat » et « Des paroles et des actes » contiennent le mot « parole ». N’y a-t-il pas dans l’utilisation de ce terme une connotation péjorative à l’égard des politiques et de leur sincérité ?

Claude Hagège : L’emploi péjoratif du mot « parole » ne se conçoit dans la mesure où il est en opposition avec « des actes ». Le mot en lui-même n’a pas de notions péjoratives. On fait souvent référence à la chanson interprétée par Alain Delon et Dalida. La chanteuse disait « Parole et parole.. » mais il ne faut pas oublier que cette chanson est à l’origine italienne et, en italien, « parole » signifie tout simplement « mot »…

Chez les politiques, qui sont par définition des hommes et des femmes d’action, l’emploi du mot parole n’est généralement pas un cache misère de l’absence d’actes puisqu’ils agissent tout le temps, en bien ou en mal, mais ils agissent. Sauf qu’un très grand nombre de paroles, en particulier en période électorale où les hommes politiques font des promesses qu’ils ne tiendront jamais, s’opposent aux actes car elles ne sont pas suivies d’une exécution.

On pourrait aussi rapprocher les termes « parole » et « discours ». Pourquoi devrait-on toujours accoler une notion péjorative au mot « parole » et pas au mot « discours » ? Ne dit-on pas « faire de beaux discours » en faisant référence à quelqu’un qui ne tiendra pas sa promesse ?

Le mot « parole » a un intérêt car il a un sens que « discours » n’a pas. Ce sens est mis en évidence quand on met le mot en relation avec le verbe « tenir ». En d’autres termes, l’utilisation du mot « parole », dans bien des cas, implique le fait de la tenir. Il y a donc effectivement une possibilité d’acception sinon péjorative en tout cas dubitative.

Je ne peux me substituer à eux et vous dire quelles sont les intentions des chaines de télévision. Cependant, si l’on prend en compte le contexte électoral important cela peut effectivement avoir le sens d’un signal aux téléspectateurs d’une certaine forme de défiance à l’égard des paroles. 

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