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L'Affiche rouge de Benoît Rayski. 21 février 1944
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21 février 1944

« Merci de ne pas dire que les combattants de l’Affiche Rouge étaient juifs… »

J’ai entendu cette phrase !

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Le 21 février 1944, 23 hommes furent fusillés par les nazis au Mont Valérien. Ils étaient presque tous juifs. L’Affiche Rouge immortalisa pour toujours ces héros morts pour la France et pour le communisme. Avec eux une femme, Olga Bancic, avait été condamnée à mort. On l’amena en Allemagne pour y être décapitée : la Wehrmacht jugeait que les femmes n’étaient pas dignes du peloton d’exécution.

J’ai écrit un livre sur eux[1]. Il eut quelques échos. C’est pourquoi je reçus un jour un coup de téléphone de la prof d’histoire d’un lycée professionnel, classé ZEP, de Sarcelles. « Pourriez-vous venir dans mon établissement afin de parler à mes élèves de l’Affiche Rouge ? Eux aussi sont d’origine étrangère et issus de l’immigration. Cela les touchera ».

J’acceptai bien sûr. A l’entrée du lycée de Sarcelles je fus accueilli par la prof. « Venez mes élèves vous attendent ». « Mais, ajouta-t-elle, j’ai une demande à vous faire ». « Oui, laquelle ? ». « Et bien ! Mes élèves sont en majorité d’origine maghrébine ». « Et alors en quoi cela pourrait poser problème ? ».

« Comprenez-moi, il serait bon que dans votre exposé vous vous absteniez de dire que ceux de l’Affiche Rouge étaient juifs ». Je la regardai fixement sans mot dire. De ce fait elle fut alors obligée d’être plus explicite.

« Ils sont tous attachés à la Palestine et avec ce qui se passe là-bas, n’est-ce pas ? ». J’avais compris. J’eus le dernier mot : « il est en effet parfaitement regrettable qu’il n’y ait eu aucun Arabe parmi les combattants de l’Affiche Rouge ». Et je fis demi-tour sans rencontrer ces élèves tellement sensibles. J’ai eu tort. J’aurais dû rester et leur dire que ceux de l’Affiche Rouge étaient juifs, juifs, juifs à en mourir…

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