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Terrorisme : comment surveille-t-on les Merah ?
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Zone franche

Terrorisme : comment surveille-t-on les Merah ?

Le parcours de Mohamed Merah, qui après plus de 24 heures de siège n'a toujours pas été interpellé, aurait dû lui valoir une surveillance de tous les instants. D'autres talibans à scooter, repérés mais toujours en vadrouille, attendent-ils tranquillement leur heure ?

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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On le fait de presque mauvais cœur, tant le soulagement de savoir Mohamed Merah hors d'état de nuire est grand, mais on a tout de même envie de demander pourquoi un type pareil n'était pas surveillé comme le lait sur le feu.

Ils sont donc si nombreux sous nos latitudes, les salafistes déjà repérés pour avoir fait le coup de feu contre l'OTAN en Afghanistan entre deux séjours dans les camps d’entraînement talibans des zones tribales pakistanaises ? Si nombreux qu'il ne soit pas possible de leur coller un filocheur permanent au train juste au cas où ? D'expédier un cookie façon AdServer vers leur iPhone ?

Je dévore la biographie du « terroriste à scooter », détaillée un peu partout sur le Web depuis hier avec un tel luxe de détails qu'on sait pratiquement dans quelles boîtes toulousaines il se rendait le samedi soir d'ailleurs au grand mépris des enseignements anti-musique ou anti-promiscuité de ses directeurs de conscience... Proprement fascinant. Hum, quelqu'un le sait-il aussi, là-dehors, chez les hommes de l'ombre, si je suis moi-même allé faire ou non un tour au Macumba la semaine dernière ? J'ai du mal à le croire (pour la petite histoire, c'est non).

Mais de Merah, on sait tout : son passage par la délinquance banale, son épiphanie islamiste, sa transformation en combattant expérimenté et déterminé, l'investissement de ses économies dans une petite franchise Al-Qaïda en Midi-Pyrénées... On sait tout mais ça ne change rien.

Dans un entretien au Monde, une source anonyme de la Direction centrale du renseignement (DCRI) indique pourtant placidement qu'il « faisait partie des profils que nous surveillons » et qu'il était « dans le collimateur ». Tu parles d'un collimateur !

Dès les premiers assassinats commis, c'est indiscutable, le travail policier est redevenu efficace, mais on se dit qu'une plus grande célérité aurait peut-être permis d'éviter les suivants. On massacre à Montauban et Toulouse, un massacreur habite dans le quartier : il n'y a pas une petite loupiote qui s'allume quelque part dans un bureau ? Personne n'imagine de convoquer les « usuals suspects », juste par acquis de conscience?

Oh, on a lu John Le Carré et Robert Ludlum et on se doute bien qu'il est plus compliqué d'arrêter un mitrailleur fanatique avant qu'il ne mitraille fanatiquement que de faire la mouche du coche dans une chronique sur un site d'info mais, hey, chacun son boulot...

Pour autant, si d'autres mabouls dormants attendent encore de se réveiller devant une caserne ou une école, l'heure est peut-être venue d'une stratégie plus pro-active. Qu'ils prennent des vies avec un tel sang-froid, une telle absence d'humanité, c'est déjà tragique. Qu'ils puissent mettre en péril jusqu'à la cohésion nationale « en prenant les musulmans français en otages » selon l'expression du spécialiste du terrorisme Jean-Pierre Filiu , en les forçant à se définir par rapport à eux, c'est totalement inconcevable.

Alors, ils sont si nombreux que ça, les Merah ?

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