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Nicolas Sarkozy et les gays
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Homopoliticus

Nicolas Sarkozy et les gays

Quels sont les rapports entre le président de la République et la communauté homosexuelle ? Jean-Luc Romero, conseiller régional d'Ile-de-France, livre pour Atlantico quelques extraits de son nouveau livre "Homopoliticus" à paraître le 17 mai, sur cette relation faite de promesse non tenues.

Jean-Luc Romero

Jean-Luc Romero

Jean-Luc Romero est conseiller régional d'Ile-de-France, président de l'Association du Droit à Mourir dans la Dignité (ADMD), d'Elus Locaux Contre le Sida (ELCS), du CRIPS Ile-de-France. Il est l'auteur de 6 livres.

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Campagne électorale 2007 : Durant la campagne des élections présidentielles de 2007, on avait cru percevoir une petite évolution chez le candidat Nicolas Sarkozy qui proposait de créer un statut du beau parent ouvert aux hétérosexuels comme aux homosexuels. Mais cette promesse électorale ne dépassera pas le cadre de la campagne et, en 2010, Xavier Bertrand, alors encore secrétaire général de l’UMP, devra admettre qu’il n’y avait pas de majorité au sein du groupe UMP à l’Assemblée nationale pour adopter cette simple disposition !

Le bilan du quinquennat Sarkozy : Alors que j’arrive à la conclusion de cet essai, certains lecteurs ou certaines lectrices vont surement s’étonner que cette histoire volontairement engagée des relations entre la politique et l’homosexualité s’arrête presque au seuil du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas un oubli. C’est bien un arrêt qui me semble s’imposer. Malheureusement !

Après une cinquantaine d’années de progrès continus dans l’acceptation de l’homosexualité par la classe politique, il semble que tout se soit soudainement bloqué avec la prise de pouvoir en 2007 de l’actuel président. Non pas, parce que notre chef de l’Etat soit plus homophobe que ses prédécesseurs ! Avant d’évoluer durant son second mandat, Jacques Chirac, comme je l’ai démontré dans cet ouvrage, montrait aussi beaucoup d’incompréhension sur cette question.

Par le passé, j’ai eu l’occasion, d’évoquer la question de l’homosexualité en tête à tête avec Nicolas Sarkozy. Je me rappelle cette longue conversation avec lui à quelques heures de la nouvelle année, le 30 décembre 2002, durant laquelle il s’étonnait avec une sincérité non feinte de l’attitude de celles et de ceux qui professent, remplis de certitudes, que les homosexuels ont choisi de l’être. « Choisit-on d’être hétérosexuel ? » m’asséna, ce jour-là, celui qui était encore ministre de l’Intérieur.

Nicolas Sarkozy pense, comme beaucoup de ses amis politiques, que les débordements de la droite pendant les débats sur le PaCS  ont été un regrettable faux pas. Mais pour lui, les lois Perben - elles ont aggravé certaines peines si les actes sont commis en raison de l’orientation sexuelle de la victime - ou encore la loi pénalisant les propos homophobes, sans oublier les améliorations à la marge du PaCS sont un solde de tout compte de la droite à la cause homosexuelle. Pas question d’aller plus loin, hormis s’émouvoir avec des larmes de crocodile quand une affaire d’homophobie surgit.

Sarkozy/Vanneste : Le traitement du cas Vanneste par Nicolas Sarkozy est assez révélateur de sa méthode.

(Fadéla Amara) Lors d’un de nos entretiens, le 7 septembre 2010, alors qu’elle était encore secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville, l’ancienne présidente de Ni Putes, Ni Soumises me raconte que le député du Nord demandait régulièrement à être reçu par elle. Opposée à ce député qui défend des valeurs qu’elle exècre, elle refuse toujours de le recevoir personnellement. Un jour, prenant un pot avec Jean-François Copé, alors président du groupe UMP à l’Assemblée nationale, ce dernier lui demande d’une manière pressante d’accorder une audience à Vanneste qui est quand même, lui rappelle-t-il, parlementaire. Elle lui réitère son refus précisant que bien sûr, il peut venir voir un membre de son cabinet. Mais, pas elle ! Par principe, elle s’y refuse.

Sarkozy et l’affaire Cluzel : En 2009, sur l’affaire de Jean-Paul Cluzel, alors président de Radio France, l’attitude ambigüe du président de la République confirme ce qu’exprime Bertrand Delanoë quand il m’affirme que le chef de l’Etat est capable par intérêt électoral de tenir des propos « un peu machos. »

Extrait deHomopoliticus, comme ils disent, de Jean-Luc Romero (Edition Florent Massot) à paraître le 17 mai 2011.

Romero, homopoliticus

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