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Le burn-out est en passe d'être reconnu comme une maladie professionnelle.
Le burn-out est en passe d'être reconnu comme une maladie professionnelle.
©Pixabay

Vivement le week-end

Mister All Good atteint par le burn-out

Benoît Hamon profite actuellement de la réforme du dialogue social pour mettre le burn-out sur la table des discussions. Une démarche qui rappelle que la loi Toubon sur l'utilisation de l'anglais ne s'applique apparemment pas au jargon politico-administratif.

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Le BURN-OUT est en passe de faire l'objet d'une loi le reconnaissant parmi les maladies professionnelles, à la demande de Benoît Hamon et de certains syndicats. Précisons que, d’après l’Académie française, "ce terme anglais, emprunté au vocabulaire des techniques spatiales, a dans ce domaine très spécialisé des équivalents français. […] Le "syndrome d’épuisement professionnel", une sensation d’avoir perdu toute énergie auxquels font allusion les commentateurs sportifs lorsqu’ils disent familièrement qu’un joueur ou un athlète est "carbonisé", "vidé", etc." L’Académie française recommande que "dans tous les cas, on aura recours aux termes français et on évitera de faire usage de ce mot anglais" !

Les entrepreneurs en particulier, au-delà du fond qui les soucie fort légitimement peuvent donc s'étonner de cette appellation anglo-saxonne. Depuis 1994, la loi dite "Loi Toubon" du nom de l'ex-ministre de la Culture Jacques Toubon, fixe des limites à l'utilisation de l'anglais en entreprise. Rappelons que la Loi d’août 1994 interdit l'utilisation de mots anglais dans les documents issus des entreprises, allant même jusqu'à prohiber l'usage de l'anglais dans les entreprises françaises ! Depuis cette date, les offres d'emploi, contrats, accords et convention, règlements intérieurs, et plus largement tout document "dont la connaissance est nécessaire (au salarié) pour l'exécution de son travail", doivent être rédigés en français. La loi punit d’une peine d’amende de 4e classe (soit 750 euros d’amende) le fait de ne pas mettre à la disposition d'un salarié une version en langue française d'un document comportant des obligations à son égard. Il va donc falloir taxer le burn-out ?

En 2004, le Député UMP Philippe Marini dépose un amendement visant à renforcer la législation. Heureusement l’amendement s’est arrêté au stade de son adoption au Sénat. En février 2013, 6 Députés communistes demandent la création d'une commission d'enquête sur les "dérives linguistiques actuelles en France" : une commission ! Mais c’est bien sûr, rappelons-les vite…

Si cette loi Toubon n'est pas respectée même par un Ministre du Gouvernement pour en nommer une autre à l'Assemblée Nationale : il est temps de l'abroger ! Ainsi d’ailleurs que toutes ces lois qui ne font que polluer l'environnement économique et le moral des chefs d'entreprise.

Évoquons celle sur le CV anonyme, fer de lance de certains parlementaires au nom de la protection contre la discrimination à l'embauche, promulguée en mai 2008 et qui vient de sauter, personne ne l’ayant jamais appliquée !

Les mots ont non seulement un sens mais une connotation : De la même façon la "salle de SHOOT" devrait se nommer "salle d'injection de drogue" plutôt que cette expression "cool", qui rendrait presque sympathique le local en question ; frime d’aller dans une salle de shoot, moins frime d’aller se faire injecter de la drogue par intraveineuse. Une appellation plus sérieuse serait moins attractive et moins banalisée.

Le jargon politico administratif est une autre langue à part entière qui mériterait d’être interdite au même titre que le franglais. Par ailleurs, les Lois ne s’appliquent pas à ceux qui les rédigent… et le bon sens a disparu pour laisser place au burn-out de la classe politique.

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