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Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies publient "Dieu la science les preuves, l'aube d'une révolution" chez Guy Trédaniel éditeur.
Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies publient "Dieu la science les preuves, l'aube d'une révolution" chez Guy Trédaniel éditeur.
©Guy Trédaniel éditeur / DR

Entretien

Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies : « Nous sommes à l’aube d’une révolution conceptuelle en ce qui concerne les preuves scientifiques de l’existence de Dieu »

Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies publient "Dieu la science les preuves, l'aube d'une révolution" chez Guy Trédaniel éditeur. À l'orée du XXe siècle, croire en un Dieu créateur semblait s'opposer à la science. Aujourd'hui, ne serait-ce pas le contraire ?

Michel-Yves Bolloré

Michel-Yves Bolloré

Michel-Yves Bolloré est ingénieur en informatique, maître ès sciences et docteur en gestion des affaires de l’Université Paris Dauphine. De 1981 à 1990, il participe avec son frère à la direction du groupe Bolloré dont il dirige la branche industrielle. En 1990, il fonde son propre groupe France-Essor dont l’activité est centrée principalement sur l’industrie mécanique.

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Olivier Bonnassies

Olivier Bonnassies

Olivier Bonnassies est ancien élève de l’École Polytechnique (X86), diplômé de l’Institut HEC start up et de l’Institut Catholique de Paris (licence en théologie). Entrepreneur, il a créé plusieurs sociétés. Non croyant jusqu’à l’âge de 20 ans, il est auteur d’une vingtaine de livres et de vidéos et de quelques spectacles, scénarios, articles, newsletters et sites Internet sur des sujets souvent liés à la rationalité de la foi.

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Atlantico : Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies, vous publiez « Dieu, la science, les preuves : l’aube d’une révolution » chez Guy Trédaniel éditeur. Comment est né ce projet de livre en commun ? Quelle a été votre base de travail ? Votre ambition et vos travaux de recherche peuvent-ils s’apparenter à une forme de quête du Graal où la sainte relique serait « remplacée » par la preuve scientifique ? Quel est le but de votre ouvrage ?

Michel-Yves Bolloré et Olivier Bonnassies : Dans plusieurs domaines, les découvertes scientifiques du XXe siècle ont entièrement bouleversé nos connaissances. Elles ont de nouveau rendu nécessaire l’existence d’un dieu créateur pour expliquer l’Univers. Nous avons voulu que les gens s’interrogent de manière nouvelle sur la question de l’existence de Dieu et qu’ils puissent disposer, en un seul volume accessible à tous, de tout ce que la science moderne peut dire sur le sujet. Tel est le but de ce livre : permettre à chacun de répondre à cette question de façon libre mais éclairée. En fait, nous aurions aimé lire un tel livre sur le sujet ; c’est en constatant qu’il n’existait pas que nous avons décidé de l’écrire ensemble.

Deux thèses s’affrontent dans votre livre : la thèse de l’existence d’un dieu créateur pour expliquer l’Univers et la thèse selon laquelle l’Univers s’est créé tout seul. Existe-t-il des preuves scientifiques de l’existence de Dieu ? Les interrogations sur l’origine du Big Bang nous poussent-elles vers cette question ? Le matérialisme est-il une croyance irrationnelle ?

Ce qu’il faut noter, c’est que la thèse de l’inexistence de Dieu a toujours eu des implications sur le monde réel. Par exemple, si Dieu n’existe pas, alors l’Univers doit exister depuis toujours, d’une manière ou d’une autre ; le hasard doit être la seule règle de l’évolution du monde ; le vivant doit apparaître naturellement à partir de la matière, etc. Autrefois, l’exactitude de ces implications était invérifiable et elles étaient donc sans intérêt. Mais la révolution scientifique du XXe siècle a changé la donne : on peut aujourd’hui discuter de leur réalité et de leur véracité. Or, la science actuelle montre que ces implications sont fausses et, si elles sont fausses, c’est que la thèse d’où elles proviennent l’est également.

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Vous revenez notamment dans votre ouvrage sur la question du Big Bang, les multivers, la biologie... Quels sont les enseignements à tirer des dernières découvertes scientifiques et comment impactent-elles le sujet ?

Les grandes découvertes des 100 dernières années - thermodynamique, mécanique quantique, relativité, naissance de la cosmologie, découverte du Big Bang, de la complexité en biologie, principe anthropique… - convergent vers deux conclusions essentielles. D’abord, on est certain que le temps, l’espace et la matière, qui sont liés - comme nous l’a fait comprendre Einstein -, ont eu un début absolu. Ce n’est pas forcément le Big Bang, mais on est certain aujourd’hui par la rationalité et par la science que, s’il y avait eu avant le Big Bang d’autres « singularités », elles ne seraient pas en nombre infini. Donc il y a eu un début absolu au temps, à l’espace et à la matière. Et cette émergence est venue d’une cause qui n’est ni matérielle, ni temporelle, ni spatiale. On est déjà proche de la définition de Dieu dans toutes les philosophies et les religions... Ensuite, on est également certain que les « réglages » des données initiales de l’Univers et des lois de la physique et de la biologie – qui permettent aux atomes d’être stables, aux étoiles de brûler 10 milliards d’années et à la vie complexe d’émerger et de se développer –, sont infiniment précis et totalement improbables. Cela conduit naturellement à penser que la cause première à l’origine de l’Univers est un esprit supérieurement intelligent, qui a créé le monde pour que l’homme puisse un jour advenir.

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Pendant près de quatre siècles, la science a pensé expliquer l'Univers sans recourir à un dieu créateur. Croire en Dieu semblait incompatible avec la science. Selon votre ouvrage, cette époque est révolue. De façon inattendue, la science semble devenir l’alliée de Dieu et le matérialisme est de plus en plus mis en difficulté. À quel moment ce basculement scientifique vers l’intérêt de la question de l’existence de Dieu, d’un Dieu créateur pour expliquer l’existence de l’Univers a-t-il commencé ?

Le basculement a eu lieu au début du XXe siècle, comme le montre le schéma de la page 30 de notre livre. Toutes les découvertes dont nous parlons sont reconnues aujourd’hui par les savants, mais personne ne les connaissait il y a seulement 100 ans. C’est donc une immense révolution conceptuelle, face à laquelle les visions du monde matérialistes sont aujourd’hui en grande difficulté. De Parménide et Lucrèce à Engels, Lénine, Mao et Hitler, les matérialistes, dans le passé, ont toujours postulé un Univers matériel éternel et un temps infini. Or, ce n’est plus possible aujourd’hui. Les matérialistes sont dans l’obligation d’imaginer toutes sortes de théories compliquées et très difficiles à croire, comme les multivers ; ces idées sont très spéculatives, elles n’ont aucun point d’appui dans le réel, elles ne font l’objet d’aucun consensus scientifique, et elles ne répondent en rien au problème du commencement de l’Univers. Voilà donc le basculement qui est en cours. Nous sommes « à l’aube d’une révolution » mais, comme lors des précédentes révolutions conceptuelles (Copernic, Darwin, etc.), cela prendra certainement plusieurs décennies avant que le grand public n’intègre les implications de ces découvertes…

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Vous donnez aux lecteurs tous les éléments pour décider de ce qu’il est possible de croire ou de ne pas croire, en toute liberté et de manière éclairée. Cette part de liberté et de libre choix était-elle importante pour vous ?

Oui, la liberté est essentielle : les gens n’acceptent que ce dont ils peuvent juger librement. Voilà pourquoi nous avons réalisé ce livre avec une casquette de scientifique. Nous avons travaillé avec de nombreux spécialistes, souvent incroyants. C’était important parce qu’il était nécessaire d’aborder le sujet avec autant d’objectivité que possible, afin de produire un livre qui puisse susciter un vrai débat entre les croyants, les non croyants et les agnostiques. Ainsi, l’ouvrage a été relu, corrigé et apprécié par Robert Wilson, prix Nobel de physique en 1978 pour avoir découvert le rayonnement de fond cosmologique qui constitue la preuve majeure de l’existence du Big Bang ; il a rédigé la préface du livre, alors qu’il est agnostique. Nous savons par ailleurs, grâce aux nombreux retours que nous avons eus, que le souci de la vérité est très apprécié. Nous avons notamment été félicités pour le chapitre sur Einstein qui présente les choses de manière exhaustive, à savoir que le grand savant croyait en un esprit créateur à l’origine de l’Univers, sans toutefois croire en un Dieu personnel.

Vous avez participé à un grand débat avec les lecteurs pour votre livre « Dieu, la science, les preuves » le 20 novembre dernier à la salle Gaveau, en compagnie de Yves Dupont, normalien, agrégé de physique, docteur en physique théorique, et de Grichka et Igor Bogdanov. Les différentes preuves scientifiques de l’existence de Dieu décrites dans votre ouvrage y ont été présentées. Avez-vous l’intention de multiplier ces rencontres ? Ces réflexions et ces échanges sont-ils le prolongement de votre démarche et vont-ils pouvoir nourrir votre projet et ouvrir le débat ? Avez-vous d’autres projets, comme un documentaire ou un film, suite à vos travaux et après la publication de cet ouvrage ?

Oui, ce livre est une invitation à la réflexion et au débat et nous espérons qu’il suscitera de nombreux échanges. Le « Grand débat » organisé salle Gaveau était le lancement de ce dialogue avec le grand public, mais aussi avec des personnalités, des scientifiques, des philosophes… Nous souhaitons que cette question de l’existence de Dieu, qui se pose aujourd’hui de manière entièrement nouvelle, soit mieux étudiée parce qu’elle est en fait de moins en moins indéterminée. C’est une question que tout le monde se pose un jour ou l’autre, elle mérite qu’on s’y intéresse. Nous préparons plusieurs événements pour 2022, année du 100e anniversaire de la découverte de l’expansion de l’Univers par Alexander Friedmann, considérée par de nombreux grands savants comme « la plus grande découverte de tous les temps ».

Pour tout renseignement complémentaire : https://dieulasciencelespreuves.com/

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